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La véritable origine du nom de Taradéruze

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   J’avais lu dans un article de presse des années 70 que le nom de Taradéruze donné au géant de Lens provenait d’une histoire selon laquelle, sa tante Sophie Bouboute l’aurait ainsi prévenu lorsqu’il lui a fait part de son intention de prendre épouse : « Si té fais cha, tchiot, t’aras des ruzes » (Si tu fais ça, mon petit, tu auras des malheurs).

  Un autre article parlait d’un roman introuvable de nos jours faisant état d’un mineur qui voulait appeler son fils Taradéruze car il avait lui-même eu des malheurs dans sa vie et qu’il voulait ainsi prévenir son fils des risques à venir.

  Hé bien, ce roman introuvable, je l’ai entre les mains grâce à mon ami Richard Pisula, un lensois ‘pur souche’ lui aussi exilé. Ce livre s’intitule ‘Pays Noir’, a été écrit par Jean Pierre Barrou aux éditions de la Lys de Vendin-le-Vieil en 1942. Il raconte la vie des mineurs et de leurs familles dans la première moitié du 20ème siècle dans la région lensoise.

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   L’un des personnages se nomme Isidore Pochet. Trente ans, fils et petit fils de mineur, Isidore, surnommé par tous « Zidore » est l’époux de Sophie Floquet, également fille de mineur. D’un surnom issu de ses grands parents, cette dame est appelée par tous dans le coron « Sophie Bouboute ». La voici donc notre Sophie Bouboute de la légende !!!

  Zidore aimait les bistouilles, les pintes et le canons de rouge. Sophie allait souvent le rechercher à l’estaminet pour le ramener en le tirant par l’oreille ! Cela n’empêcha pas Sophie de se retrouver enceinte.

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  Zidore, en annonçant la nouvelle aux copains du café ajouta « Je l’appellerai Taradéruze ». Devant l’étonnement de ses partenaires de boisson, il répondit : « Je n’d’ai eu, mi, des ruzes d’pis que j’sus au monte. I n’d’ara aussi. Autant que je l’prévienne tout d’suite ! » (J’en ai eu, moi, des problèmes depuis que je suis venu au monde. Il en aura aussi. Autant que je le prévienne tout de suite).

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  Sauf que Sophie Bouboute et sa mère Julie, la femme la plus haïe au monde par Zidore, en avaient décidé autrement et que pour elles le gamin ne pourrait porter que le prénom de son grand père maternel : Fernand.

   Quelques pages plus tard, l’enfant est né. Zidore se rend à la mairie en compagnie de son copain de chopine Marius non sans faire de nombreuses escales alcoolisées. A l’employé de mairie qui lui demande le prénom choisi, il répond sans hésiter « Taradéruze ». Le fonctionnaire, affirmant que ce prénom n’étant pas dans la liste des patronymes autorisés, demande à Zidore si son épouse n’en a pas choisi un autre. Zidore rétorque « Si, mais j’m’in rappelle pus ! ».

  C’est alors qu’intervient Marius qui propose d’appeler l’enfant comme lui. Ce fut donc « Marius Pochet » qui figura sur le registre des naissances.

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  Apprenant cela lors du retour de son époux bien éméché, Sophie Bouboute se mit dans une colère monstre. Ce fut finalement la belle-mère qui trouva la solution : puisqu’aucun des deux parents ne voulaient prénommer leur fils Marius, Sophie Bouboute l’appellera toujours Fernand et Zidore «Taradéruze».

   Voici donc la véritable origine du nom de notre géant lensois. Certainement que l’un des membres du Comité du Centre-ville connaissait ce roman pour en 1956 proposer pour lui le nom devenu aujourd’hui célèbre de TARADERUZE.

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Hommage au Docteur Ernest Schaffner

   Le vendredi 23 septembre 1966, il y juste 50 ans décédait le Docteur Ernest Schaffner, député-maire de Lens mais surtout LE médecin des mineurs.

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   La vie du Docteur Schaffner est relatée sur une autre page du bloc que vous pouvez retrouver en suivent ce lien.

