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Lens en 1851

   Bonjour, je me présente. Je me nomme Séraphin Bouthemy, je suis né le 12 juillet 1808 à Lens. Mon père était ouvrier-tanneur et moi en cette année 1951, je suis concierge à la mairie. Je suis chargé de vous présenter ma ville.

   Lens n’est qu’un petit bourg de 2750 habitants pas très riche bien que 41 personnes soient considérées comme rentières d’après le dernier recensement. Pour beaucoup d’autres, c’est la misère, l’oisiveté.

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   La vie se concentre principalement autour de l’imposante église Saint-Léger. Autour de la place sur laquelle elle s’ouvre, on compte quelques commerçants : deux boulangeries, trois boucheries, quelques épiceries, une pharmacie, deux marchands de vin et même un vendeur de bonbons. C’est surtout l’habillement et les tissus qui font commerce : quatre marchands de laine, autant d’étoffes, cinq tailleurs, deux chapeliers et un perruquier. Ce domaine génère quelques emplois puisque la ville possède une blanchisserie, trois couturières, deux repasseuses, trois peigneurs et deux fileurs de laine, un teinturier, deux dentellières. Dans la rue de la Place, il y a aussi le magasin de Joseph Guffroy, le « marchand de nouveautés » !

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  Parmi les autres magasins, on trouve un serrurier, deux cordonniers, un horloger. Les autres artisans sont un peu plus éloignés du centre, ils sont surtout dans le Grand Faubourg : des ébénistes et tourneurs sur bois, des couvreurs, un maçon, un vitrier, un tanneur, un tonnelier, un vannier, un ramoneur, quelques menuisiers, deux fabricants de chandelles et même un bucheron. Le métal est également travaillé à Lens par un ferrailleur, deux ferblantiers et trois chaudronniers.

   Nous avons aussi deux fabriques d’huile et une autre de sel. La fabrication de bière engendre quelques emplois puisque nous possédons à Lens cinq brasseries appartenant à messieurs Crespin, Delagranville, Douchet, Durot et Saudemeont. La bière est vendue dans les 14 estaminets de la commune, on en trouve certainement aussi chez les quatre aubergistes.

   Sur la place Verte, un marché a lieu une fois par semaine dans la halle aux grains et dans la rue de la Place, en face de l’église, un marché aux victuailles et tissus a lieu les premiers samedis de chaque mois.

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   Mais la principale activité de la ville reste l’agriculture. D’ailleurs notre maire, monsieur Guislain Decrombecque, élu peu après l’arrivée de Louis Napoléon Bonaparte au pouvoir, est lui-même l’un des plus grands agriculteurs de France, il vient d’obtenir la médaille d’or à la dernière exposition nationale. Il a rendu fertile la plaine de la Gohelle si aride il y a encore quelques dizaines d’années. Il possède également une sucrerie, une fabrique de tuiles et de briques, une distillerie dans laquelle il produit du genièvre.

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   Il est également le propriétaire, à la croisée des chemins d’Arras et de Liévin, d’un relais de poste aux chevaux. La diligence publique reste le seul moyen de voyager puisque notre ville n’est pas encore desservie par le chemin de fer et que notre canal a été remblayé il y a maintenant 60 ans.

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   Il y a cinq ans, une compagnie de chemin de fer privée a bien envisagé de créer une voie de chemin de fer entre Hazebrouck et Fampoux, près d’Arras et passant par Lens mais elle a fait faillite. Peut-être qu’un jour la toute puissante Compagnie des chemins de fer du Nord décidera de relier notre bourg à son réseau.

   La ville a également vu disparaître ses remparts et son château au siècle dernier. Il ne reste que les portes vers les chemins de Lille, de Douai et d’Arras en souvenir des temps anciens.

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   La suppression du canal a eu pour conséquence la fermeture des trois moulins qu’il alimentait. Il ne reste qu’un seul meunier à Lens à l’entrée nord de la ville, sur la route de Lille, Monsieur Bonvarlet. Un de mes amis y travaille, il est « chasse manée », c’est-à-dire qu’il va chez les particuliers recueillir les manées (gerbes de blé à moudre) pour les porter au moulin.

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  Pas moins de 34 exploitations agricoles sont recensées dans la commune, de la plus petite à la plus grande. D’ailleurs, près de 20% des habitants (hommes, femmes, enfants) sont des journaliers, ces ouvriers de ferme que l’on embauche et que l’on ne paye que lorsqu’il y a du travail. Ces personnes résident pour la plus part en dehors des anciens remparts, dans des masures insalubres en campagne. Dans les rues du bourg, il n’est pas rare de rencontrer quelques mendiants.

