Archive | janvier 2016

Qui fut Marcelle Devred ?

   Marcelle Devred serait une jeune lensoise qui aurait été envoyée en déportation en 1914 où elle aurait subit la cruauté de ses geôliers allemands et été amputée d’une jambe à l’âge de 14 ans.

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   Après la guerre, elle devient chanteuse et entame une tournée dans toute la France. Elle interprète des airs de cette partition : ‘’Tour de France d’une petite martyre de guerre’’ parue aux éditions Dommel dans lesquels elle raconte en musique ses quatre années de captivité.

   Mais  il y a toujours eu des doutes sur la véracité de ses propos. Nulle part ailleurs, dans les écrits, dans les souvenirs de l’époque on ne trouve trace de ce drame. Aucune femme ou jeune fille de Lens n’a été déportée dès 1914. Selon les nombreux écrits de l’époque, seulement 300 civils du nord de la France choisis parmi les notables (hommes et femmes) n’ont été déportés en Allemagne qu’en novembre 1916. Après un accord signé entre les gouvernements français et allemand, ces otages sont rapatriés en 1917 en zone occupée.

   De plus, selon la page de couverture de cette partition, notre Marcelle serait née le 2 septembre 1902 à Lens. Or, dans les actes d’état civils de Lens du début du siècle, on ne trouve nulle part le nom de Devred (J’ai consulté les archives du Pas de Calais de 1898 à 1904).

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   Donc l’histoire d’une jeune femme incarcérée de 1914 à 1918 en Allemagne, martyrisée, volontairement amputée semble très peu vraisemblable.

   Cette partition est introuvable aujourd’hui. Je n’en ai trouvé que la couverture sur un site de ventes  en ligne.

   Étonnant pour un tel témoignage, non ?

   Alors récit véridique ou affabulation ? Le doute subsistera toujours.

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1956, les fêtes de la renaissance de Lens

   1956 à Lens : 11 ans après la Libération, les derniers stigmates de la guerre sont effacés. Le maire de Lens, le Docteur Ernest Schaffner décide d’organiser les « fêtes de la Renaissance ». Elles seront jumelées avec le cinquantenaire du Racing Club de Lens et verront les baptêmes des deux géants lensois Taraderuse et Rosalie Tata.

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   Le samedi 3 juin 1956 à midi précise, les commerçants du centre-ville de Lens se retrouvent dans la salle Tabarin de la place Jean Jaurès afin de procéder au baptême de leur géante Rosalie Tata qui est en fait la représentation de Rosalie ABRASSART (1855-1932) qui,  pendant la première guerre, venait chaque jour de Bully-les-Mines pour vendre  ses biscuits sur Lens afin de subvenir aux besoins de sa famille. (Information reçue de M. Alain Oudre, arrière petit-fils de madame Abrassart).

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   Dans la soirée du samedi, les Sapeurs-Pompiers de la ville de Lens, accompagnés de ceux du Groupe Lens-Liévin des mines ouvrent la route à une grande retraite aux flambeaux suivie d’un grand feu d’artifice sur la place du Cantin.

   Le dimanche matin, une course cycliste est organisée. Appelée le « Rallye des Cités », elle parcoure toutes les cités minières avant l’arrivée finale sur la place Jean Jaurès vers 11h00. Juste à temps pour que les coureurs puissent assister au baptême de Taraderuse.

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   Devant la mairie, l’animateur de radio Alex Ponchant anime la première partie du spectacle puis monsieur Ernest Schaffner reçoit officiellement Taraderuse en l’hôtel de ville. Après la cérémonie officielle du baptême, Maurice Carton, président du Supporter Club Lensois remet au géant l’insigne de l’association.

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   A 15h00, alors qu’au stade Bollaert débute un match de barrage de championnat entre les équipes de Lille et de Valenciennes, le grand défilé se met en marche dans les cités minières du 12, du 14 et du 4 avant de se regrouper rue Emile Zola.

   Les trottoirs du centre-ville sont noirs de monde lorsqu’à 16h30 démarre le cortège du carrefour Bollaert précédé d’une caravane publicitaire. Il empruntera les Boulevard Basly et toutes les grandes artères de la ville, passant par les places de la Gare et du Cantin avant de se regrouper sur la place de la République où il se disloquera le cortège vers 19h30.

   En tête du défilé prônent nos deux nouveaux lensois, Taraderuse et Rosalie Tata, accompagnés de leur ami valenciennois Binbin.