   Dimanche dernier, dans la cour du Centre Hospitalier de Lens avait lieu une cérémonie en hommage à cet homme qui marqua à jamais l’histoire de Lens et de la corporation minière.

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Les enfants du Docteur Schaffner et leurs conjoints.

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Les Grands Bureaux des Mines de Lens

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           Le 11 février 1852, la Société des Mines de Lens est créée. Bien que son premier puits ne produise pas encore (les premières remontées de houille auront lieu en décembre 1853 à la fosse Sainte Elisabeth), les résultats des sondages sont encourageants et laissent envisager une rapide prospérité.

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            Pour héberger sa direction et ses services administratifs, la compagnie minière achète un relais de poste situé à l’emplacement actuel du square Chochoy au carrefour Bollaert.

            A la fin du siècle, la Société est l’une des plus riches entreprises de France. Elle possède maintenant de nombreux terrains autour de la fosse 1 dans ce qu’on appelait auparavant le bois de Lens. Edouard Bollaert est alors désigné agent général de la compagnie.

            L’ancien relais de poste devient rapidement trop exigu. Un nouvel édifice est construit dans le faubourg Saint Laurent entre la Route de La Bassée et le Grand Chemin d’Arras à Lille pour installer les bureaux centraux. L’édifice, couvert de briques rouges, est d’un seul niveau au toit mansardé, d’une architecture symétrique par rapport au grand porche d’entrée. Derrière le bâtiment se trouve une petite cour.

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            Afin d’y loger son agent général, la compagnie fait l’acquisition d’une maison voisine de ses locaux près de  laquelle passent chaque jour les ouvriers qui travaillent dans les ateliers situés derrière ces immeubles (où se trouve aujourd’hui la Chambre de Commerce).

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            En 1906, alors que près de là onze cents mineurs meurent dans des conditions affreuses dans les mines de la compagnie de Courrières, la Société des Mines de Lens qui a acheté celle de Douvrin, continue de se développer et d’enrichir ses actionnaires. Elle a maintenant créé son réseau de chemin de fer, possède son propre quai de chargement sur le canal de la Deule à Vendin-le-Vieil, quelques usines, exploite alors quinze puits et gère plus de huit mille employés et ouvriers.

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            Elle a besoin de plus d’espace pour ses locaux de direction et ses services administratifs. Les Grands Bureaux sont donc agrandis dès 1907. Le corps du bâtiment initial, dont le porche d’entrée est élargi, est conservé. L’ardoise a remplacé la tuile sur la toiture.  Il est ajouté deux étages au bâtiment initial afin que l’architecture soit identique aux deux nouvelles structures construites sur sa droite, à l’emplacement du logement de l’Agent Général qui est à ce moment Elie Reumaux. Les nouvelles constructions, devant lesquelles a été posée une grille, sont légèrement en retrait des anciennes. Les motifs et les tours de fenêtres sont peints en blanc afin de donner plus de relief à l’immeuble.

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            La construction est imposante. La compagnie minière veut démontrer sa présence et sa puissance au moment où elle doit lutter sur le plan social avec des élus socialistes lensois comme Emile Basly, le maire, également syndicaliste et ancien mineur de fond.

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            Lors de la première guerre mondiale, la ville de Lens, occupée par les troupes allemandes dès octobre 1914, est l’objet de nombreux bombardements de la part des alliés. En janvier 1916, un obus tombe dans la salle des archives met le feu à l’édifice qui est totalement détruit.

            Léon Tacquet dans son journal ‘Dans la fournaise de Lens’ (édité dans le dossier de Gauheria n°7)  écrit à la date du 6 janvier 1916 : « Ce sont les Grands Bureaux qui ont brûlé totalement. Il n’en existe plus que quelques murs branlants ! C’est encore une épouvantable catastrophe pour la compagnie ».

            Des majestueux Grands Bureaux, il ne reste que des ruines lorsque la ville est libérée le 4 octobre 1918.