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  L’église catholique est toujours aussi influente sur notre ville bien que le couvent des frères Recolets, fermé pendant la révolution de 1789, n’ait jamais été rouvert. Le doyen du diocèse de Saint-Léger est le Père Amé Crespin. Il est secondé par un prêtre et un vicaire. L’école communale est dirigé par le Père Pierre Buron, son adjoint qui fait fonction d’instituteur est le frère Théodore Colin. A l’hospice, six religieuses franciscaines assistent le Docteur Testu. Il y a un autre médecin, le docteur Carlier en ville ainsi qu’une sage-femme. Ils n’ont pas pu faire grand-chose il y a deux ans lorsqu’une épidémie de choléra a tué des centaines d’habitants.

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   La police est assurée par 6 gendarmes aidés dans leurs tâches par trois gardes-champêtres. Nous avons également un juge de paix et deux huissiers de justice.

   On nous dit qu’il y a des entreprises qui effectuent des sondages dans les bois du côté du Faubourg Saint-Laurent. On y aurait trouvé du charbon à 150 mètres de profondeur.

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   Des sondages, il y en a un peu partout dans la région depuis qu’à Oignies il y a 9 ans, on a trouvé de la houille dans le parc du château de Madame De Clercq. Cette année, on a commencé à exploiter à Courrières la première fosse du Pas-de-Calais.

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   Ah ! Si seulement, les veines de charbon du sous-sol lensois étaient exploitables ! On pourrait voir peut-être une société minière se créer à Lens. Cela sortirait la ville de la misère et donnerait un travail mieux rémunéré à tous ces pauvres journaliers…

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HISTOIRES ILLUSTREES DU PAYS LENSOIS

   Il est paru, le nouveau livre du lensois normand publié en compagnie de son ami photographe Laurent Bouvier.

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   58 textes sur l’histoire : des grandes invasions du Moyen Âge aux conflits du 20e siècle, de la Révolution française aux grèves des mineurs, de l’épopée charbonnière à la difficile reconversion, de la victoire de Condé à l’ouverture du Louvre-Lens, de l’essor du protestantisme à l’influence du catholicisme.

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   Ces textes sont illustrés de superbes photographies représentant ces sites tels qu’ils sont aujourd’hui. Des grandes villes aux petits villages, des splendides édifices aux graffitis gravés dans la pierre, des magnifiques châteaux aux multiples cités ouvrières, des somptueuses églises aux modestes chapelles, des remarquables monuments aux simples stèles, des statues des puissants personnages aux stèles des illustres inconnus, des sites miniers aux espaces verts, tout est représenté avec l’amour de cette région.

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   Le livre, des 272 pages au format 20cm x 20, est en vente au prix de 22 euros sur le site de l’éditeur : les Lumières de Lille ou à commander dans toutes les bonnes librairies de la région.

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   Bonne lecture et à bientôt

 

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Moi José Beyaert, lensois et champion olympique

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  « Je m’appelle José Louis Beyeart. Je suis né à Lens au numéro 134 de la rue du Bois le 1er octobre 1925 à 23 heures dans une famille de mineurs. Peu de gens me connaissent à Lens. Pourtant, à ce jour, je suis le seul natif de la capitale du Pays minier à avoir été sacré champion olympique.

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   Mon père, d’origine belge, était accrocheur à la fosse 4 des mines de Lens. Nous habitions dans les corons de la cité où ma mère faisait des ménages pour tenter d’arrondir les fins de mois. En 1931, devant la dureté d’une telle vie et les salaires de misère, ma famille décide de déménager en région parisienne où mon père s’établit comme cordonnier. Il m’apprend le métier et m’emploie dans l’entreprise familiale de Pantin.

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   A la fin de la guerre, en 1945, je me lance dans le cyclisme. L’idée m’est venue après avoir réparé une paire de chaussures qu’un coureur avait déposée à la boutique. Je m’entraîne au Vel d’Hiv. Je deviens un bon amateur avec une 3ème place dans le championnat de France de 1945 et quelques podiums dans des courses nationales.

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   Sélectionné pour les courses de qualification aux Jeux Olympiques de Londres de 1948, je termine 3ème de l’épreuve sur route. Je rejoins donc mes coéquipiers Alain Moineau, Jacques Dupont et René Rouffeteau dans l’équipe de France. Mais j’ai bien failli ne jamais aller à Londres. Bagarreur, fêtard, fréquentant souvent le poste de police, le maire de Pantin s’est fait tirer l’oreille pour signer mon « certificat de bonne conduite », document indispensable pour participer aux Jeux Olympiques.

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   Le vendredi 13 août 1948 vers 11h30, me voici donc au départ de l’épreuve sur route cycliste des jeux olympiques de Londres. Je ne figure pas parmi les favoris. Mon rôle est surtout d’aider notre leader Alain Moineau qui est avec l’italien Aldo Ferrari en tête des pronostics des bookmakers.

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   La course a lieu dans les allées du parc du château de Windsor, une piste très étroite en terre et graviers plutôt qu’une route. Les 194,633 kilomètres vont être pénibles pour le peloton d’autant plus qu’une pluie diluvienne s’abat sur la course dès le départ.