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   Dans le cortège défile aussi un autre géant de Lens. Il a été élaboré par les ouvriers des Cableries-Tréfileries Lensoises de la rue de Londres appelés plus communément les Laminoirs. Ce géant appelé d’abord Vulcain recevra rapidement le surnom de « Ch’Guss Tréfil ».

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   Ils sont suivis de nombreux chars tels les Volendammers, un groupe hollandais, les Diables de Renaix, les trappeurs de l’Alaska, la fanfare amoureuse d’Annay, l’union des colombophiles lensois, les accordéonistes des Cols Bleus d’Avion, les Gilles et Gais Lurons Quaregnonais en Belgique, l’Amicale Corporative  ou encore les Amis de la fosse 8.

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   Dans ce défilé, on fête aussi le cinquantenaire du RC Lens avec les chars du ‘Supporter Club Lensois’. Le bureau de l’association et les sections  de quartier ont chacun construit le leur.

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   Le dimanche soir, les jambes commencent à être un peu lourdes mais cela n’empêche pas les lensois d’assister au spectacle de nuit entièrement gratuit offert par le Comité d’Organisation des Fêtes de Lens. Présenté par Alex Ponchant et Jacques Mars de l’Opéra de Paris, on assiste à des numéros de de fantaisistes, d’équilibristes, à des ballets et à la surprenante ‘bombe humaine’ , l’homme obus lancé d’un canon !

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   Le spectacle se termine par un tour de chant de John William et sa célèbre chanson ‘Si toi aussi tu m’abandonnes’.

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   Dans son édition de la semaine suivante, ‘Notre Mine’, le journal des HBNPC félicite  » toutes les sociétés qui ont véritablement fait assaut d’imagination, d’humour et de fantaisie pour lui donner de bout en bout la cocasserie, la truculence allant de paire avec les bons géants Taraderuse, Rosalie Tata et Binbin ». Et d’ajouter : « Il est salutaire de vivre et de se détendre sans contrainte comme le font les enfants : la carnaval et ses traditions en sont un des moyens les plus efficaces ».

   En marge, le Racing Club de Lens a organisé une tombola avec deux voitures comme lots principaux. C’est au stade Bollaert que monsieur Léon Mercier, habitant rue Gambetta reçu les clés de la 403 Peugeot tandis que monsieur Paul Courtecuisse, un retraité de la cité Chouard recevait celles de la 2CV Citroën.

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Et n’oubliez pas d’inscrire dans vos agendas :

Le Carnaval des géants Lensois 2016

Le retour de Taraderuse et Rosalie Tata

Dimanche 11 septembre 2016,
A 11h00, place Jean Jaurès

Baptêmes des géants lensois, Taraderuse et Rosalie Tata

  à partir de 14h00
La parade des géants dans les rues de Lens

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Bonne année à tous et merci !

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   Merci d’être si nombreux à visiter les pages du lensois normand. A ce jour, nous comptons près de 700 000 connexions. Il y a encore beaucoup d’histoires de Lens à raconter, alors soyons encore plus nombreux cette année à partager notre passion.

  Bonne année à tous.

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A Lens, il y a 100 ans

   Il y a cent ans exactement, les lensois n’avaient certainement pas très envie de fêter la nouvelle année. Les bombardements incessants, les brimades des troupes allemandes, les difficultés de ravitaillement, les morts par dizaines ajoutés au temps glacial de ces premiers jours de janvier les obligeaient à vivre dans la peur, la faim et le froid.

   Alors, pour ne pas oublier ce qu’on vécu les lensois du début du 20ème siècle, voici une série de photographies de Lens aux alentours du 1er janvier 1916, il y a 100 ans …..

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Des troupes entières de prisonniers français sont emmenés vers l’arrière

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Le canal de Lens et les débris de péniches

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Les tranchées devant la fosse 11

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Les allemands installent une ‘grosse Bertha’ dans une usine

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Les habitations subissent les bombardements

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La rue de Lille

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La gare est inutilisable

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Des soldats allemands font constater les dégâts occasionnés par les bombardements français

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Les fanfares allemandes pavoisent dans les rues de Lens

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L’église Saint Léger

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Des soldats allemands dans les ruines d’une fosse

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L’église Saint Pierre de la cité 11

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Les carreaux de fosses sont abandonnés

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Ils seront finalement entièrement détruits

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La mairie en construction au début du conflit

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La rue Victor Hugo

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Des prisonniers français travaillent au déblaiement sous les ordres allemands

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