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            A la fin de la guerre, Ernest Cuvelette qui a remplacé Elie Reumaux, s’attache à reconstruire les mines de Lens. Dans un premier temps, les services administratifs, la direction et les ateliers sont installés dans des baraquements en bois qui avaient servi de quartier général aux troupes alliées après la libération de la ville.

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            Mais ils deviennent vite trop exigus face à la rapidité de la reconstruction : les dirigeants et les services administratifs sont délocalisés à Meurchin dans les locaux qui furent ceux de la compagnie rachetée par celle de Lens.

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            Pour Ernest Cuvelette et ses administrateurs, il faut rebâtir des bureaux de direction à Lens : l’ouverture de cet édifice marquera la fin de la reconstruction des Mines de Lens. Le quartier Sainte Elisabeth est redessiné. Une rue est percée pour rejoindre l’angle des routes de Béthune et de La Bassée à l’avenue du Quatre-Septembre, elle portera le nom d’avenue Elie Reumaux.

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            Les voies ferrées sont rétablies et des ponts remplacent les passages à niveau. Les ateliers et un dépôt de locomotives sont reconstruits de l’autre côté de la rue Bollaert, derrière la nouvelle gare Sainte Elisabeth. A l’emplacement des anciens bureaux centraux sont édifiées des habitations pour les directeurs et ingénieurs dans un secteur que les mineurs nommeront « la vallée des rois ».

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            Pour les nouveaux Grands Bureaux, Cuvelette choisit un emplacement particulier : la butte de la côte Saint Laurent.  De tous les endroits de Lens, on voit les Grands Bureaux; c’est toujours l’idée de démontrer la puissance de la compagnie minière et son influence sur la ville qui motive cet emplacement.

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            Le chantier commence en juillet 1928. C’est l’Entreprise de Génie Civil et Travaux Publics de Lens qui en est chargée. L’architecte Lillois Louis-Marie Cordonnier (à qui on doit aussi, entre autre, la reconstruction des églises  Saint Edouard (cité 12) et Sainte Barbe (cité 4) a établi les plans. Il est secondé par son fils Louis-Stanislas qui est certainement plutôt chargé de l’aménagement intérieur du bâtiment.

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            Les travaux nécessitent jusqu’à deux cents ouvriers qui se relayent d’août à décembre 1928. Le bâtiment est édifié bloc par bloc à la main par des hommes montés sur d’énormes échafaudages car aucune grue n’est utilisée.

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            Dès le mois de septembre 1929, les premiers services intègrent les Grands Bureaux mais les travaux ne sont totalement terminés qu’en 1930. La crise de 1929 étant passé par là, les finances de la compagnie des mines de Lens ne permettent pas d’organiser une inauguration officielle.

            L’architecture de ce bâtiment de 8700 mètres carrés est très originale. La façade de près de 82 mètres est tout à fait représentative du style local de l’époque : ses trois pignons s’élèvent à 35 mètres. Les murs, qui ont nécessité 23 cubes de béton sont recouverts de briques de parement fabriqués à la briqueterie de la compagnie à Douvrin.  De style régionaliste, on peut voir des détails de type art-déco comme les petites lucarnes de la toiture, les campaniles, les fenêtres ‘windows’ ou les formes géométriques dans un bâtiment aux lignes très flamandes.

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            Les constructions en forme de rectangle entourent deux cours fermées.

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            L’administration centrale, des salles de réception, la comptabilité, les bureaux des ingénieurs du fond et du jour, les services de paye, les géomètres et une imprimerie sont installés dans ce véritable château.

            Face au carrefour des routes de La Bassée et de Béthune (qui deviendra bien sûr, le carrefour des Grands Bureaux), des gardes en uniforme impeccable installés dans leur guérite près des grilles filtrent les entrées. Hors de question de pénétrer dans le parc en voiture, ce privilège n’est accordé qu’aux dirigeants et ingénieurs de la compagnie.

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            Deux autres entrées donnent accès à la propriété. A l’ouest, la maison du gardien, la route de La Bassée est utilisée par les visiteurs ou les salariés convoqués. Côté est, rue du Pôle Nord (rue Souvraz aujourd’hui), une autre entrée est réservée aux véhicules de direction. Une maison sert de logement de fonction pour le chauffeur du directeur.

