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Hommage au Docteur Ernest Schaffner

   Le vendredi 23 septembre 1966, il y juste 50 ans décédait le Docteur Ernest Schaffner, député-maire de Lens mais surtout LE médecin des mineurs.

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   La vie du Docteur Schaffner est relatée sur une autre page du bloc que vous pouvez retrouver en suivent ce lien.

   Dimanche dernier, dans la cour du Centre Hospitalier de Lens avait lieu une cérémonie en hommage à cet homme qui marqua à jamais l’histoire de Lens et de la corporation minière.

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Les enfants du Docteur Schaffner et leurs conjoints.

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Le retour de Rosalie Tata et de Taraderuze

   La journée du samedi 10 septembre restera en mémoire dans les têtes des lensois. Ce jour là, ils étaient nombreux à assister à la résurrection et au baptême des géants lensois Taraderuze et Rosalie Tata.

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   Nés une première fois en 1956, disparus des fêtes de Lens à la fin des années 60 puis détruits dans l’incendie du garage communal dans lequel ils étaient remisés, nos deux géants, accompagnés d’un troisième, Ch’Guss Trefil ont longtemps manqués aux animations de la ville.

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  Il y a quelque temps, une association se créer avec pour but de recréer ces personnages et de relancer la tradition des fêtes de Lens dans le style des années 50/60. Claude Gillot et son fidèle lieutenant Arnaud Desmaretz se lancent dans l’aventure. Tout ne fut pas facile mais avec abnégation, ils trouvent les moyens financiers nécessaires à la réalisation de leur projet.

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  Aidés par quelques amis, ils font reconstruire Taraderuze et Rosalie Tata par Dorian Demarcq, l’artisan créateur de géants. Les finances ne permettent pas la reconstruction de Ch’Guss Tréfil dans un premier temps mais ce n’est que partie remise.

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   Bien sur, le retour des géants de Lens ne peut s’accompagner que d’une grande fête qui était prévue dimanche 11 septembre. Plus de 100 géants venus de toute la région, une trentaine d’harmonies, de nombreux groupes et associations devaient y participer. Malheureusement l’actualité tragique du moment et les exigences parfois surprenantes mais surtout très onéreuses de la sous-préfecture de Lens ont obligé l’association à reporter la fête.

  Cependant, Taraderuze et Rosalie de nouveau vivants, il fallait les baptiser. C’est ce qui est fait le samedi 10 septembre 2016 à l’occasion de la journée des associations.

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  M. Sylvain Robert, maire de Lens, a dirigé la cérémonie. C’est Bernard Schaffner, l’un des fils de l’ancien député-maire de Lens, qui a accepté d’être le parrain de Taraderuze ; madame Lysiane Gillot sa marraine.

   Pour Rosalie Tata, son parrain était Alain Oudre qui a fait le déplacement de Toulouse pour participer à la fête. Il est l’arrière-arrière petit-fils de Rosalie Abrassart, la dame qui servit de modèle à la géante lensoise. La marraine de Rosalie était Jessy Desmaretz, une passionnée des Géants du Nord.

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  Après la ‘cérémonie officielle’ mais non moins décontractée, Monsieur Robert a remis aux parrains et marraines le certificat de baptême de nos géants.

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   Et comme d’habitude à Lens, tous finit toujours en musique ! Le talentueux troubadour s’appelle Benoît Bourgeois, il interprète une de ses compositions réalisée spécialement « Elle est belle, Rosalie » et est accompagné d’un groupe d’enfants habillés en galibot pour les garçons et en cafut pour les filles.

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  Taraderuze et Rosalie Tata en profite pour effectuer leurs tous premiers pas de danse depuis leur retour.

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  La fête se termine par un show du groupe des Alizés de Lens, de jeunes demoiselles aux couleurs Sang et Or habituées à accompagner Ch’Meneu dans ses déplacements.

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  On ne sait où Rosalie Tata et ses deux hommes Ch’Meneu et Taraderuze ont passé la nuit, mais dès le lendemain matin, ils étaient frais et dispos pour se présenter aux lensois sur la place Jean Jaurès.

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   Avant de reprendre la place qui était la leur dans les années 60 : devant les portes de l’Hôtel de Ville.

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  Pas de carnaval des géants donc pour cette fois ci mais comme un vrai lensois ne renonce jamais, celle-ci aura lieu plus tard …. Et n’en sera que plus belle !