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   Le peloton part prudemment. Les chutes et les crevaisons sont nombreuses. Les abandons se multiplient.

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   Au 8ème des 17 tours de circuit, je m’échappe du peloton avec 7 autres coureurs. Les conditions de course font que le peloton, désordonné par les chutes et les crevaisons, ne nous rattrapera pas. Je suis en compagnie de Nils Johansson (Suède), Gerrit Voorting (Pays-Bas), Lode Wouters et Léon Delathouwer (Belgique), Bob Maitland et Gordon Thomas (Grande Bretagne) et Jack Hoobin (Australie).

   Sachant que je n’avais que très peu de chance au sprint, je tente de lâcher mes compagnons d’échappée à deux kilomètres de l’arrivée. Pour cela, je joue au plus malin. Je sais que lorsqu’un coureur empoigne son bidon pour se désaltérer, ses adversaires en font autant, pensant à une courte trêve dans la course. Je fais donc le geste et lorsque je vois les autres saisir leur bidon, je lâche le mien et fonce. J’ai ainsi pris une cinquantaine de mètres d’avance. Ils ne m’ont pas revu.

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   Je passe en solitaire sur la ligne d’arrivé devant l’officiel qui brandit le drapeau olympique et remporte la médaille d’or. Le hollandais Voorting et le belge Wouters, dépités, prennent les deuxièmes et troisièmes places.

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   Avec mes coéquipiers, nous remportons également la médaille de bronze par équipe.

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   Je suis porté en triomphe par les supporters français et mon entraîneur Georges Speicher.

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   On me dit que le Duc d’Edimbourg veut me rencontrer. Je lance « Dites lui que je ne reçois qu’entre sept et neuf heures » mais accepte avec joie ses félicitations.

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   Mon retour en France est triomphal et je fais la une des journaux.

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   Quelques semaines plus tard, à Valkenburg (Pays bas), je termine 8ème du championnat du monde amateur.

   Je décide de passer professionnel. Je le resterai deux ans dans l’équipe « Helyett » sans vraiment percer. Mon palmarès ne se compose que d’une victoire dans le Grand Prix de l’Echo d’Alger en 1949, une autre dans celui d’Isbergues et une 47ème place au tour de France en 1950 à 3 heures et 12 minutes du vainqueur, le suisse Ferdi Kubler.

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   Ce tour, je l’ai disputé dans l’équipe d’Ile de France. J’avais pour leader un certain Robert Chapatte.

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   En octobre 1951, je traverse l’Atlantique pour aller en Colombie participer à un critérium à l’occasion de l’inauguration du vélodrome de Bogota. J’y reviens en 1952 pour courir et remporter le tour de Colombie.

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   J’ai alors décidé de rester dans ce pays où il m’est arrivé pas mal d’aventures …… Mais cela est une autre histoire. »

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   Dans quelques semaines, Jean Pierre Mortagne vous proposera l’histoire complète de José Beyaert et tout particulièrement de ses 40 années passées en Colombie. Le livre sortira aux Editions ‘Les Lumières de Lille’.

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Ma journée du patrimoine 2017 à Lens et Loos-en-Gohelle

Samedi dernier, je me suis rendu à Lens à l’occasion des journées européennes du patrimoine. Beaucoup d’animations étaient organisées dans le secteur. Il a donc fallu choisir.

Première visite de la journée dans les locaux de Pas-de-Calais Habitats qui ont abrité en leur temps le dispensaire de la Caisse de Secours des Ouvriers et Employés des Mines de Lens.

A voir l’article sur ce dispensaire ici : http://lelensoisnormandtome3.unblog.fr/2012/01/24/le-dispensaire-de-la-caisse-de-secours-des-mines-de-lens/

Sous le beau ciel bleu lensois, une façade joliment rénovée mais qui a conservé son aspect d’origine :

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Le superbe vitrail de Raphaël Lardeur magnifiquement rénové. Voir cet article : http://lelensoisnormandtome4.unblog.fr/2016/09/13/sur-les-traces-de-raphael-lardeur/

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   Dans l’ancienne salle du conseil d’administration, les bas relief évoquant le monde de la mine et les malheurs de la guerre ont été conservés :

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   Puis direction les Grands Bureaux, ou plutôt l’université Jean Perrin, pour une visite guidée de main de maître et agrémentée des sketches réalistes et historiques interprétés par la troupe des Baladins de Lille. Quand on pense que ce bâtiment était voué à la démolition par Charbonnages de France et n’a été sauvé que par la volonté d’André Delelis et de ses élus municipaux !

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  Un rapide repas sur le pouce et direction l’église Saint Théodore de la cité 9 avec une rencontre avec Claude Dryburgh devant la maquette qu’il a réalisé de la fosse 9 des mines de Lens.

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   Ensuite direction Loos-en-Gohelle pour un passage au musée Alexandre Villedieu et ses souvenirs des combattants de la Première Guerre mondiale.

