Archive | novembre 2014

Lens, hier et maintenant (1)

Aujourd’hui débute une série de photos décrivant quelques endroits de Lens à des époques différentes. L’occasion de comparer ce qu’était Lens avant avec le Lens de maintenant avec  peut-être un peu de nostalgie ….

Cette première série concerne quelques artères du centre-ville. Bonne promenade.

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La fosse 15 des mines de Lens, un puits chargé d’histoires

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   La fosse no 15 de la Société des Mines de Lens ne se situe pas à Lens mais sur le territoire de Loos-en-Gohelle, un bourg au nord de Lens. La fosse est appelée fosse Saint-Maurice en l’honneur de Maurice Tilloy, un des administrateurs fondateurs  de la Compagnie.

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   C’est donc près du village de Loos (qui ne s’appellera Loos-en-Gohelle qu’en 1937) que commence le forage du puits 15 en 1905 et les premiers mineurs descendent dans les galeries deux ans plus tard. Cas unique dans la société, la fosse 15 est composée de deux puits et donc de deux chevalets. L’un de ces puits atteint 297 mètres de profondeur et l’autre 527 mètres. Elle est d’ailleurs officiellement appelée fosse 15-15 bis. À l’époque, c’est la plus moderne de toutes les fosses des compagnies minières du Nord et du Pas-de-Calais.

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   Les installations au sol sont construites sur une butte de remblai d’une hauteur de 22 mètres. Elle est reliée à la fosse 12 par une voie ferrée.

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   Au pied des chevalets est construite une cité avec les célèbres corons entourés de jardins bien entretenus.

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   Durant la première guerre mondiale, la fosse 15 se situe en plein sur la ligne de front, près de la célèbre côte 70. C’est à ses pieds qu’a lieu la ‘bataille de Loos’ en septembre 1915. Point de repère des soldats britanniques, ils surnomment la structure «Tower Bridge» en raison de sa ressemblance avec le célèbre pont de Londres.

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   La bataille de Loos constitue le volet britannique de la grande attaque alliée en Artois lancée par le général Joffre (qui ne sera maréchal que l’année suivante) simultanément avec l’offensive française principale en Champagne.

   C’est le général John French (qui s’est déjà fait remarquer pour avoir refusé de collaborer avec les troupes françaises) qui commande les troupes britanniques.

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   Le 25 septembre, les anglais font une percée dans les défenses allemandes bien que les bombardements qui devaient amoindrir les troupes allemandes aient été de faible intensité à cause d’une insuffisance de l’approvisionnement en obus.

   Six divisions participent au combat. Avant l’assaut d’infanterie, les Britanniques envoient  140 tonnes de gaz au chlore (plus connu sous le nom de gaz moutarde) en complément d’un barrage d’artillerie jugé insuffisant. C’est la première fois qu’ils utilisent cette arme chimique. Mais le vent tourne et renvoie les gaz vers les tranchées anglaises : il n’y a que sept morts mais plus de 2 600 hommes ont été touchés et mis hors de combat. Les Allemands ne compteront que 600 hommes ‘gazés’.

   75 000 fantassins britanniques s’élancent des tranchées. Une gamine de Loos, Émilienne Moreau, âgée de 17 ans, va à leur rencontre et leur donne des informations sur les positions ennemies leur permettant de les prendre à revers et de reprendre Loos. On lui donnera le surnom d’héroïne de la fosse 15 ou d’héroïne de Loos.

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   Les combats ont lieu au corps à corps dans les rues de Loos. Calfeutrés dans leur cave, les Loossois apprennent que les alliés ont remporté le village, le terril et les puits de la fosse 15.

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   Cependant la progression doit être stoppée, faute de munitions et en raison de l’arrivée tardive des renforts. Les allemands reçoivent les leurs et reprennent dès le lendemain la côte 70. Les anglais ne pourront pas entrer dans Lens lors de cette bataille et le 28 septembre devront même se replier sur leurs positions initiales, comptant dans leurs rangs au moins 15 800 morts et 34 580 blessés.

   Loos en Gohelle continuera à subir les conséquences de ce conflit. En 1916, le village est quasiment rasé. Il ne sera libéré qu’en août 1917 par l’armée canadienne.

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   De ces conflits, il reste aujourd’hui à Loos en Gohelle deux cimetières militaires. L’un, appelé ‘Loos British Cemetery’ a été ouvert par les corps canadien en avril 1917. 2850 soldats, en majorité des britanniques tués lors de la bataille de Loos, y reposent aujourd’hui.

   L’autre, le cimetière du Dud Corner rassemble environ 1 800 soldats tombés lors de la bataille de Loos. Autour du cimetière, un mémorial rend hommage aux 20 000 combattants disparus lors de cette même bataille.

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   Après cette bataille, les allemands ont eu le temps d’anéantir la fosse 15 comme les autres puits de la compagnie. Les galeries sont inondées, les berlines jetées dans les puits, les échelles et les guides des cages sont arrachés et les chevalets détruits.

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   La fosse est reconstruite dès la fin du conflit. Ses chevalets métalliques sont érigés dans le style particulier des mines de Lens d’après-guerre. Les mineurs peuvent de nouveau descendre au fond dès 1922.

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  Le 1er octobre 1937, la fosse 15 est rattachée à la fosse no 12 et cesse d’extraire. Elle n’assure plus que le service du personnel et l’aérage. Pourtant, bien après la seconde guerre, la fosse 15 et son «Tower Bridge» font toujours partie du paysage de Loos-en-Gohelle….