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Sur les traces de Raphaël Lardeur

   Le 23 mars dernier, le lensois normand reçoit un message de Madame Suzanne Grano commençant ainsi : « Je vous écris de Brisbane en Australie. Notre aïeul parisien Raphaël Lardeur (1890-1967) a réalisé le vitrage escalier Art Déco de l’actuel Centre Jouhaux en 1930 ou 1945 ».

   Raphaël Lardeur est né le 19 décembre 1890 à Neuville-sur-Escaut et décédé à Paris le 17 avril 1967. Brancardier en Serbie lors de la première guerre mondiale, il s’installe à Paris en 1921 et fonde son atelier de peintre-verrier. Créateur de vitraux, de mosaïques, de mobilier liturgique, on trouve ses œuvres aujourd’hui sur plus de 200 sites en France et particulièrement en Picardie.

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   La question de ma correspondante consistait surtout à savoir pourquoi Raphaël Lardeur aurait créé deux œuvres, l’une en 1930, l’autre en 1945 pour le même bâtiment.

   En 1930, Alfred Maës, maire de Lens mais aussi président de la Caisse de Secours des ouvriers et employés des mines de Lens décide de regrouper en un seul établissement tous les composants pour offrir aux mineurs et à leur famille une médecine gratuite de qualité.

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   Le site comprenant plusieurs bâtiments  construits entre la rue Eugène Bar et le Boulevard Basly, est inauguré le 16 février 1931.

  En montant le grand escalier face à l’entrée située rue Eugène Bar, on aperçoit un magnifique vitrail incurvé donnant sur la cour représentant un mineur et sa famille.

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   Le 11 août 1944, Lens est bombardé, beaucoup de bâtiments et d’habitations sont détruits. Le vitrail de Raphaël Lardeur vole en éclats.

   En 1945, le gouvernement nationalise les mines de charbon. On peut penser que ce sont les toutes nouvelles HBNPC (Houillères du Bassin du Nord et du Pas de Calais) qui ont demandé à Raphaël Lardeur de composer un nouveau vitrail.Réalisé sur le même thème que le premier, il est mis en place en 1946.

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  Voilà donc pour la réponse que l’on peut raisonnablement apporter à la question de notre correspondante devenue depuis une amie.

  Le 23 octobre 1970, la ville de Lens fait l’acquisition des ces locaux auprès de Charbonnage de France, nomme l’ensemble ‘le Centre Léon Jouhaux’, y transfère certains services municipaux et y logent des associations.

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  En 2010, la ville de Lens cède les locaux à Pas-de-Calais Habitat. Lors de la rénovation du site, les vitraux sont enlevés et remplacés par une protection provisoire.

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   Ils sont emmenés afin d’être restaurés par « Vitraux d’Art Atelier Claude Barre » de Cottenchy (80) dirigé depuis 2013 par Monsieur Stéphane BRISSY, maître-verrier, qui y travaille avec trois collaborateurs dont son épouse.

  Et c’est là que, le 12 septembre, nous avons retrouvé Madame Suzanne Grano et sa sœur Julie. Ces dames effectuent chaque année depuis 2012 un voyage de plusieurs semaines en France sur les traces de leur ‘cousin français’ comme elles l’appellent, afin de compléter un travail de mémoire sur ses œuvres et celles de son fils Gérard, également artiste maître-verrier et sculpteur.

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  Monsieur et Madame Brissy nous ont obligeamment fait visiter leur atelier et nous ont expliqué les techniques de la fabrication et de la restauration des vitraux. Nous avons vu Kevin occupé occupé au masticage d’une partie du vitrail de Lens pour lequel, du fait de sa forme incurvée, il a fallu créer un support spécial.

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   Puis, c’est Cécile que nous avons rencontré. Passionnée par le métier qu’elle effectue depuis plus de 30 ans, elle était occupée à la restauration d’un vitrail ancien, dessertissant les pièces de verre de l’ancien plomb abîmé pour les réinsérer dans un profilé de plomb neuf.

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  Nous avons ainsi pu admirer des fragments de l’œuvre de Raphaël Lardeur restaurés et découvrir la partie comprenant la signature de l’artiste.

