Histoire, La ville, Lens

1955 : Ouverture du nouveau collège Condorcet

   Avant la première guerre mondiale la ville de Lens possédait au centre ville deux écoles d’enseignement supérieur : Condorcet pour les garçons et Campan pour les filles. Elles encadraient l’Institut Michelet sur le boulevard des Écoles.

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    Pendant la première guerre mondiale, les locaux des écoles n’échappèrent pas au désastre et furent transformés en ruines.

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   Aussitôt la ville libérée, la reconstruction des bâtiments scolaires fut l’une des priorités de la municipalité d’Emile Basly. Dès 1922, la nouvelle école Condorcet ouvrait ses portes, étalant son imposante façade sur le boulevard. L’école Campan donnait alors sur la rue Romuald Pruvost.

   La ville consacra 1,6 millions de francs de l’époque à la reconstruction de ces deux établissements.

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   Condorcet abritait, en plus de ses classes d’enseignement supérieur, l’École Enseignement Primaire Supérieur Professionnel (EPS). Quelques années plus tard des ateliers et des classes d’EPS furent construits à part. L’école Condorcet est alors agrandie pour recevoir 600 élèves en 1932.

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    En 1945, les écoles Condorcet et Campan deviennent les Collèges Condorcet et Campan.

   Dès la Libération, Auguste Lecœur, élu maire communiste de Lens, écrit : ‘’Le collège Condorcet est nettement insuffisant compte tenu de la population et du rayonnement de notre ville. Nous entendons poursuivre activement la réalisation du projet de construction du collège dont les études ont déjà été entreprises’’.

   En 1948, le Docteur Ernest Schaffner succède à Lecœur dans le fauteuil de premier magistrat. Il reprend ce projet.

   En 1953, le bulletin municipal annonce : ‘’La municipalité d’Ernest Schaffner, jugeant les locaux du collège Condorcet trop exigus pour absorber les enfants de la population de Lens et des environs décide de construire un nouveau collège’’.

   Les travaux commencent en mai 1955 sur des terrains d’une surface totale de près de 2,7  hectares achetés par la ville dans le secteur du Marais, à l’extrémité de l’Avenue Raoul Briquet. Un plan d’ensemble du secteur est présenté à la population.

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  En septembre 1955, le nouveau collège Condorcet accueille ses premiers élèves. Seul le bâtiment A est ouvert, les autres seront fonctionnels pour la rentrée suivante.

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  A terme, il comportera six bâtiments renfermant des classes, un secrétariat, une cantine, un cabinet médical, des logements et un gymnase attenant à un terrain de sport en plein air.

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  L’entrée principale des élèves se situe au rond point de l’avenue Raoul Briquet face à la caserne des pompiers. Une autre est ouverte vers le parking de la rue Delots où les élèves rejoignent les bus de ramassage.

  Le bâtiment A, du côté de l’avenue Raoul Briquet comporte sur ses 82 mètres 12 classes réparties sur trois étages. Il est entièrement occupé dès la rentrée de 1955.

   Perpendiculaire au premier, le bâtiment B (rue Etienne Dolet) est long de 48 mètres et comprend l’entrée des services: administration (bureau du Principal, de l’économe, secrétariat), la salle du Conseil et la bibliothèque. A l’étage, on trouve des logements pour les enseignants. Devant ce bâtiment est aménagé un parking.

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   Le bâtiment C est parallèle au premier, ses 95 mètres abritent les classes spécialisées (physique, chimie) et l’enseignement ménager. Il est ouvert en septembre 1956. Ces trois constructions encadrent une cour de 4500 m2.

   Le bâtiment D se situe au centre du complexe, il ne fait que 57 mètres et abrite 16 classes destinées à l’enseignement du second cycle  et donne d’un côté sur une seconde cour de 1500 m2.

   De l’autre coté se trouve le bâtiment E renfermant une cantine prévue pour 1000 repas journaliers et un cabinet médical. Dans son sous-sol se trouvent la chaufferie et … un garage à vélos de 50 m2.

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   Le bâtiment H, rue du 14 juillet abrite les logements du personnel de l’établissement.

