Archive | janvier 2018

Octobre 1304 : Robert II d’Artois est inhumé à Lens

   Les manuels d’histoire rapportent que Robert II d’Artois dit « le Noble » fut inhumé en l’abbaye de Maubuisson à Saint-Ouen-l’Aumône en 1304. Mais aucun ne mentionne que sa dépouille fut d’abord conservée dans un tombeau provisoire à Lens.

sceaublason

   Son père, Robert 1er est décédé lors de la bataille de Mansourah le 9 février 1250 lors de la septième croisade. C’est sur cette base que l’on sait que c’est cette année là que Mathilde de Brabant mit au monde Robert II dont la date de naissance n’est pas connue exactement.

    L’orphelin devient donc dès sa naissance comte d’Artois. Il est élevé par sa tante Béatrice de Courtrai et est nommé chevalier pas son oncle Louis IX dit Saint Louis alors qu’il n’a que 17 ans. Bien que résident dans son château d’Hesdin (détruit en 1553 par Charles-Quint lors de la bataille de Thérouanne) , Robert II fit de nombreux séjours à Lens.

chateau d'artois

   En 1270, il participe à ses premiers combats lors de la croisade de Tunis.

robertII

   A la demande du roi Philippe III qui a succédé à Saint Louis quatre ans plus tôt, il participe au siège de Pampelune en 1274 puis se bat en Italie en 1282 où il devient régent du royaume de Naples.

   En 1296, c’est Philippe IV le Bel qui l’envoie combattre en Guyenne puis en Flandres. Après avoir séjourné à Lens avec sa garnison, il défait les troupes flamandes à Furnes en août 1297, s’empare de Lille et de la plupart des villes de la Flandre maritime. Deux ans plus tard, c’est à Pont-à-Vendin qu’il remporte une nouvelle victoire contre les flamands mais son fils est tué lors de la bataille.

   Le 11 juillet 1302 à Courtrai, il est de nouveau à la tête de 50 000 soldats face aux armées de Guy de Dampierre composées hâtivement de 20 000 hommes, la plupart bourgeois et artisans flamands inexpérimentés et armés essentiellement de lances et de pics.

   Robert II, certain d’une rapide victoire face à ces « amateurs », lance sa cavalerie au galop vers les lignes ennemies sans vouloir écouter ceux qui proposaient de les contourner. Il n’imagine pas que Guy de Dampierre a positionné ses hommes derrière un large fossé boueux qu’il a fait dissimuler par des branchages. Les premiers cavaliers français basculent dans le fossé, s’embourbent. Les suivants viennent s’encastrer dans cet amas d’hommes, de chevaux, de ferrailles. Tous sont empêtrés dans leurs lourdes armures et ne peuvent de dégager…. Les Flamands n’ont plus qu’à les frapper, les massacrer, les achever ! Des centaines de seigneurs sont tués lors de ce désastre.

bataille Courtrai

   L’histoire nous rapporte que Robert II est l’un des rares combattants à franchir le fossé. Il réussit même à s’emparer d’un étendard flamand. Il se trouve encerclé par les troupes de Guy de Dampierre. Mis à terre, il retire et tend son gant en signe de sa reddition. Les flamands, peu habitués aux usages de la chevalerie, le frappent, le blessent à de nombreuses reprises puis l’achèvent d’un coup de glaive qui le transperce.

aterre

   Son corps, retrouvé trois jours plus tard, est transporté à l’abbaye de Groeninge de Courtrai. Ce n’est que deux ans plus tard, le 2 octobre 1304 que sa fille Mahaut, devenue comtesse d’Artois, fut autorisée à récupérer la dépouille. Elle envoie Jacquesmart de Villers la quérir et la ramener dans son fief de Lens. Le cercueil, posé sur un tapis vert et recouvert de couvertures bleues, de draps d’or et de serge noire, met trois jours à rejoindre Lens où il arrive par la Cauchie (route de La Bassée aujourd’hui). Il traverse toute la ville, passe devant l’église Saint-Laurent avant d’entrer à l’intérieur des remparts par la porte du Bourg. Après être passé devant la maison de ville et l’église Saint Léger, le cortège parvient à la collégiale de Lens qui se trouve sur la motte châtelaine (emplacement approximatif du rond point Van Pelt aujourd’hui).

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   Devant les chanoines entourant le cœur de l’église Notre Dame, Mahaut reçoit officiellement les restes de son père. Le cercueil est placé sous une pierre tombale en marbre gravée à Douai.

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   Le 9 décembre 1304, la dépouille de Robert II est exhumée pour être transférée en la cathédrale d’Arras où les obsèques du comte sont solennellement célébrées. Elle sera ensuite transportée à l’abbaye de Maubuisson pour y être inhumée le 20 décembre. Cet édifice subit le même sort que la collégiale de Lens : en 1797, il fut vendue à trois entrepreneurs qui procédèrent à sa démolition afin de récupérer les matériaux. Il ne reste aujourd’hui de cette abbaye que quelques bâtiments réhabilités mais aucune trace du tombeau de Robert II d’Artois.

maubuisson

 

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Adieu Monsieur Daubresse

Je suis triste.

J’ai appris le décès de Monsieur Christian Daubresse survenu hier dans sa 90ème année.

Monsieur Daubresse a été mon professeur au collège Michelet au début des années 60, un professeur de Français et d’Histoire-géographie qui avait le don de passionner ses élèves. Il y est certainement pour beaucoup dans le plaisir que j’éprouve à effectuer des recherches historiques et à écrire.

Je l’ai retrouvé grâce à Internet bien des années plus tard. Nous avons repris contact et mon ancien professeur est devenu mon ami. Que de bons moments passés dans son appartement à évoquer l’histoire de la ville de Lens. Monsieur Daubresse a été longtemps au conseil municipal, responsable de l’Education, de la Jeunesse puis de la Culture.

Il a passé sa vie à s’occuper des jeunes lensois. Il me racontait les voyages qu’il organisait et effectuait à l’étranger pour les adolescents, les colonies de Grossouvre et le lac de la Goule. Il était fier d’avoir été le responsable du Colisée lorsque la ville l’avait racheté pour le transformer en théâtre. Il me racontait ses rencontres avec de grands noms du spectacle : Guy Bedos, Raymond Devos… Il me racontait comment était la commune sous la gestion d’André Delelis, comment elle tentait de résister à la fin de l’exploitation charbonnière.

Il était intarissable… parlait beaucoup… de tout. De son père, ouvrier aux mines de Lens, dont il était fier, de sa jeunesse dans les corons, de la difficile période pendant et après la Seconde Guerre, de ses années à Michelet, de sa retraite, de la mairie, de sa famille… Son épouse, une merveilleuse dame, approuvait, rectifiait parfois mais prenait aussi beaucoup de plaisir à l’écouter.

La dernière fois que l’on s’est téléphoné, c’était en décembre. Il a abrégé la conversation et se disait fatigué.

Ces longues discutions autour de la table dans son appartement lensois vont me manquer. Lui que, malgré son insistance, je n’ai jamais pu appeler Christian. Pour moi, il restera toujours « Monsieur Daubresse ».

daubresse

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