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 Avec une maquette de la fosse 14 des mines de Lens, celle de la cité de ma jeunesse !

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Un passage devant la stèle en mémoire d’Émilienne Moreau, l’héroïne de Loos.

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Et enfin, découverte du nouveau mémorial canadiens de la Côte 70 et de l’arbre de la Mémoire

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Une journée bien remplie et à renouveler en 2018 …. sur d’autres sites !

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La cité des Fleurs de Lens

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   Cette cité est construite à la fin des années 30 par la Société des Mines de Lens pour ses pensionnés.

   A cette époque, un mineur partant à la retraite devait obligatoirement quitter son logement. Il n’y avait cependant que très peu d’habitations de disponibles, les familles de retraités devaient alors soit quitter la ville soit habiter chez leurs enfants dans des maisons déjà surchargées par des familles nombreuses.

   Alors que la reconstruction des cités minières est terminée après le cataclysme de la première guerre mondiale, Félix Bollaert, président du conseil d’administration de la Société des Miens de Lens décide de construire sur un espace libre entre les fosses 1, 9 et 12bis et tout près du stade des Mines, une cité de petites maisons pour ses « chers pensionnés de la société ». La cité est appelée « cité Saint Albert » du prénom du Docteur Barrois donné au chevalet de la fosse 12bis toute proche. C’est après la nationalisation qu’elle devient la cité des Fleurs.

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   Il ne fut jamais remonté la moindre gaillette du puits 12bis puisqu’il n’a toujours servi qu’à l’aérage. Il a été percé en 1904 et servait donc à ventiler les galeries de la fosse 12. Reconstruit en béton armé après la première guerre, il servit jusqu’en 1976 lorsqu’il fut remblayé puis détruit en 1984.

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   A l’emplacement du carreau de la fosse 12bis existe aujourd’hui un parc d’activités de l’artisanat.

   Sur un plan de Lens en 1937, on peut voir tracé le projet de construction des premières maisons. A l’origine, il n’y a aucun commerce, aucun service dans cette cité ; juste quelques espaces verts avec bancs et terrains de boule.

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   Chaque maison d’un seul niveau est entourée d’un petit jardinet (à imaginer là où se trouvent maintenant des allées menant aux garages). C’est vraiment une cité de retraités.

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   Félix Bollaert ne verra pas son inauguration puisqu’il décède en 1936 laissant son nom au stade des Mines.

   La cité n’est accessible que de la route de Béthune par la rue des Cytises au niveau de la gendarmerie et par la rue des Œillets. La rue des Rosiers rejoint rejoint le Chemin Manot (aujourd’hui rue Léon Blum) aux abords de la cité du 11.

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   De l’autre côté, la ligne de chemin de fer de Lens à Hazebrouck empêche tout accès … jusqu’en 1951 lorsqu’un pont est construit à l’extrémité de la rue des Lilas juste en face de l’église Saint Théodore qui permet de rejoindre la cité du 9.

   Ce pont a sa propre histoire. Quelques temps après sa construction, il prit le nom non-officiel de « Pont Verdière », après le décès du doyen de la cité, Louis Verdière, dont le convoi funèbre fut le premier à emprunter ce pont pour rejoindre l’église Saint Théodore.

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  C’est entre la cité des Fleurs et la route de Béthune que les HBNPC ouvrent le 14 mai 1946 leur centre de formation dont la mine-image, une galerie reconstituée, est aménagée dans un long souterrain étroit de 250 mètres taillé dans la craie qui avait été percé pour servir d’abri lors de la seconde guerre mondiale.

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  A cette occasion, une artère est créée face au monument aux morts des mines de Lens, elle porte le nom de « Chemin Perdu ».

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   Le centre a définitivement fermé ses portes le 31 août 1985 et le 25 janvier 1986, Laurent Fabius, premier ministre, posait en ces lieux la première pierre de ce qui allait devenir l’IUT.

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   L’Institut Universitaire de Technologie, installé jusque là dans des locaux provisoires, ouvre ses portes en septembre 1987 et accueille 300 jeunes. A cette occasion, le Chemin Perdu devient la rue de l’Université.

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  Dans les années qui ont suivi la Libération, des nombreux mineurs ses cités se rendaient au stade Bollaert par la cité des Fleurs et une étroite passerelle à l’extrémité de la rue des Tulipes. C’était une bonne occasion pour les retraités de cette rue pour se faire un peu d’argent de poche. Contre une petite pièce de monnaie, le supporter pouvait déposer son vélo ou sa mobylette dans le jardin, à l’abri des vols.

  Aujourd’hui encore, dans une cité des Fleurs rénovée et agrandie, quelques ornements devant ces basses maisons rappellent que la cité avait été construite à l’origine pour ceux qui avaient contribué à la fabuleuse aventure de l’épopée charbonnière.

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L’histoire de Césarine … et de son pont

   Cet article n’aurait pu être complet sans l’aide précieuse du personnel du service des archives de la ville de Lens. Un grand merci à toute l’équipe.