   A ses côtés se trouve le gymnase de 800 m2 comprenant tous le nécessaire pour les sports d’intérieur (agrès de gymnastique, terrains de basket, hand-ball, volley et tennis) ainsi que des vestiaires individuels et collectifs avec douches.

   Entre le gymnase et le bâtiment D se trouve un terrain de sport de plein air en terre battue (il sera bitumé quelques années plus tard) avec piste d’athlétisme.

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   Afin que les jeunes gens du bassin minier poursuivent leurs études dans un cadre agréable, la municipalité agrémente le collège : pelouses, arbres, fleurs ….

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   Sans oublier le jet d’eau sur le rond point face à l’entrée où les élèves aiment se détendre en attendant la reprise des cours.

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   Une fois terminé, ce collège accueille pour la rentrée scolaire 1956, près de 2000 élèves.

   Dès lors, Ernest Schaffner demande avec insistance au gouvernement de nationaliser Condorcet afin d’en faire un lycée.  Cette requête aboutit  et, lors d’un voyage dans le Nord-Pas de Calais en 1959, le Général De Gaulle inaugure à Lens le tout nouveau Lycée Condorcet.

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   Une anecdote est restée dans beaucoup de mémoire des jeunes lensois de l’époque. Désirant saluer les élèves présents dans la cour du lycée, le Général De Gaulle a voulu se pencher par une fenêtre qu’il croyait ouverte (ce qui prouve que le ménage avait été fait avec grande aaplication). Il heurta la vitre et une légère entaille au front nécessita quelques soins et un pansement.

   Quelques célébrités sont passées par le Lycée Condorcet. Parmi elles, on peut citer : Daniel Percheron, Président de la Région Nord-Pas de Calais, Jean Claude Mailly, Secrétaire Général du syndicat FO, Philippe Lefait, journaliste à France Télévision, Michel Grailler, pianiste de jazz, Jacques Secrétin, champion d’Europe de tennis de table et les footballeurs du RCL dans le cadre de la formation ‘Sport-Etudes’ : Jean Guy Wallemme ou Philippe Vercruysse.

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15 Réponses à “1955 : Ouverture du nouveau collège Condorcet”

  1. Le 15 octobre 2014 à 21 h 20 min JP a répondu avec... #

    J’aurais juré que Condorcet avait ouvert ses portes en 1956, mais j’ai probablement la mémoire qui flanche( un sale tour de la vieillesse) ! Je me souviens que lorsque je suis entrée en 6e, les abords n’étaient pas aménagés, et je sens encore sous mes chaussures la boue collante qui alourdissait mes pas, je ferme les yeux et je sens l’odeur de cette argile trempée dès les premiers jours d’automne.
    J’y ai fait toute ma scolarité, de la 6e classique à math élem. Elève moyenne, douée mais un peu paresseuse, je ne travaillais que les matières qui me plaisaient. Des profs m’ont laissé des souvenirs inoubliables : Lemaille, Lourme, Levisse, et tant d’autres.
    Chaque jour en quittant le bahut, j’achetais quelques friandises à la petite échoppe qui vendait des mistrals gagnants, des têtes de nègre, des roudoudous… Mais ça, c’était dans les premières années. Ensuite, à partir de la classe de troisième ou la seconde, en sortant du bahut, j’ai préféré boire quelques demis avec les potes !
    Des souvenirs de Condorcet, j’en ai à la pelle ! J’aimais le latin et, paradoxalement, les math, une véritable passion pour ces deux matières. Mais j’ai séché régulièrement les cours d’allemand (2e langue) car ils avaient lieu en fin d’après-midi… alors je m’échappais du lycée, par la petite porte près du terrain de sports. J’ai un souvenir amusé de la venue du Général, nous étions tous entassés dans la cour, et lorsqu’il se présenta à nous pour prendre la parole, après avoir traversé le grand hall d’entrée, il se cogna à la vitre immense et d’une propreté telle qu’il ne la vit pas. Je pourrais écrire des pages entières sur les sept années que j’y ai passées, d’autant que les dernières furent peut-être les plus belles que j’ai vécues. Entrée toute gamine, j’en suis sortie femme, car j’y ai connu l’amour, et ça, ça ne s’oublie jamais. Mais je n’en dirai pas plus, « il » se reconnaîtra..
    C’est drôle, mais j’ai le sentiment très aigu qu’on ne change pas, on vieillit, bien sûr, mais on reste identique à soi-même. Ainsi, dès que j’avais appris le véritable nom de Condorcet, j’avais décidé qu’un jour je prendrai son vrai nom comme pseudo pour écrire. Et j’ai tenu un blog sous ce nom ! Un hasard ? Je ne crois pas au hasard… .