KODAK Digital Still CameraKODAK Digital Still Camera   Dans quelques temps, à la fin de la rénovation, le vitrail sera reposé à son emplacement d’origine, dans la cour du centre Jouhaux. Ce sera ainsi une partie du patrimoine lensois qui retrouvera sa place.

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Une visite aux mines de Lens en 1887

 

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   Nous sommes le 21 avril 1887. Cinquante-deux membres de notre Société de Géographie de Lille sont invités par M. Léonard Danel, le président du conseil d’administration de la Société des Mines de Lens, à visiter les différents sites de la compagnie minière qui fête cette année ses 35 ans.

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   Dès notre arrivée à la gare des Chemins de Fer du Nord de Lens, nous sommes accueillis par M. Edouard Bollaert, l’agent général de la société.

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   Après avoir traversé les voies de garage de la société minière et apprécié les nouveaux wagons de charbon de la compagnie…

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… nous empruntons alors un train spécial des mines pour nous diriger vers l’un des puits principaux, la fosse 3 dite fosse Saint Amé (appelée ainsi en l’honneur d’Amé Tilloy, l’un des membres fondateurs de la Société des Mines de Lens). La fosse no 3  a été mise en service en 1860. Le puits no 3 bis fut ajouté en 1881.

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   Cette fosse se situe sur la commune de Liévin. Ce petit village agricole de 1500 habitants en 1850 a connu un essor important avec le développement de l’industrie minière et compte aujourd’hui près de 9000 âmes.

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   La compagnie lensoise y a fait construire 700 maisons pour héberger ses ouvriers et leur famille, une belle église au milieu de deux écoles de filles et de garçons où l’instruction primaire est donnée à 600 enfants et une école d’adultes. Sur la place du village, est installé un jeu de paume.

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   Deux rangées de corons aux toits rouges bordent la rue principale. Toutes les maisons sont pareilles et, par les portes ouvertes, on aperçoit des intérieurs propres et coquets. Chaque maison comprend au rez-de-chaussée une cuisine et une salle assez vaste, à l’étage deux chambres et sous la toiture un grenier.

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   Derrière chaque maison, le mineur dispose d’un carré de terre de 200 mètres qui, très bien entretenu, fournit des légumes pour toute la famille.

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   La compagnie loue ces habitations pour 5 francs par mois. La plus grande propreté règne partout ; une surveillance est exercée par des gendarmes retraités, gardes vigilants et surs.

   Notre groupe pénètre ensuite dans le grand bâtiment de briques à l’architecture simple et élégante comprenant un rez-de-chaussée de 6 mètres où se trouve la recette pour le chargement de la houille et un étage d’environ 15 mètres.

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   Au rez-de-chaussée se trouve une vaste salle pour les mineurs avec de nombreuses armoires individuelles, deux bureaux pour les porions, un autre pour les surveillants, une lampisterie, un magasin comprenant tout les outils nécessaires aux petites réparations.

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   A l’étage se trouvent le chevalet de bois portant les molettes à 11 mètres du sol et la machine à cylindres commandant les descentes et remontées des cages.

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   Enfin, nous sommes invités à descendre dans l’antre de la terre après avoir revêtu l’habit du mineur : la chemise de cretonne, la culotte et la veste de toile, le béguin serré autour de la tête et la lourde barrette de cuir bouilli. Chacun, doté d’une lampe de sécurité, rejoint alors la bouche du puits.

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   La salle de descente est dallée de grands carreaux sur lesquels glissent avec fracas les berlines chargées de houille. Après deux coups de cloche, les câbles de la machine se mettent en marche, l’un monte, l’autre descend dans le gouffre noir. Bientôt, tout se stabilise et on voit apparaître une cage portant quatre berlines de charbon que des ouvriers sortent rapidement de la cage pour les déverser dans les bâtiments de criblage.

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   D’autres berlines sont placées dans la cage, nous nous y installons tant bien que mal.

   Le moment est solennel et une certaine émotion gagne le groupe. Deux nouveaux coups de cloche et, après un léger sursaut, la cage s’enfonce dans les profondeurs du puits. En un instant, tout a disparu. On ne voit que du noir ! On ne peut juger de la vitesse de la descente, mais elle doit être importante puisque rapidement, après quelques oscillations, la cage s’immobilise a plus de 250 mètres sous terre.

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   Aussitôt, des mineurs tirent les berlines de la cage et notre « promenade » peut commencer.