   Tous ceux qui s’intéressent aujourd’hui à l’histoire de Lens savent que le pont Césarine doit son nom à la tenancière d’un estaminet qui se trouvait aux environs de cet emplacement avant la première guerre mondiale.

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   Mais qui était donc cette fameuse Césarine ?

   La famille Hennebois, du nom de naissance de Césarine, est une vieille famille artésienne implantée depuis plusieurs siècles surtout à Montigny-en-Gohelle et à Lens.

   Vers 1840, le grand-père paternel de Césarine, Jean François, est cabaretier dans le faubourg de Douai (rue de Varsovie aujourd’hui). Il a deux fils : César, horloger et Armand, le père de Césarine qui est alors boulanger.

    Armand part en Belgique, à Antoing, une petite cité francophone de la province belge du Hainaut sur les rives de l’Escaut où il se forme au métier d’horloger. Il revient à Lens et installe son commerce dans la rue du Chapitre (emplacement actuel de l’Avenue Van Pelt). Son épouse, née Louise Couvreur, s’occupe de leurs 15 enfants. Césarine Sophie Hennebois est la seconde de la fratrie. Elle est née le 18 septembre 1843 à 23h30.

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  Son dernier frère, Jean Baptiste a à peine deux ans lorsque le 30 avril 1867, Césarine épouse Louis Flament, un mineur lensois dont le père Joseph est cultivateur dans le Petit Faubourg (que l’on pourrait situer aujourd’hui vers la rue Decrombecque). Les parents des époux se connaissent depuis longtemps : le père de Césarine a été cité comme témoin lors de la déclaration de naissance de Louis. Les jeunes mariés habitent dans la rue de la Gare. C’est là que l’on trouve les premières traces du métier de cabaretière de Césarine.

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    C’est chez ses parents qui entre temps ont déménagé vers la rue de Liévin (rue Romuald Pruvost de nos jours) qu’elle accouche le 22 juin 1868 d’une première fille Rose. Trois ans plus tard naîtra Marie Louise. En 1876, on retrouve la famille dans la rue de la Paix où Césarine et son époux tiennent un estaminet qui fait également pension.

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   Le 29 janvier 1885, Louis Flament décède. Césarine habite alors avec ses deux filles dans la rue de Bataille (aujourd’hui Avenue Alfred Maës), où elle tient le fameux estaminet qui forgera sa réputation. En 1889, Césarine épouse en secondes noces Jules Deleury, un chaudronnier. Cinq ans plus tard, le 8 mai 1890, sa fille Rose épouse à Lens Henri Gérard et le 8 avril 1893, sa seconde fille épouse Louis Duflot, ajusteur aux chemins de fer du Nord et fils de cultivateurs habitant Écaillon près de Douai.

  Fait courant à l’époque, les parents du marié et un oncle de Marie Louise cité comme témoin, ayant déclaré ne savoir ni lire ni écrire, n’ont pas paraphé l’acte de mariage.

  A l’époque, la configuration des artères n’est pas celle d’aujourd’hui. La route d’Arras est dans le prolongement de la rue Bollaert. Un pont qui ne s’appelait bien sûr pas encore Césarine mais « pont des Chemins de fer du nord » existe dans la rue de la Bataille depuis la mise en service de la ligne Lens-Hazebrouck par la compagnie ferroviaire en 1860.

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  C’est tout près de là que se trouvait l’estaminet de notre Césarine avant la première guerre mondiale.

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 La popularité de Césarine arrive un peu plus tard lorsqu’est mis en service le Tortillard Lens-Frévent. A partir du mois d’octobre 1895, chaque jour, des mineurs et d’autres clients viennent patienter dans son estaminet appelé « L’arrêt du tramway » en guettant le passage du petit train.

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 L’attente est parfois un peu longue car il faut dire que ce Tortillard ne respecte pas souvent ses horaires.

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   Césarine tiendra son commerce bien au delà le décès de son second mari survenu le 16 décembre 1904. Le 4 octobre 1914, les troupes allemandes envahissent Lens. Le Tortillard cesse de fonctionner le même jour. Césarine n’aura plus jamais l’occasion de le regarder passer.

   On peut imaginer que c’est à ce moment qu’elle part en exode comme de nombreux lensois. On la retrouve à Lillers où elle se réfugie.

   Le 21 mars 1915, des aviateurs allemands lancent des bombes sur Lillers; sept personnes civiles, dont trois femmes, sont tuées. Ce sera le dernier acte de guerre vu par Césarine. Elle décède quelques jours plus tard, le dimanche 28 mars à l’âge de 62 ans.

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   Dans son journal paru aux éditions Gauheria sous le titre « Dans la fournaise de Lens », le notaire Léon Tacquet rapporte à la journée du 24 septembre 1916 : « Une bombe est tombée hier, au pont du Chemin de Fer du Nord, en face de chez Drony, chez Césarine ». Savait-il qu’au moment où il écrit ces lignes Césarine n’était plus de ce monde ? Léon Tacquet connaissait Césarine pour avoir reçu et validé le contrat de mariage de sa fille Marie Louise en 1893.