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            Lorsqu’un visiteur est autorisé par le garde à pénétrer dans cette immense propriété, il est d’abord frappé par le style de la bâtisse et l’impeccable jardin à la française parfaitement entretenu. Il se dirige vers l’entrée par une allée pavée qui contourne le jardin.

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            Une fois franchie la grande porte en fer forgé, il a l’impression de pénétrer dans un hall de cathédrale. Là, un huissier cérémonieux et impassible le contrôle et le dirige. Il se sent tout petit en proportion de la hauteur des plafonds du hall. Un immense et large escalier permet d’accéder aux étages.

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            Au rez-de-chaussée, de chaque côté de l’entrée principale il découvre deux salles totalement symétriques à demi enterrées. Dans l’une d’elles étaient prévus un musée et une bibliothèque qui ne virent jamais le jour. Ces salles servent à organiser des bals, des banquets ou d’autres festivités. Dans ces pièces sont célébrées les victoires du Racing Club de Lens, fêtés les mineurs médaillés le jour de la Saint Barbe, récompensés les retraités par la dotation d’une lampe de mineur, réunis les enfants des corons venus passer le concours des bourses des Mines.  Après la seconde guerre, la ville de Lens n’ayant plus de salle des fêtes municipales, loue à plusieurs reprises ces pièces pour ses propres manifestations.

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            Des bureaux occupent tout le premier étage. Longs, larges et hauts couloirs au parquet lustré, portes et soubassements en chêne sculptés parfaitement cirés, pièces spacieuses éclairées par une suite de vastes fenêtres, plafond à caissons, luminaires originaux de style art-déco.

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            Ce premier étage, où travaillent une centaine d’employés, héberge les ingénieurs du fond et de jour, les dessinateurs, les géomètres des bureaux d’études, soit une bonne centaine de cadres et d’agents de maîtrise.

            Au second se trouve l’immense bureau du directeur digne d’un hall de gare. C’est là que notre visiteur a rendez-vous. Un appariteur l’invite à patienter et lui propose de s’asseoir sur la banquette de velours rouge de la salle d’attente.

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            Quelques minutes plus tard, c’est par une double porte matelassée de cuir cloutée de cuivre qu’il pénètre dans une immense pièce aux magnifiques boiseries de chêne.

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            Notre visiteur aura t-il le loisir d’admirer les caches radiateurs en fer forgé, les armoires en chêne sculptées sur place, les motifs gravés dans les parements de bois comme cette lampe de mineur ?

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            Ces armoires, banquettes, boiseries intégrées dans le décor sont conçues par les ateliers de Louis Majorelle dont la marque figure toujours sur le mobilier.

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            Juste à côté du bureau du directeur se trouve la salle du conseil d’administration. C’est là que les décisions importantes pour le fonctionnement de la compagnie et pour la vie des mineurs se prennent. Un peu plus loin un lieu de détente avec fumoir et bar.

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            Enfin la très grande salle à manger. La table installée dans la longueur permet au directeur d’admirer la peinture de Raymond Tellier qui représente une cokerie en pleine activité. Au plafond, on admire le grand lustre d’un mètre soixante entièrement fait de fils de verre.

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            Tout est grand, tout est impressionnant pour qui pénètre pour la première fois.  »C’est une véritable cathédrale » entend-on. D’ailleurs, les vitraux qui se trouvent sur la façade arrière ne rappellent-ils pas ceux des grandes basiliques du moyen âge ?

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            Peut-on imaginer l’état de stress dans lequel devait se trouver le simple mineur à qui quelques reproches devaient être faits lorsqu’il était convoqué par ‘son ingénieur’ aux Grands Bureaux ? Si la peur l’oblige à se rendre aux toilettes, il pourra néanmoins admirer les murs couverts de mosaïques dans le plus pur style art-déco.

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            De la fenêtre de leurs bureaux, le directeur et ses adjoints peuvent admirer le magnifique parc. Ce jardin ‘à la française’ de plus de trois hectares a été conçu par le paysagiste parisien Achille Duchêne. Ardent défenseur du jardin régulier d’inspiration Renaissance ou Classique, il dessina plus de six mille jardins dans le monde entier.

