Histoire, La mine, La ville, Lens, Les hommes, Les mineurs

Mardi 1er mai 1906 à Lens

Aujourd’hui, il n’y a pas de défilé pour la fête du travail, tout est calme en ville et dans les corons. ″Lens est devenue la ville la plus sage de France″ dira un journaliste parisien. Il faut dire que les militaires sont partout comme en ville et dans les corons.

1mai 01

Depuis le 10 mars et la catastrophe qui s’est produit dans les galeries de la Compagnie des Mines de Courrières, les mineurs sont en grève.

De nombreux troubles ont eu lieu ces jours derniers. On a frôlé l’insurrection lorsque les extrémistes menés par Benoit Broutchoux ont manifesté violemment en ville. Un militaire, le lieutenant Lacour a même été tué par une pierre lancé par un manifestant.

1mai 02

Georges Clemenceau, le ministre de l’intérieur, a interdit toute manifestation pour le 1er mai Le préfet Dureault était à Lens hier où il a réglé avec le général Chamer, commandant des troupes, les derniers points concernant la journée du premier mai : aucun rassemblement, aucune manifestation, aucun cortège ne seront tolérés.

Mais le Jeune Syndicat de Broutchoux maintient son défilé.

1mai 03

Ils ne seront que quelques dizaines à se rassembler devant la maison du Peuple, rue de Paris mais vite dispersés par la troupe. Emile Basly, qui est à la fois le maire de Lens et le représentant du Vieux Syndicat plus modéré,  a appelé au calme et damandé aux mineurs de rester chez eux.

La foire de Liévin, prévue aujourd’hui, a aussi été annulée.

La grève s’essouffle depuis quelques jours. Les mineurs sont fatigués et leurs enfants ont faim. Les négociations sont toujours en cours mais dix-sept mille mineurs sont retournés au travail ce matin car le 1er mai n’est pas encore un jour férié, il ne le sera qu’en 1947. Lorsque les mineurs remontent du fond et sont raccompagnés chez eux par la troupe, quelques grévistes les attendent pour les huer mais il n’y a plus d’incident.

1mai 04

Le bruit coure que Basly aurait demandé publiquement la reprise aux conditions exigées par les compagnies. Pourtant, les revendications du début de la grève sont loin d’être satisfaites. En outre, Elie Reumaux, le directeur de la Société des Mines de Lens affirme qu’il sera procédé à des licenciements pour les responsables des grèves.

Dans une salle de la cité de la fosse 12, Casimir Beugnet fait le point devant cinq cents mineurs. Malgré les dernières déclarations de la direction, les ouvriers crient :  »Nous voulons travailler, assez de grève ! ». Pour la première fois, une assemblée décide de la reprise du travail à Lens. Elle sera suivie de beaucoup d’autres.

Un Premier Mai pas comme les autres à Lens ……………

1mai 05

Pas encore de commentaire.

Ajouter votre réponse

Blog du niveau intermédiaire |
funk98 |
alpin38 |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | tpeseconde
| continent
| lesasdelaluftwaffe