   Le 21 octobre 1921, la ville de Lens concède à son gendre Louis Duflot, époux de Marie Louise, un espace dans le cimetière-est, route de Douai. Le corps de Césarine est rapatrié dans sa ville natale pour y être inhumé. Elle repose en compagnie de Louis Robert Duflot, son petit fils décédé à 17 ans quelques jours seulement après l’armistice, le 17 novembre 1918 à Bully-les-Mines où ses parents s’étaient réfugiés.

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   Dès 1919, la voie ferrée vers Hazebrouck est rétablie par le Cinquième Génie et le pont est reconstruit au dessus des ruines encore fumantes. Il est plus large que le précédent afin de pouvoir supporter une partie des voies du triage.

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   Quand ce pont a-t-il pris le nom de Césarine ? On ne le sait pas. Dans certains documents, il est nommé « pont de la Bataille » comme le nom de la rue dans laquelle il se trouvait avant la guerre. Mais pour les lensois, il est et sera toujours le « Pont Césarine ». La première fois que l’on trouve ce nom dans les délibérations du conseil municipal de Lens date du 3 décembre 1920 lorsqu’est évoqué la mise en service d’un éclairage sous le pont.

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   Au début des années 1920, un spectaculaire accident attire de nombreux curieux. Un déraillement provoque la chute d’une locomotive sur la route alors que son tender, arraché par l’accident, reste en suspension accroché au pont. L’histoire ne nous dit pas s’il y a eu des victimes.

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   Quelques années plus tard, un pont en béton est construit par les Mines de Lens près du pont Césarine. Il permet de relier par des voies ferrées les fosses 1 et 9 au triage de la gare de Lens.

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   Il sera détruit en juillet 1992 après la fin de l’exploitation charbonnière pour laisser place au pont tel que nous le connaissons aujourd’hui.

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   Jusque dans les années 60/70, l’emplacement de l’estaminet de Césarine abritera pendant de longues années un café que les habitants préféreront toujours appeler le café du pont Césarine. Aujourd’hui, les locaux sont occupés par une agence immobilière.

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   Sur le mur de soutien du pont du côté du jardin public que l’on appelle aujourd’hui le square Chochoy, une plaque rappelle que c’est ici, au pont Césarine que le 11 avril 1942, trois mineurs résistants ont attaqué un poste de garde allemand et tué une sentinelle.

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 Bientôt ouvrira à quelques centaines de mètres du pont Césarine un autre ouvrage, le pont Tasette qui offrira une alternative à la circulation routière. Mais jamais il ne pourra faire oublier aux lensois l’extraordinaire histoire de ….

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Allez, on y retourne à Grossouvre ?

   Pour beaucoup de lensois, les colonies de vacances de Grossouvre créées par le Docteur Schaffner en 1949 sont restées ancrées dans les mémoires tant ils y ont passé d’excellents moments. Pour les enfants des corons que nous étions, 3 semaines dans ce ‘village Berrichon, entre Nevers et Bourges et pas loin de Vierzon’ (comme disait la chanson qui servait d’hymne à la colo) étaient synonymes de joies, d’air pur mais aussi de vie en société. Dès 6 ans, on mangeait ensemble, on jouait ensemble, on se lavait ensemble, on dormait ensemble, on nageait ensemble, on chantait ensemble … On apprenait à respecter l’autre.

   Voici quelques photos envoyées par les lecteurs du blog. Toutes n’y sont pas …. Il faudra pour voir l’ensemble attendre l’organisation d’une exposition sur la colonie à Lens. Espérons que ce soit pour bientôt.

   Merci à tous ceux qui m’ont fait parvenir ces documents, notamment MM. Jean Pierre Lemaire, ancien directeur, Maurice Devos, Roland Duhoux, Yves Pot, Wladyslas Motyl, Fabrice Mrugala et Mmes Anne Petit et Martine Meunier.

  Si vous aussi possédez des photos ou documents sur cette colonie de la ville de Lens, vous pouvez me contacter à cette adresse : lensois.normand@sfr.fr

  Volontairement, je n’accompagne pas ces images de commentaires. Elles ne sont pas non plus classées par date. A vous de retrouver l’année et peut-être vous remémorer quelques visages.

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Les orgues de l’église Saint Léger

   A la fin du 19ème siècle, la maison des frères Eugène et Édouard Stoltz de Paris construisit un orgue pour l’élise Saint Léger. La maison des frères Stoltz possédait une réputation internationale et a livré des orgues en Espagne, au Royaume-Uni et même à Cuba, au Pérou ou en Syrie. Après le décès d’Édouard en 1897, son frère a continué l’activité de la maison jusqu’en 1910.

