Histoire, La mine, Lens

Finalens

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   En 1930, la société des mines de Lens crée une filiale, la Société Financière de Lens (FINALENS) au capital de 40 millions de francs dont le but est de gérer financièrement tout ce qui n’est pas lié directement au charbon. Selon Ernest Cuvelette, le directeur de la compagnie lensoise, ‘’Il lui est dévolue la tâche de donner aux installations industrielles (produits chimiques, etc.) dont les bases ont été jetées par Lens tous l’essor désirable. C’est une entreprise considérable, digne au demeurant du passé et des traditions de cette grande compagnie’’.

   La compagnie minière émet des titres dont elle offre une partie à ses actionnaires à raison d’une action Finalens d’une valeur de 500 francs à tout possesseur de 25 actions de la société minière. Dès 1932, le capital de Finalens est porté à 100 millions de francs.

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   Dès 1930,  sur un terrain appartenant aux mines de Lens sur la commune de Douvrin débute la construction d’une ‘usine Claude’ appelée ainsi puisque basée sur les procédés du chimiste et inventeur industriel Georges Claude (1870-1960 ; créateur de Air Liquide, inventeur de tubes au néon, il est aussi à l’origine de la création de la société Grande Paroisse). Les travaux sont confiés au Génie Civil de Lens.

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   L’accès se fait par la route de Lens, après la traversée de la cité Victor Dejong : quelques maisons réservées au personnel identiques aux corons des cités minières. Victor Dejong était un résistant, employé à Finalens, qui fut  fusillé le 27 Mars 1943 à la Citadelle d’Arras.

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   La première spécialité de l’usine de Douvrin est la fabrication d’engrais ammoniaqués. Elle est alors la plus importante de France dans ce domaine et produit 80 tonnes par jour. Après des débuts difficiles sur le plan financier (en partie dus à la crise de 1929), la société Finalens réalise un bénéfice de 5,5 millions de Francs en 1935 et jusque 7 millions de 1937 à 1940.

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   En 1932, les ouvriers de l’usine voient passer de nombreux avions au dessus de leur tête. Il s’agit d’exercices de protection du site en cas d’attaque aérienne. Ces manœuvres sont organisées par un militaire célèbre … le maréchal Pétain !

   En 1946, l’usine de Douvrin entre dans le giron des Charbonnages de France après la nationalisation des compagnies minières. Mais la société financière de Lens continue d’exister et reste propriétaire des terrains.

   En 1959 est créé un atelier de fabrication d’acide sulfurique. L’usine, précurseur dans la fabrication des engrais azotés liquides, produit également de l’ammoniac et des engrais azotés solides (sulfate, nitrate et urée) jusqu’en 1965.

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   En 1967, le groupe CDF-Chimie (Société Chimique des charbonnages de France) est créé et rassemble, au niveau national, toutes les activités chimiques liées au charbon dans les bassins miniers. Il englobe alors l’usine de Douvrin que tout le monde continue d’appeler Finalens.

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   En 1969 est construite une unité d’acide phosphorique d’une capacité de 200 tonnes par jour ; une parcelle de 20ha est consacrée à l’épandage du phosphogypse sous le nom de champ de gypse, l’acide sulfurique résiduaire y étant aussi rejeté, de même que du fluorure de calcium sous forme de boues.

   L’usine de  Douvrin d’une superficie de 33 hectares est découpée alors en différentes zones :

- la première zone dans laquelle il y a encore des bâtiments, aujourd’hui cédés à d’autres entreprises avec des activités légères

- la deuxième zone, la plus grande, sur laquelle il y avait une bonne partie des activités des ateliers de production d’ammoniac

- une zone intermédiaire où il y avait des ateliers de production de sulfate et de nitrate,

- la zone des lagunes, sur laquelle il y avait les terres bleues,

- l’ensemble de la zone des dépôts de gypse (cela provenait de l’atelier d’acide phosphorique).

- le quai de déchargement de 220 mètres de longueur sur le canal d’Aire à la Bassée

   Le 30 juin 1970, la Société Immobilière Argenteuil le Parc (filiale du Groupe Industriel Marcel Dassault) rachète la société Finalens et l’usine de Douvrin est alors dirigée par Grande Paroisse en vertu d’un contrat de location-gérance.

   La baise de la production de houille et l’arrivée d’installations plus grandes donc plus rentables condamnent les usines comme celle de Douvrin qui arrête sa production en 1982. Les installations sont démontées, il ne reste sur place qu’un hangar, le portail d’entrée, deux bâtiments et la bascule.

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   L’entreprise Grande Paroisse, filiale d’Elf-Atochem, propriétaire de la friche de Douvrin suite à des restructurations dans la chimie française au cours des années 1980 a dû procéder à la dépollution complète des terrains selon un arrêté préfectoral du 17/10/1995 prescrivant la remise en état du site. Rétia, filiale de Total, a en charge la dépollution avant de revendre le terrain à un autre industriel.

   Actuellement, le site est divisé arbitrairement en deux zones : une zone dite cessible sur laquelle Grande Paroisse a un projet de valorisation du terrain et une zone dite non cessible sur lequel se trouve l’ancien dépôt des phosphogypses. Pollué chimiquement, le site produit en plus de la radioactivité. Les taux relevés ne sont certes pas très élevés mais l’autorité de sûreté nucléaire les fait surveiller.

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   La reconversion du site ‘ex-Finalens’ n’est pas aisée. Seules deux entreprises y sont jusqu’alors installées.

-       Campo-Club, uns société de loisirs sportifs sur le site de l’ancienne cantine du personnel elle-même transformée en terrains de badminton et  clubhouse

-       La société NIBS France spécialisée dans la fabrication de pièces techniques à base de matières plastiques

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   Un projet de zone artisanale est envisagé sur une partie du site, une trentaine d’hectares pourraient y être consacrée, l’autre partie toujours pas dépolluée serait transformée en un espace paysagé.

Remerciements à la ville de Douvrin, à l’association APPHIM et à mon frère Bernard, ancien salarié de Finalens.

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Une réponse à “Finalens”

  1. Le 5 décembre 2015 à 22 h 19 min Ponthieux a répondu avec... #

    En 1974 je travaillais pour l’entreprise miroux de harnes qui nous loue à finalens pour des travaux de maçonnerie . Il y avait des odeurs dans cette usine pas très apetissante que je retrouvai même dans ma gamelle le midi. J’ai passé pas mal de temps dans ces usines de douvrin , drocourt, mazingarbe .

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