  Après être passés devant l’écurie faiblement éclairée, nous suivons une galerie qui nous dirige vers une veine en exploitation. La galerie est bien entretenue, voûtée en maçonnerie, entièrement blanchie à la chaux pour donner plus de lumière. Au cours de notre marche, nous croisons un train de berline tiré par un cheval qu’un mineur tient par la bride.

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   De part et d’autre, des galeries secondaires ouvrent de grands trous noirs à peine éclairées d’une lueur blafarde. Bientôt, la galerie change d’aspect : la voûte taillée fait place à galerie étayée de troncs de bouleaux. La température monte rapidement et la chaleur devient suffocante.

   A travers le bois de soutènement, on aperçoit une couche de houille de 70 centimètres d’épaisseur que la galerie suit sur toute sa longueur. La veine fait des zigzags singuliers. A un endroit, elle descend brusquement et un mineur, couché sur le côté, abat le charbon à l’aide d’une pique.

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   La houille tombe fragments luisants qu’un jeune galibot ramasse pour les jeter dans une berline qu’il roulera ensuite vers les autres afin de former un petit train.

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   Plus loin, un plan incliné monte à travers les couches. A grands renforts de genoux et de coudes, les visiteurs le gravissent et assistent au travail d’autres mineurs qui, au péril de leur vie, arrachant le charbon de la paroi dans cette veine reconnue grisouteuse.

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   Afin de détecter le gaz mortel, les porions utilisent les lampes Davy à toile métallique (du nom de leur inventeur Humphry Davy) dans lesquelles l’huile a été remplacée par de l’alcool dont la flamme, plus sensible, est entourée d’une toile métallique. Ces nouvelles lampes permettent de déterminer la quantité de gaz contenue dans la galerie.

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   Le trajet de notre groupe n’est pas terminé : par les galeries, nous rejoignons la future fosse 9 dont les installations au sol ne sont pas terminées. Là, la galerie est creusée dans un grès très dur qui nécessite l’emploi de puissantes machines à air comprimé.

   Notre marche souterraine continue jusqu’à rejoindre l’accrochage de la fosse 4. Les voyageurs du fond que nous sommes montent dans les berlines et quittent les entrailles de la terre. La cage monte à travers l’obscurité du puits puis c’est tout à coup un éblouissement général ! Les taqueurs tirent les berlines et nous mettons pied à terre non sans quelques vertiges dus aux retrouvailles avec l’air libre. La cage vide redescend chercher les autres membres du groupe.

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  Le groupe reconstitué, nous échangeons nos vêtements de mineurs souillés par le charbon contre nos habits de voyage, M. Danel nous invite à nous regrouper devant le photographe de la compagnie afin d’immortaliser cette visite.

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   Nous nous rendons ensuite dans la grande salle des bureaux centraux de la compagnie où M. Danel nous offre un dîner plantureux précédé de coupes de champagne et de toasts en l’honneur des sociétés des mines de Lens et de géographie de Lille.

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   Le ventre plein, nous reprenons le train spécial qui nous conduit à Wingles où nous observons les installations au sol de criblage et de nettoyage du charbon. De nouveau quelques minutes dans le train pour se rendre au rivage de Pont-à-Vendin sur le canal de la Haute-Deûle. Un bassin creusé parallèlement au canal permet le chargement de 5000 tonnes par jour de houille.

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   Sur une voie ferrée située à 7 mètres au dessus du niveau des péniches, une locomotive munie d’un élévateur bascule les trémies et le charbon glisse dans des gouttières sous lesquelles se trouvent les bateaux. Ainsi, un chargement de 270 tonnes peut s’effectuer en moins de trois-quarts d’heure avec seulement 3 hommes !

vendin01   C’est avec regrets que nous quittons ce spectacle pour prendre la direction de Haisnes qui est le terminus de notre journée aux mines de Lens. MM. Elie Reumaux, ingénieur en chef et Rénié, responsable du site nous font visiter les installations de la fosse qui a été percée par la compagnie des mines de Douvrin que la société lensoise a rachetée il y a quelques années.

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   La fatigue commence à se ressentir, les jambes sont lourdes. Pour la dernière fois, nous remontons dans le train de la compagnie qui nous ramène à la gare du Nord de Lens.