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   L’orgue se trouvait dans la tribune au dessus du porche de l’entrée de l’église. Le buffet qui l’abritait était de style Louis XV. Il comportait à de part et d’autre deux parties rondes supportées par des consoles sculptées et surmontées d’un ange haut de 1,25 m. La partie centrale était terminée par une coupole surmontée d’un ange de 2m de haut, sonnant de la trompette.

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   Comme toute l’église, l’orgue ne fut plus que ruines à la fin de la Première Guerre Mondiale.

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  A la fin du conflit, il fallu d’abord savoir si l’église serait reconstruite. Une bonne partie des élus du conseil municipal y étaient opposés. Le 17 juin 1921, le pouvoir de persuasion d’Emile Basly (pourtant très anticlérical) fait que le Conseil Municipal vote à une très faible majorité une résolution permettant de lancer le dossier.

   Le 24 mai 1926, Eugène Julien, l’évêque d’Arras procédait à l’inauguration de la nouvelle église Saint Léger. En avril 1930, l’église inaugure son nouvel orgue à transmission pneumatique. Il a été construit par le facteur d’orgue Eloy Coupleux de Lille et financé par les fonds reçus pour les dommages de guerre.

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   Au lendemain de la Grande Guerre, l’usine des frères Coupleux produit à Tourcoing des orgues à tuyaux destinés aux paroisses reconstruisant leurs églises. De l’association d’Eloy Coupleux avec Armand Givelet naîtra le premier orgue électronique de l’histoire.

   Mais l’orgue de l’église de Lens à transmission pneumatique n’est pas d’excellente qualité. Il donna très vite des signes de fatigue et dut être remplacé après la seconde guerre mondiale.

  Le nouvel orgue installé en 1948 par la manufacture des Grandes Orgues Ruche-Guironnet de Lyon fut reconstruit totalement mais en récupérant les tuyaux de bois provenant du précédent. Bien que la console fût impressionnante avec ses 56 registres (ensemble des jeux que choisit l’organiste en fonction du morceau qu’il veut interpréter), l’instrument ne comportait que peu de jeux réels pour les basses et des tuyaux de façade restaient muets. Au début des années 1980, la transmission électropneumatique tomba en panne et l’instrument ne put émettre le moindre son.

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   En 1984, « l’association pour le développement, la promotion et la rénovation de l’orgue de Lens » fut crée pour acheter un nouvel instrument. Elle comptait 150 membres et organisait des concerts, des expos, des excursions afin de trouver des fonds. M. Christian Daubresse, adjoint à la Culture à la mairie de Lens, accepta d’aider l’association à hauteur de 150 000 francs à condition de pouvoir utiliser également l’orgue à l’occasion de concerts présentés par la municipalité. C’est le projet de Michel Garnier, facteur d’orgue à Lumbres qui fut accepté après une étude approfondie qui a tenu compte de l’acoustique de l’église. La position dans la tribune ne donnant pas satisfaction, le nouvel orgue fut installé dans le chœur.

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  Pourtant, lorsqu’on lève le nez vers la tribune, on y aperçoit des tuyaux qui laissent croire qu’il y a un second orgue dans l’église. En réalité, les tuyaux de la tribune sont faux et uniquement décoratifs.

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   Après 18 mois de travaux et d’installation, le dimanche 23 octobre 1988, l’orgue est inauguré à l’occasion d’un concert d’André Isoir.

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   D’autres concerts prestigieux suivirent jusqu’à ce que, petit à petit, faute d’entretien, la santé de l’orgue décline : fuites d’air, impossibilité d’utiliser certains jeux, soucis mécaniques comme les pédales qui restent coincées, bruits divers masquant parfois la musique…

  En 2015, l’attention attirée par « l’association Renaissance de l’Orgue de l’église Saint Léger de Lens » présidée pat M. Sébastien Noël, la municipalité, avec l’aide du Département du Pas-de-Calais, finance une partie des 102 679 euros nécessaires à la remise en état de l’instrument et fait appel à la Fondation du Patrimoine afin de lancer une campagne de soutien. La ville conclu un marché avec Quentin Requier, facteur d’orgue à Longuenesse près de Saint-Omer, pour effectuer des travaux de remise en état.

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   Le démontage de l’orgue débute le 1er octobre 2015 et un an jour pour jour plus tard, le nouvel instrument est inauguré lors d’un concert assuré par Olivier Latry, organiste à Notre-Dame de Paris originaire de Boulogne-sur-Mer avec un programme spécialement conçu pour exploiter les ressources exceptionnelles de ce patrimoine lensois.

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   Outre son utilisation religieuse, l’orgue sera utilisé dans le cadre de la saison culturelle de la ville. Des concerts sont déjà programmés pour la fin de cette année. L’orgue sera également utilisé à des fins pédagogiques pour les enfants de l’école de musique municipale.