    • Le 16 octobre 2014 à 9 h 24 min Le Lensois Normand a répondu avec... #

      Merci pour ce témoignage. Voir la réponse faite à Hervé sur la date d’ouverture du collège Condorcet.

      Dernière publication sur Le lensois normand : C'est fini (pour le tome 1)

    • Le 20 octobre 2014 à 18 h 02 min Hervé Delemarre a répondu avec... #

      JP, tu écris : « Chaque jour en quittant le bahut, j’achetais quelques friandises à la petite échoppe qui vendait des mistrals gagnants, des têtes de nègre, des roudoudous… « .

      En effet, il s’agit de la boutique de la famille Rumeaux, qui jusqu’à l’ouverture du lycée était une banale « Alimentation générale » mais qui s’est vite transformée pour satisfaire les élèves en carambars et cahiers. La fille de la famille Rumeaux était ma copine de quartier, elle m’a initié à… la marelle.

      Son papa était un homme chaleureux qui nous laissait jouer à escalader à l’arrière du magasin son entrepôt de pommes-de-terre (il en faisait le négoce), je ne pensais pas à escalader sa fille, j’avais entre 7 et 11 ans, laquelle est devenue adulte une superbe danseuse et a évacué les patates pour ouvrir à l’emplacement une école de danse classique très réputée. C’était Charline Rumeaux… où es-tu Charline ?

  2. Le 16 octobre 2014 à 8 h 34 min MAURICE DHEDIN a répondu avec... #

    J’y suis passé en 1962, seulement passé, babyboom oblige.
    C’était déjà l’usine, le bahut, mais en chemise-cravate à l’époque.
    Le bistrot en face ne désemplissait pas.
    Je me souviens de « tarzan », prof de sport et Bernard Vosgien, pion.

    • Le 16 octobre 2014 à 10 h 06 min Hervé Delemarre a répondu avec... #

      @ MAURICE DHEDIN : « en chemise-cravate » dis-tu ? C’est bien vrai, à tel point que moi je poussais encore plus loin la coquetterie : comme j’habitais Lens, je rentrais à la maison tous les midis, et j’en profitais pour changer de cravate, le but étant d’attirer l’attention de quelques filles… et ça marchait ! Je n’étais pas fort en math (comme certaine), j’étais fort en cravates (et en bière, en baby-foot, en jeux de mots)

      • Le 16 octobre 2014 à 12 h 29 min JP a répondu avec... #

        Je confirme : tu étais fort en plein de choses !

  3. Le 16 octobre 2014 à 8 h 49 min Hervé Delemarre a répondu avec... #

    J’ai un souvenir particulier et unique de la construction et de l’ouverture du Lycée.

    J’avais une dizaine d’années. A ce moment-là, ma famille habitait juste en face au 59 avenue Raoul-Briquet, soit pile face au milieu du premier bâtiment.

    Au cours des années qui ont précédé, il y avait devant chez nous, sur tout l’emplacement du futur lycée, des jardins ouvriers. Ces jardins étaient très curieusement sur un terrain situé en contrebas de la chaussée, à une profondeur de 2 ou 3 mètres.

    Nous avons assisté à tout le chantier et en avons subi les inconvénients : une voie sur les deux de l’avenue était barrée, beaucoup de bruit et de poussière, mais c’était pour les gamins comme moi un spectacle grandiose. Les sculptures de la façade ont été taillées sur place, je me glissais dans le chantier pour regarder de près les tailleurs de pierre œuvrer.