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     Là, nous empruntons le train de 6h37 à destination de Lille en tentant de nous remémorer chaque détail de cette journée et en nous disant que pareil émerveillement n’avait jamais été offert aux géographes lillois.

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Filip Konowal, vous connaissez ?

   Je suis certain que de nombreux lensois passent devant cet emplacement sans le voir tant il est discret. Moi-même, il a fallu que je tombe sur un article de presse des années 80 pour me rendre compte qu’il y avait en ce lieu des souvenirs des combats de la Première Guerre Mondiale.

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   Cet endroit se trouve sur la route de Béthune, tout près du monument aux morts des Mines de Lens. Il s’agit à l’origine de la reconstitution de l’entrée d’une tranchée. Vu son emplacement et les cartes de l’époque, on peut imaginer que cette tranchée a d’abord été allemande avant d’être reprise par les troupes canadiennes.

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   Ce site fait partie de la ligne de front dite « de la côte 70 », une ligne le long de laquelle les troupes allemandes et alliées livrèrent des 1914 à 1917 de nombreux combats sans réussir à percer les défenses ennemies.

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   Au début des années 80, nous dit cet article de presse, le renfoncement dans ce muret de soutènement sert surtout à entreposer ordures et objets divers. Deux solutions se proposent alors : le supprimer simplement ou le mettre en valeur en souvenirs des combattants de la première guerre mondiale.

   L’emplacement appartient aux HBNPC. C’est donc les agents de la direction ‘Infrastructure et Bâtiments’ des Houillères qui se charge des travaux. Le site évoque l’entrée d’une tranchée entourée de sacs de sable.

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   Le 22 août 2005, la section 360 de la Légion canadienne Royale, en collaboration avec la Ville de Lens, l’Association du Régiment de Westminster Royale et l’Association de Libertés civiques canadienne ukrainienne, installe en cet endroit une plaque trilingue (français, anglais, russe) à la mémoire de Filip Konowal.

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   Devant figure un bloc de pierre sculpté sans inscription sur lequel figure la poire à poudre du combattant entourée de deux grenades.

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   Filip Konowal est né le 15 septembre 1888 à Kudkiv  en Ukraine.  Arrivé au Canada comme employé saisonnier, il s’engage dans le 47ème  bataillon d’infanterie du corps expéditionnaire pour ne pas retourner en Ukraine. En 1916, il participe à la bataille de la Somme, puis l’année suivante, il sert  lors de la bataille de la crête de Vimy. En août 1917, son comportement dans la bataille de la côte 70 lui vaudra la croix de Victoria, la plus haute décoration de l’Empire britannique.

   Son rôle est de liquider les caves, les cratères et les emplacements de mitrailleuse. Dans une cave, il passe personnellement trois ennemis à la baïonnette et, seul, il en attaque sept autres dans un cratère, les tuant tous. Constatant qu’une mitrailleuse cause de nombreuses pertes parmi ses camarades, il s’élance jusqu’à cet emplacement, tue les soldats et ramène la mitrailleuse. Le lendemain, il attaque, seul, un autre place allemande, tue trois soldats allemands et détruit une mitrailleuse. Il a éliminé à lui seul 16 ennemis et, au cours des deux jours de combats.

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   De son action, il dira : « J’en avais tellement marre de me tenir debout dans la tranchée avec l’eau qui m’arrivait à la ceinture que j’ai dit ca suffit comme ça et je suis parti à la poursuite de l’armée allemande. Mon capitaine a essayé de tirer sur moi parce qu’il supposait que je désertais».

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   Le 21 août 1917, il est grièvement blessé au visage, à la mâchoire et au cou et  est évacué en Grande-Bretagne. Il  retourne à Vancouver en 1919, ayant servi pendant trois ans et 357 jours dans les rangs de l’armée canadienne. Tombé dans la misère, il trouve un emploi de gardien au Parlement d’Ottawa. Au sujet de ce travail, il dira à un journaliste en riant : « Outremer j’ai nettoyé avec un fusil, ici je dois nettoyer avec une vadrouille (balai à laver en langage québécois). »

   Filip Konowal est mort le 3 juin 1959, à l’âge de 72 ans et repose au cimetière Notre Dame à Ottawa.

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La seconde mort de l’église du 11

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   Dans la cité de la fosse 11 qui ne s’appelait pas encore la cité des Provinces, il était impossible de ne pas la voir. Celle qui était surnommée la cathédrale des mines,  l’église Saint Pierre a de tout temps surplombé la cité.