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… à tel point qu’ils figurent en bonne place sur les cartes postales de l’époque.

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   Après la seconde guerre mondiale, des prisonniers allemands sont affectés au fond comme mineurs. Le 21 décembre 1945, l’ingénieur Augustin Viseux et un porion ramènent 3 trois rescapés d’une taille qui s’est effondrée à 432 mètres à la fosse 15. Le bilan est lourd,  9 ouvriers prisonniers allemands ont été écrasés par l’éboulement de cette taille.

   Le puits 15 ferme définitivement en 1959 et est comblé en 1962, le puits 15 bis ne l’est que dix ans plus tard, il a entretemps servi à l’entrée d’air pour la fosse 12 puis pour la fosse 11/19. Pendant plusieurs années, les installations sont laissées à l’abandon et le site devient vite une triste friche industrielle.

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   Les installations de surface, dont les chevalements, sont détruites en 1976.

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  L’histoire de la fosse 15 se termine ainsi. Le site minier a laissé place à de nombreux équipements pour la ville : parc, collège, école, salle des fêtes. Les logements miniers ont laissé place à un habitat locatif individuel.

   Aujourd’hui, de ces puits, il ne reste que des sépultures en lieu et place de l’entrée des galeries.

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   Mais la fosse 15 des mines de Lens continuera à exister grâce au travail formidable de l’artiste Claude Dryburgh, lui-même ancien mineur qui en a réalisé une maquette faite d’allumettes.

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Quelques manifestations à voir

     Quelques manifestations ou expositions commémoratives à voir en cette fin d’année. Si vous en connaissez d’autres que vous voulez faire paraître sur ce blog, envoyez une copie de l’affiche par mail à : lensois.normand@sfr.fr

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La mine-image de Lens

Le 17 mai 1945, les Houillères du bassin du Nord et du Pas-de-Calais sont créées suite à la nationalisation des compagnies minières.

Aussitôt, le groupe de Lens décide d’ouvrir un centre professionnel pour former les galibots de 14 à 18 ans. Cette formation, appelée ‘de premier degré’ est un passage obligé à l’aube d’une carrière de mineurs de fond.

D’autres cours sont donnés : le second degré pour les élèves-mineurs de 18 à 21 ans et le troisième degré pour les élèves-porions et les ouvriers de 21 à 25 ans.

C’est sur un terrain longeant la route de Béthune qu’est installé ce centre, près de la fosse 12 bis.

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Un centre de formation doit obligatoirement être équipé d’une ‘mine-image’  qui est la reconstitution grandeur nature d’une véritable galerie de mine dans laquelle le stagiaire trouve les conditions et le matériel qu’il rencontrera au fond lorsqu’il sera en poste.

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Où faire cette mine-image ? Un abri aménagé pour protéger la population lors des bombardements de Lens lors de la seconde guerre est proche du centre. Il est utilisé et aménagé pour servir de galerie de formation.

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L’entrée de l’abri en 1945

Les galibots peuvent donc exécuter les gestes du métier de mineur dans les conditions réelles ; seul l’abattage n’est pas enseigné car cette partie du travail du mineur est interdite aux ouvriers de moins de 18 ans.

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Les appareils électriques leur sont décrits mais ils n’auront pas non-plus l’autorisation de les manipuler au fond.

commandes electriques

A l’origine, la mine-image est un long ‘tuyau’ étroit de 250 mètres taillé dans la craie. On y accède par trois plans inclinés qui avaient servis d’accès à l’abri.

sortie du plan 2

La sortie qui donnait sur la route de Béthune sert à l’aération, une autre donnant sur le Chemin Perdu était réservé à la descente du matériel.

Le centre ouvre ses portes le 14 mai 1946 mais ce n’est qu’en 1947 que la mine-image est utilisée. On y trouve deux tailles de 60 mètres, plusieurs centaines de mètres de voie ferrée, 12 salles d’apprentissage bétonnées réservées à la formation au boisage, au cadrage, etc …

Quelques exemples de formation dans la mine-image :

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La conduite de treuil

convoyeur blindé

Un convoyeur blindé

berline déraillée

Le relevage d’une berline déraillée

La mine-image ne cesse de s’améliorer grâce au travail des mineurs eux-mêmes : un beurtiat (puits intérieur dans la mine) est creusé. Les installations électriques sont complétées, on installe un poste de transformation.

On descend aussi dans la mine-image des appareils modernes tels que des chargeuses, des bandes transporteuses, des compresseurs de quartier, des haveuses …

On y trouve même une lampisterie où le galibot doit se munir de sa lampe avant d’utiliser la cage pour descendre dans la galerie.

lampisterie et lampe

La formation aux premiers secours est également dispensée avec l’utilisation des extincteurs.

extincteur

C’est Madame Auriol, épouse du Président de la République d’alors, qui vient inaugurer le centre d’apprentissage et la mine-image en 1952.

auriol 1952

Une tradition voulait que pendant longtemps les élèves des écoles primaires de Lens effectuent une visite du centre et une descente dans la mine-image, sans doute pour tenter de susciter parmi eux des vocations de mineur.

Le centre et la mine-image fonctionneront plus de 35 ans avant d’être fermés définitivement le 31 août 1985. Le site a alors servi à construire l’IUT.

premiere cage

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