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             Ils devaient être nombreux les jardiniers pour tailler régulièrement les arbres et arbustes plantés dans ces parterres tracés en forme de carré ou de losange aux allées rectilignes. Pour Duchêne, paysagiste de la haute société, tout le parc ne doit être que nature et forme géométrique : aucune statue, aucune fontaine ne vient l’agrémenter.

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            Cet espace appartient à la compagnie et à elle seule. Notre visiteur n’aura pas le loisir de s’y promener pour se détendre. Afin d’affirmer sa propriété, la Société des Mines de Lens entoure sa propriété de murs de briques de plus de deux mètres, d’une haie de troènes et de grands arbres afin qu’il ne soit pas visible de la route.

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            Au fond du parc, on peut encore voir les marches qui menaient au quai du chemin de fer privé : les directeurs utilisaient le train des mines pour se rendre sur les sites industriels et miniers de la ligne Lens–Violaines. Ce quai fut nommé ‘Quai de l’Impératrice’ en hommage à l’Impératrice Eugénie, épouse de Napoléon III.

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            Aujourd’hui, le parc est géré par la ville de Lens qui en a fait un jardin public séparé du bâtiment par une grille et accessible par une porte ouverte avenue Elie Reumaux. C’est un lieu de promenade et de détente également pour les étudiants de la faculté.

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            Près de la grille d’entrée du parc, la statue du Mineur nous accueille. Elle a été installée là afin que l’on n’oublie pas ceux qui descendaient à leur risque et péril dans les entrailles de la terre. Statue en bronze de Fernec Nagy, elle représente le mineur, torse nu, la lampe à la main, la barrette sur la tête et le pic sur l’épaule, prêt à descendre au fond.

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            Durant la seconde guerre mondiale, les Grands Bureaux sont réquisitionnés par la Kommandantur qui construit des blockhaus près du bâtiment.

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            Les sous-sols sont transformés en cachots et on peut imaginer les atrocités qui ont pu s’y produire lors d’interrogatoires de mineurs résistants, notamment après la grande grève de 1941.

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            Peu avant la Libération, c’est aux Grands Bureaux que se réfugient des soldats allemands poursuivis par des FFI quelques jours avant l’entrée dans la ville des troupes alliées.

            Le 17 mai 1946, le Parlement vote la nationalisation des houillères et crée les ‘Houillères du Bassin du Nord et du Pas-de-Calais’ (HBNPC). Le directeur de la Société des Mines, Maxime Bucher est démis de ses fonctions et envoyé à l’école des Mines à Douai. Victorien Dauguet, communiste et ‘cégétiste’ est nommé Président du Conseil d’Administration des HBNPC. Jean Dumay puis Raymond Chaix seront les premiers directeurs-délégués du groupe de Lens qui deviendra vite groupe de Lens-Liévin et installent leur siège dans les Grands Bureaux.

            Quelle belle victoire pour les nouveaux dirigeants, dont beaucoup sont issus du syndicalisme minier, de se retrouver assis dans les fauteuils de ceux qui les ont opprimé pendant des dizaines d’années. Mais la victoire est éphémère car après les grèves de 1948 qui ont laissé de tristes souvenirs dans les corons, ils sont évincés pour une ‘reprise en main’ des HBNPC par le gouvernement.

            Les Grands Bureaux ne seront donc jamais la propriété des mineurs. Une défiance existe toujours envers ce lieu où il ne fait pas bon être convoqué. Les employés de ce siège sont toujours appelés dans les corons ‘les cols blancs’.

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            Même Cafougnette, le héros du poète mineur Jules Mousseron ira de sa petite moquerie ainsi résumée : Invité par un ami à visiter Paris, celui-ci lui demande de se décoiffer devant la tombe du soldat inconnu car, dit-il, « C’est là que repose un homme mort pour la France ». Plus tard, passant avec cet ami devant les Grands Bureaux de Lens, Cafougnette lui demande de se décoiffer à son tour. Devant la surprise du parisien, il ajoute : « C’est ici que se reposent trois cents personnes mortes de fatigue à force de me pas travailler ! ».