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   La première église Saint Pierre, œuvre de l’architecte P. Schmit (qui était aussi chef du service des constructions de la Société des Mines de Lens), fut construite à la fin du 19ème siècle et bénie le 2 septembre 1891. Elle était imposante avec ses deux clochers identiques encadrant un porche avancé magnifique.

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   Située pratiquement sur la ligne de front lors de la Première Guerre Mondiale, l’église Saint Pierre reçut ses premiers obus dès le début du conflit car elle servait de tour d’observation pour les troupes allemandes. A la fin de la guerre, elle n’était plus que ruines.

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  Ceux sont les architectes Cordonnier et Croin qui sont désignés pour reconstruire l’édifice pratiquement à l’identique de la première. Elle fut inaugurée sous la neige le 4 décembre 1925, jour de la Sainte Barbe.

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   Dès les années 70, la récession de l’exploitation charbonnière était bien amorcée et les HBNPC qui cherchent à réduite leurs coûts en cédant à la collectivité leur patrimoine, n’avaient plus la possibilité d’entretenir leurs églises. Elles les cédèrent alors aux associations diocésaines.

  Toutes les cérémonies religieuses furent interdites dans l’église Saint Pierre à la fin des années 70. Les offices avaient lieu dans la salle d’œuvres paroissiales située à l’angle de la rue du Saint-Esprit et de la rue du Béarn (inscrit à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques en 2009).

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   Très abimée, l’église fut alors murée et servit alors de …. garde-meubles, les Houillères y entreposant le mobilier provenant des différents services qu’elles supprimait et dont elle n’avait donc plus l’utilité.

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  Lors d’une réunion entre les HBNPC, l’association diocésaine et la ville de Lens en 1987, la décision fut prise de détruire l’église, la rénovation étant impossible en raison de son état de délabrement avancé et des affaissements miniers.

   Le lundi 2 novembre 1987, la structure de l’église Saint Pierre fut prise d’assaut pas les engins de démolition commandés par les HBNPC sous l’œil nostalgique des habitants de la cité.

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   Ces derniers ont profité d’une pose des ouvriers pour tenter de récupérer un objet dans les décombres et le conserver en souvenir.

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  Ce fut d’abord le porche et la façade qui fut abattus puis vint le tour de la toiture, de la nef et des bas-côtés. Enfin, dans l’après-midi du vendredi 6 décembre 1987, les derniers vestiges de l’église, les deux tours s’effondrèrent.

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  L’église Saint Pierre, détruite deux fois, disparait alors du paysage lensois.

  A la place de la cathédrale des mines fut un temps envisagé l’implantation d’un supermarché mais ce fut finalement le square Henri Nogueres qui prit la place de l’édifice religieux et comme il n’y avait plus d’église, la rue de l’Eglise changea de nom pour devenir la rue du Poitou.

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  A la même époque, l’église Sainte Barbe de la cité de la fosse 4 et le chevalet de la fosse 1 furent également abattus.

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Le waide de Lens

   Lens, capitale du charbon ? Oui mais ce ne fut pas la première richesse de la commune.

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  Au début du 14ème siècle, Lens est sous l’influence d’une Châtellenie (un territoire tenu, exploité et protégé autour d’un château à motte gouverné par l’aristocratie locale refusant l’autorité du roi de France). Elle appartint alors à la maison de Lens jusqu’en 1312 quand elle passa par mariage à celle des Récourt.

   En 1392, en pleine guerre de 100 ans, des moulins sont construits à Lens, des moulins à ‘waide’.

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   ‘Waide’ est un mot du vieux patois picard tiré du nom allemand ‘Waid’ qui signifie pastel. Le waide (appelé aussi guède ou pastel des teinturiers) désigne à la fois une plante herbacée bisannuelle originaire d’Asie qui poussait en abondance dans la plaine d’Artois et en Picardie et le colorant que l’on en tirait. Dans la plaine de la Gohelle autour de Lens, on trouvait le waide dans les nombreux marais entourant la ville. Obtenu après broyage et fermentation des feuilles, le waide fut pendant des siècles la seule teinture naturelle bleue à pouvoir être produite. Les trois couleurs de base étaient alors le rouge, le blanc et le noir. Le bleu était utilisé mais il ne devint une couleur à la mode qu’à partir du 12ème siècle.