    Mais pour ces gamins, le chantier était un magnifique terrain de jeux et d’exploration. Je crois que les mesures de protection étaient moins sévères que de nos jours. Un jour, au cours d’un jeu de guerre ou de cache-cache sur le chantier en compagnie de mon cousin Gilles D., je me suis laissé tomber à genoux dans un tas de sable le long du bâtiment A, où hélas gisait une vitre. J’en suis ressorti avec une affreuse et grave entaille à un genou, un automobiliste réquisitionné m’a transporté à l’hôpital Schaffner (pas encore nommé « Schaffner ») où j’ai été opéré d’urgence sous anesthésie générale. C’était en septembre juste avant l’ouverture du nouveau lycée. Beaucoup craignaient que je garde une jambe bloquée au genou, il n’en fut rien. Il m’a fallu beaucoup de semaines pour recommencer à marcher, puis gambader, puis jouer au foot, la passion de tout garçon à Lens. L’un de nos voisins dans cette même avenue Raoul-Briquet était Georges Lech (et son frère Bernard, également footballeur), né lui aussi en 1945, joueur au RC Lens de 62 à 68, 35 sélections en Équipe de France… ça stimulait les gars du quartier.

    Comme je devais entrer en 6e à l’occasion de l’ouverture du nouveau lycée, je me rappelle que j’avais 11 ans et que c’était en 1956. Ne pouvant marcher, il fallait une personne (ma mère) pour me porter directement jusqu’à ma classe, je faisais une entrée remarquée. Chaque matin et chaque après-midi, mon camarade de classe Claude Schaffner, qui habitait au 11 de l’avenue Raoul-Briquet, passait me chercher au N° 59 afin d’aider ma mère à me transporter. Claude Schaffner était un fidèle camarade rencontré à l’Ecole Carnot, et l’un des quatre enfants du maire de l’époque, Ernest Schaffner. J’ai eu malheureusement l’occasion en juillet 2014 de raconter les liens qui m’unissaient à Claude, nommé par tout le monde « Pino », car il nous a quittés en juillet 2014. Jamais, depuis le cours élémentaire à Carnot jusqu’à sa disparition, Pino et moi ne nous sommes perdus de vue.

    Dans les premiers jours au lycée, on nous a demandé de répondre par écrit à une enquête destinée à dresser le profil des élèves, leur école d’origine, leur domicile, les moyens de transport employés pour venir au lycée, et enfin la durée du trajet. J’ai répondu : une minute comme durée du trajet ; et comme moyen de transport j’ai hésité à écrire « les bras de maman » mais je me suis dégonflé en inscrivant « à pied ».

    J’ai quitté le lycée bac en poche en juin 1964 (une année redoublée)

  4. Le 16 octobre 2014 à 8 h 50 min Hervé Delemarre a répondu avec... #

    Le nouveau Condorcet a ouvert en 1956, pas en 1955

    • Le 16 octobre 2014 à 9 h 22 min Le Lensois Normand a répondu avec... #

      Salut Hervé,
      Si le Collège Condorcet a bien ouvert dans sa totalité en 1956, des classes ont reçu des élèves dès la rentrée de 1955 dans la bâtiment A (Source : bulletin municipal de Lens de 1959 signé Ernest Schaffner).

      Dernière publication sur Le lensois normand : C'est fini (pour le tome 1)

      • Le 16 octobre 2014 à 10 h 11 min Hervé Delemarre a répondu avec... #

        Bon, ouverture en 1955, je m’incline doublement devant Ernest Schaffner et Claude Duhoux…

  5. Le 16 octobre 2014 à 15 h 04 min JP a répondu avec... #

    Chemise-cravate pour les garçons, et jupe pour les filles. Le port du pantalon n’était pas autorisé en ces temps reculés. Les garçons ne s’en plaignaient pas, d’ailleurs !

  6. Le 23 avril 2018 à 9 h 13 min Camus Guy a répondu avec... #

    Le + collé du lycée c était moi !!!! J ai revu le pion Henri Fontakay le viet qui nous surveillait époque de Dave le principal et revu aussi Rohart surveillant en chef

  7. Le 23 avril 2018 à 9 h 26 min Camus Guy a répondu avec... #

    Erreur de vieux le surveillant gênera pas Rohart mais Guerarth

  8. Le 23 avril 2018 à 12 h 17 min Camus Guy a répondu avec... #

    Je pense que nous étions dans la même classe

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