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            Au début des années quatre-vingt dix, Charbonnages de France, propriétaire des lieux, vit ses dernières années. Ses finances ne lui permettent pas de conserver cet énorme édifice et les impôts qui vont avec (sa dette, estimée à deux milliards et demi d’euros sera reprise par l’État en 2007). A Lens, plus aucun mineur ne descend au fond depuis le 31 janvier 1986. Le 21 décembre 1990, à Oignies, une page de l’histoire de la région s’est tournée avec la fermeture définitive du dernier puits des HBNPC.

            La démolition des Grands Bureaux, devenus inutiles, est envisagée par Charbonnages de France mais la municipalité de Lens et son maire, André Delelis veulent conserver ce site pour ce qu’il représente pour la population  minière et pour préserver cette œuvre architecturale.

            Mais que faire de cet immense édifice ? Un des premiers projets est de le transformer en hôpital. Une étude est même réalisée par un médecin parisien mais, devant le montant des travaux, l’idée est vite abandonnée.

            François Mitterrand lors de sa visite à Lens en 1983, annonce la fin de l’exploitation charbonnière mais promet d’apporter l’aide de l’Etat à la reconversion du bassin minier et notamment à la formation des jeunes.

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            André Delelis décide alors de transformer les bâtiments en Université et au début des années 90, l’Université d’Artois rachète l’édifice pour le franc symbolique : les Grands Bureaux deviendront la Faculté Jean Perrin qui abritera le siège du pôle scientifique de l’Université.

            L’Université ouvre ses portes à la rentrée d’octobre 1992.

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            Les travaux n’ont surtout concerné que la partie arrière de l’édifice afin de conserver sur sa façade l’architecture d’origine.

            A l’intérieur, on ressent toujours l’atmosphère qui devait régner dans cet immense château. On admire le savoir-faire des artisans de l’époque.

            Gilles, qui a eu l’occasion de travailler sur le chantier de reconstruction nous dit : « Au rachat des bâtiments par l’Université d’Artois, je me suis occupé de la remise en chauffe de cette édifice : remplacement des chaudières, remise en état des radiateurs en fonte, etc. J’ai découvert un bâtiment rempli de souvenirs : les parquets, les luminaires, les meubles réalisés sur place, miroirs, ou les faux placards ou derrière se cachaient des bureaux secrets, les sous sols. L’architecte responsable de cette rénovation (Mr Kupcik de Lens) a su garder le cachet de cette bâtisse. Ce chantier fait partie de mes meilleurs souvenirs: chaque jour nous découvrions des trésors issus du travail de nos anciens (menuisiers, plâtriers, chauffagistes, plombiers, maçons) et on comprend que les Mines à cette époque avaient de l’argent et les hommes du temps pour réaliser de belles choses« .

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            De nos jours, les anciens grands bureaux font l’objet d’un circuit touristique organisé par l’Office de Tourisme Lens-Liévin. On peut ainsi admirer ce qui reste de ce travail des artistes des années 1920 : les vitraux, le mobilier, les portes en chêne sculptées, les sols de parquets ou de carrelages, les luminaires de style art-déco et même les mosaïques des toilettes…

            Mais beaucoup de ces trésors ont disparu entre la fin des HBNPC et la reprise par la ville : tapisseries, tentures, peintures, mobilier …..

            Les jeunes qui ont la chance aujourd’hui d’étudier dans ce lieu mythique savent-ils qu’ici, au siècle dernier, se décidait le sort et même la vie de milliers de mineurs et de leur famille ?

            Ici, dans les …. Grands Bureaux.

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            A voir aussi sur les Grands Bureaux de Lens la brochure conçue par le Pays d’art et d’histoire de la Communauté d’Agglomération de Lens-Liévin.

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           Certaines photos de cet article m’ont été transmises par M. Bernard Bourdon, un ami rencontré lors d’une visite des Grands Bureaux de Lens il y a quelques années.