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  Si la Picardie (principalement l’Amiénois et le Santerre) était un espace important de production de waide, les fabricants de Lens avaient une grande réputation et le commerce du waide fut pendant plusieurs siècles une source de revenu intéressante. Les artisans lensois allaient même jusqu’à fournir des riches flamands comme ceux de Bruges. Les ventes s’effectuaient sur le ‘franc marché’ sous une halle d’où étaient expédiées les marchandises vers les villes voisines par le canal de la Souchez (creusé au 13ème siècle) ou en charrette. Outre le waide, on y vendait draps, toiles, cuirs, mercerie, grains, viande et épicerie.

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  Le commerce du waide était règlementé : un teinturier ne pouvait en vendre plus de quatre barils par semaine. Vers 1550, les règles sont : ‘’chacune balle pesant 200 livres ou environ, estimé le 100 pesant, 7 livres 10 sous’’.

  Au 16ème siècle, Lens était désignée ville étape. Ce privilège imposait à tous les marchands et négociants étrangers à y séjourner avec en compensation la possibilité de vendre leurs marchandises sur le marché une heure avant l’ouverture officielle. C’est ainsi que l’indigo fut importé en provenance des colonies d’Amérique puis d’Inde où sa culture à grande échelle le rendait très compétitif. Il supplanta le waide et sonna le glas des teinturiers lensois. Vers 1612, les autorités lensoises demandèrent en vain l’interdiction de l’indigo. Celui-ci prit de l’extension et les moulins  à waide de Lens furent petit à petit abandonnés.

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Les buvards de Lens

   Lorsque l’on quittait les classes maternelles pour aller ‘à la grande école’, on avait droit pour la première fois au porte-plume qu’il fallait tremper dans l’encrier de porcelaine placé dans un trou de notre bureau.

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   Ce n’est que quelques années plus tard que l’on pouvait enfin utiliser un stylo-plume. Pour la plus part d’entre nous, il avait été offert à l’occasion de notre communion. La bouteille d’encre ‘Watermann’ accompagnait le cadeau car nos stylos ne possédaient pas encore de cartouches !

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   Mais l’encre, ça fait des tâches sur le cahier et ça ne sèche pas immédiatement. Au début de l’année scolaire, le maître nous donnait parmi nos fournitures quelques feuilles de papier buvard. Il en fallait plusieurs car nos buvards devenaient vite souillés.

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  Alors, pour en avoir un peu plus ou pour faire jalouser les petits copains, certains apportaient en classe des buvards publicitaires. Il fallait faire attention parfois à ne pas se faire prendre à les utiliser car certains maîtres les interdisaient formellement. La punition était la confiscation et un mot pour les parents sur le cahier.

  Mais bravons cette interdiction pour une fois et souvenons nous des buvards publicitaires des commerçants lensois.

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La construction de l’église du Millenium

  Article réalisé avec l’aide de Jean Claude Kasprowicz d’après le livre ‘Eglise du Millenium’ du père Jan Domanski.

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   Lors de la première guerre mondiale, l’église St Léger est totalement détruite. Sitôt la libération, Félix Bollaert, alors administrateur de la Société des Mines de Lens fait construire derrière les ruines de l’église un baraquement de bois qui devient le premier lieu de culte d’après guerre.

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   Dès 1919, c’est sur un terrain appartenant à la Société des Mines de Lens, face à la fosse 1 sur la route de Béthune, qu’est construite une chapelle. Elle est destinée à accueillir les offices de la paroisse Saint Léger. Cette chapelle porte alors le nom de ‘Chapelle St Edouard’ (du nom d’Edouard Bollaert, le père de Félix).

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  La chapelle Saint Edouard est inaugurée en 1921 par le Chanoine Henneguet, archiprêtre de Lens accompagné de Félix Bollaert et d’Elie Reumaux, le directeur des Mines de Lens.

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   Dès 1920, de nombreux mineurs arrivent de Pologne avec leur famille pour travailler dans les mines. Après la reconstruction de l’église Saint Leger inaugurée le 24 mai 1926, la chapelle devient le lieu de culte de la paroisse Sainte Elisabeth et est principalement dédiée à la communauté polonaise.