 

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La véritable origine du nom de Taradéruze

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   J’avais lu dans un article de presse des années 70 que le nom de Taradéruze donné au géant de Lens provenait d’une histoire selon laquelle, sa tante Sophie Bouboute l’aurait ainsi prévenu lorsqu’il lui a fait part de son intention de prendre épouse : « Si té fais cha, tchiot, t’aras des ruzes » (Si tu fais ça, mon petit, tu auras des malheurs).

  Un autre article parlait d’un roman introuvable de nos jours faisant état d’un mineur qui voulait appeler son fils Taradéruze car il avait lui-même eu des malheurs dans sa vie et qu’il voulait ainsi prévenir son fils des risques à venir.

  Hé bien, ce roman introuvable, je l’ai entre les mains grâce à mon ami Richard Pisula, un lensois ‘pur souche’ lui aussi exilé. Ce livre s’intitule ‘Pays Noir’, a été écrit par Jean Pierre Barrou aux éditions de la Lys de Vendin-le-Vieil en 1942. Il raconte la vie des mineurs et de leurs familles dans la première moitié du 20ème siècle dans la région lensoise.

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   L’un des personnages se nomme Isidore Pochet. Trente ans, fils et petit fils de mineur, Isidore, surnommé par tous « Zidore » est l’époux de Sophie Floquet, également fille de mineur. D’un surnom issu de ses grands parents, cette dame est appelée par tous dans le coron « Sophie Bouboute ». La voici donc notre Sophie Bouboute de la légende !!!

  Zidore aimait les bistouilles, les pintes et le canons de rouge. Sophie allait souvent le rechercher à l’estaminet pour le ramener en le tirant par l’oreille ! Cela n’empêcha pas Sophie de se retrouver enceinte.

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  Zidore, en annonçant la nouvelle aux copains du café ajouta « Je l’appellerai Taradéruze ». Devant l’étonnement de ses partenaires de boisson, il répondit : « Je n’d’ai eu, mi, des ruzes d’pis que j’sus au monte. I n’d’ara aussi. Autant que je l’prévienne tout d’suite ! » (J’en ai eu, moi, des problèmes depuis que je suis venu au monde. Il en aura aussi. Autant que je le prévienne tout de suite).

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  Sauf que Sophie Bouboute et sa mère Julie, la femme la plus haïe au monde par Zidore, en avaient décidé autrement et que pour elles le gamin ne pourrait porter que le prénom de son grand père maternel : Fernand.

   Quelques pages plus tard, l’enfant est né. Zidore se rend à la mairie en compagnie de son copain de chopine Marius non sans faire de nombreuses escales alcoolisées. A l’employé de mairie qui lui demande le prénom choisi, il répond sans hésiter « Taradéruze ». Le fonctionnaire, affirmant que ce prénom n’étant pas dans la liste des patronymes autorisés, demande à Zidore si son épouse n’en a pas choisi un autre. Zidore rétorque « Si, mais j’m’in rappelle pus ! ».

  C’est alors qu’intervient Marius qui propose d’appeler l’enfant comme lui. Ce fut donc « Marius Pochet » qui figura sur le registre des naissances.

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  Apprenant cela lors du retour de son époux bien éméché, Sophie Bouboute se mit dans une colère monstre. Ce fut finalement la belle-mère qui trouva la solution : puisqu’aucun des deux parents ne voulaient prénommer leur fils Marius, Sophie Bouboute l’appellera toujours Fernand et Zidore «Taradéruze».

   Voici donc la véritable origine du nom de notre géant lensois. Certainement que l’un des membres du Comité du Centre-ville connaissait ce roman pour en 1956 proposer pour lui le nom devenu aujourd’hui célèbre de TARADERUZE.

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Les sapeurs-pompiers de Lens en 1985

   En 1985, le corps des Sapeurs-Pompiers de Lens parcoure la ville pour quelques exercices qui servent également de démonstrations à la population.

   Avant tout, une revue d’effectif dans la cour de la caserne de l’avenue Raoul Briquet.

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   Puis, avant le départ, une dernière inspection du matériel de secours.

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   Avant le départ en cortège dans les rues de Lens.

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   Arrivé sur la place Jean Jaurès, face à l’hôtel de ville, les véhicules sont présentés aux lensois.

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   De nouveaux engins équipent la caserne de Lens

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  Déploiement du matériel sous les yeux de lensois intéressés.

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   La grande échelle impressionne toujours les curieux

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  Une simulation de secours aux personnes blessées

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   Fin du premier exercice. On replie le matériel

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  Avant une nouvelle démonstration sur le boulevard Basly, aux magasin des Nouvelles Galeries.

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   Pour cette fois, un exercice incendie

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  Ces manœuvres seront suivies d’autres exercices au garage Lallain du carrefour Bollaert.

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   D’autres entraînements auront également lieu en cas d’accident sur les voies ferrées de la gare de Lens ….

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  … ou sur la rocade où sera simulé un accident de circulation avec incendie d’un des véhicules

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