 

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1956, les fêtes de la renaissance de Lens

   1956 à Lens : 11 ans après la Libération, les derniers stigmates de la guerre sont effacés. Le maire de Lens, le Docteur Ernest Schaffner décide d’organiser les « fêtes de la Renaissance ». Elles seront jumelées avec le cinquantenaire du Racing Club de Lens et verront les baptêmes des deux géants lensois Taraderuse et Rosalie Tata.

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   Le samedi 3 juin 1956 à midi précise, les commerçants du centre-ville de Lens se retrouvent dans la salle Tabarin de la place Jean Jaurès afin de procéder au baptême de leur géante Rosalie Tata qui est en fait la représentation de Rosalie ABRASSART (1855-1932) qui,  pendant la première guerre, venait chaque jour de Bully-les-Mines pour vendre  ses biscuits sur Lens afin de subvenir aux besoins de sa famille. (Information reçue de M. Alain Oudre, arrière petit-fils de madame Abrassart).

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   Dans la soirée du samedi, les Sapeurs-Pompiers de la ville de Lens, accompagnés de ceux du Groupe Lens-Liévin des mines ouvrent la route à une grande retraite aux flambeaux suivie d’un grand feu d’artifice sur la place du Cantin.

   Le dimanche matin, une course cycliste est organisée. Appelée le « Rallye des Cités », elle parcoure toutes les cités minières avant l’arrivée finale sur la place Jean Jaurès vers 11h00. Juste à temps pour que les coureurs puissent assister au baptême de Taraderuse.

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   Devant la mairie, l’animateur de radio Alex Ponchant anime la première partie du spectacle puis monsieur Ernest Schaffner reçoit officiellement Taraderuse en l’hôtel de ville. Après la cérémonie officielle du baptême, Maurice Carton, président du Supporter Club Lensois remet au géant l’insigne de l’association.

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   A 15h00, alors qu’au stade Bollaert débute un match de barrage de championnat entre les équipes de Lille et de Valenciennes, le grand défilé se met en marche dans les cités minières du 12, du 14 et du 4 avant de se regrouper rue Emile Zola.

   Les trottoirs du centre-ville sont noirs de monde lorsqu’à 16h30 démarre le cortège du carrefour Bollaert précédé d’une caravane publicitaire. Il empruntera les Boulevard Basly et toutes les grandes artères de la ville, passant par les places de la Gare et du Cantin avant de se regrouper sur la place de la République où il se disloquera le cortège vers 19h30.

   En tête du défilé prônent nos deux nouveaux lensois, Taraderuse et Rosalie Tata, accompagnés de leur ami valenciennois Binbin.

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   Dans le cortège défile aussi un autre géant de Lens. Il a été élaboré par les ouvriers des Cableries-Tréfileries Lensoises de la rue de Londres appelés plus communément les Laminoirs. Ce géant appelé d’abord Vulcain recevra rapidement le surnom de « Ch’Guss Tréfil ».

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   Ils sont suivis de nombreux chars tels les Volendammers, un groupe hollandais, les Diables de Renaix, les trappeurs de l’Alaska, la fanfare amoureuse d’Annay, l’union des colombophiles lensois, les accordéonistes des Cols Bleus d’Avion, les Gilles et Gais Lurons Quaregnonais en Belgique, l’Amicale Corporative  ou encore les Amis de la fosse 8.

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   Dans ce défilé, on fête aussi le cinquantenaire du RC Lens avec les chars du ‘Supporter Club Lensois’. Le bureau de l’association et les sections  de quartier ont chacun construit le leur.

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   Le dimanche soir, les jambes commencent à être un peu lourdes mais cela n’empêche pas les lensois d’assister au spectacle de nuit entièrement gratuit offert par le Comité d’Organisation des Fêtes de Lens. Présenté par Alex Ponchant et Jacques Mars de l’Opéra de Paris, on assiste à des numéros de de fantaisistes, d’équilibristes, à des ballets et à la surprenante ‘bombe humaine’ , l’homme obus lancé d’un canon !