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   Abimée lors de la seconde guerre mondiale, la chapelle est remise en état par la communauté polonaise lensoise.

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   Dès le début des années 50, le père Przybysz estime que la chapelle devient de plus en plus vétuste et même dangereuse pour les paroissiens.

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  Le père Przybysz fait construite une salle afin d’y organiser des activités culturelles et le catéchisme. La salle, bâtie en 1952 selon les plans de l’architecte lensois M. Révillon, pourrait aussi servir de lieu de culte en attendant une éventuelle nouvelle église.

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   C’est au cours d’une session du Comité National du Millénaire de la naissance du catholicisme en Pologne qu’est décidée la construction d’une église à Lens. Un accord intervient avec les HBNPC qui acceptent de vendre le site à la condition « de chauffer exclusivement au charbon ou au coke tous les bâtiments qui seraient érigés sur ce terrain ».

   En 1963, un comité de soutien pour la construction de l’église est créé et présidé par Michal Kwiatkowski père, le fondateur du journal Narodowiec, le journal de la communauté polonaise imprimé à Lens, rue Emile Zola depuis 1920. A sa mort le 21 mai 1966, c’est son fils qui prend la présidence de ce comité. Une collecte organisée parmi la communauté polonaise de Lens rapporte 3 millions de francs.

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   La mission catholique polonaise intervient auprès de l’évêque d’Arras afin d’obtenir l’autorisation de construire cette église mais rencontre certaines réticences à l’évêché. Pour certains, il est préférable de construire des églises françaises et non réservées à des communautés minoritaires ! Le projet de création d’une ZUP à Lens, (la future Grande Résidence) permet d’envisager l’implantation d’une église dans ce secteur ! C’est finalement l’évêque d’Arras Mr Huygues qui autorise la communauté polonaise à construire ‘son’ église. Il délègue son architecte Jacques Durand.

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   En juin 1965, la vétuste chapelle est rasée et les travaux commencent.

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   L’église est terminée en 1966, année du millénaire du baptême de Mieszko 1er, premier duc historique de Pologne qu’il a placé sous la protection de l’Église catholique afin d’écarter la suzeraineté allemande.

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   De plan rectangulaire, l’église qui peut accueillir 400 personnes, s’ouvre sur un vaste parvis qui l’isole de la route de Béthune. Sa structure est constituée de deux volumes triangulaires aux pointes opposées, superposés. L’un est élevé en brique pleine, l’autre en brique pleine et en verre. La charpente et l’ossature du bâtiment sont en métal. La couverture est en tôle d’acier galvanisé. Le revêtement intérieur des murs et de la couverture est en lame de bois.

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   C’est l’architecte artiste-verrier Andrej Kulesza qui conçu les vitraux « tout en triangles, tout en lumière » qui représentent d’un côté un chemin de croix et de l’autre l’histoire de la Pologne catholique.

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   La statue en marbre blanc du Christ située sur le mur derrière l’autel a été réalisée par  Waldemar Wesolowski et Wictor Pawlikowski à Neuville-Saint-Vaast dans la propriété du boulanger lensois Stefan Fogler.

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   Dans les fondations de l’église du Millenium a été déposée le 24 avril 1966 une pierre provenant des catacombes de Rome et bénie par le pape Paul VI.

   Selon Michal Kwiatkowski fils, « l’église du Millenium évoque une double relation : d’un côté, celle de la Polonia (l’ensemble des émigrés polonais) vivant en France avec sa patrie d’origine et, d’un autre, celle de la Pologne avec le monde chrétien ». Elle a également une valeur politique. La Pologne des années 60 est sous l’influence de l’URSS. L’église apparait comme un symbole de résistance au régime communiste. Dans un des vitraux, se trouve l’aigle royal portant une couronne alors que le gouvernement polonais a peu de temps auparavant retiré celle de son emblème.

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  L’église du Millenium, que beaucoup de lensois appellent encore « l’église polonaise », est consacrée par la cardinal Rubin le 16 avril 1967 et dédiée à Notre-Dame de Czestochowa, la Vierge Noire de Jasna Gora, en Silésie.

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  Suite au dossier présenté par Henri Dudzinski, consul de Pologne et Paul Pawlak, président de Millenium 2000, le ministère de la culture inscrit  le 27 janvier 2014 l’église du Millenium de Lens à la liste des Monuments Historiques.

 

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