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   Le spectacle se termine par un tour de chant de John William et sa célèbre chanson ‘Si toi aussi tu m’abandonnes’.

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   Dans son édition de la semaine suivante, ‘Notre Mine’, le journal des HBNPC félicite  » toutes les sociétés qui ont véritablement fait assaut d’imagination, d’humour et de fantaisie pour lui donner de bout en bout la cocasserie, la truculence allant de paire avec les bons géants Taraderuse, Rosalie Tata et Binbin ». Et d’ajouter : « Il est salutaire de vivre et de se détendre sans contrainte comme le font les enfants : la carnaval et ses traditions en sont un des moyens les plus efficaces ».

   En marge, le Racing Club de Lens a organisé une tombola avec deux voitures comme lots principaux. C’est au stade Bollaert que monsieur Léon Mercier, habitant rue Gambetta reçu les clés de la 403 Peugeot tandis que monsieur Paul Courtecuisse, un retraité de la cité Chouard recevait celles de la 2CV Citroën.

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Et n’oubliez pas d’inscrire dans vos agendas :

Le Carnaval des géants Lensois 2016

Le retour de Taraderuse et Rosalie Tata

Dimanche 11 septembre 2016,
A 11h00, place Jean Jaurès

Baptêmes des géants lensois, Taraderuse et Rosalie Tata

  à partir de 14h00
La parade des géants dans les rues de Lens

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A Lens, il y a 100 ans

   Il y a cent ans exactement, les lensois n’avaient certainement pas très envie de fêter la nouvelle année. Les bombardements incessants, les brimades des troupes allemandes, les difficultés de ravitaillement, les morts par dizaines ajoutés au temps glacial de ces premiers jours de janvier les obligeaient à vivre dans la peur, la faim et le froid.

   Alors, pour ne pas oublier ce qu’on vécu les lensois du début du 20ème siècle, voici une série de photographies de Lens aux alentours du 1er janvier 1916, il y a 100 ans …..

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Des troupes entières de prisonniers français sont emmenés vers l’arrière

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Le canal de Lens et les débris de péniches

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Les tranchées devant la fosse 11

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Les allemands installent une ‘grosse Bertha’ dans une usine

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Les habitations subissent les bombardements

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La rue de Lille

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La gare est inutilisable

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Des soldats allemands font constater les dégâts occasionnés par les bombardements français

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Les fanfares allemandes pavoisent dans les rues de Lens

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L’église Saint Léger

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Des soldats allemands dans les ruines d’une fosse

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L’église Saint Pierre de la cité 11

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Les carreaux de fosses sont abandonnés

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Ils seront finalement entièrement détruits

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La mairie en construction au début du conflit

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La rue Victor Hugo

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Des prisonniers français travaillent au déblaiement sous les ordres allemands

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Finalens

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   En 1930, la société des mines de Lens crée une filiale, la Société Financière de Lens (FINALENS) au capital de 40 millions de francs dont le but est de gérer financièrement tout ce qui n’est pas lié directement au charbon. Selon Ernest Cuvelette, le directeur de la compagnie lensoise, ‘’Il lui est dévolue la tâche de donner aux installations industrielles (produits chimiques, etc.) dont les bases ont été jetées par Lens tous l’essor désirable. C’est une entreprise considérable, digne au demeurant du passé et des traditions de cette grande compagnie’’.

   La compagnie minière émet des titres dont elle offre une partie à ses actionnaires à raison d’une action Finalens d’une valeur de 500 francs à tout possesseur de 25 actions de la société minière. Dès 1932, le capital de Finalens est porté à 100 millions de francs.

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   Dès 1930,  sur un terrain appartenant aux mines de Lens sur la commune de Douvrin débute la construction d’une ‘usine Claude’ appelée ainsi puisque basée sur les procédés du chimiste et inventeur industriel Georges Claude (1870-1960 ; créateur de Air Liquide, inventeur de tubes au néon, il est aussi à l’origine de la création de la société Grande Paroisse). Les travaux sont confiés au Génie Civil de Lens.

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   L’accès se fait par la route de Lens, après la traversée de la cité Victor Dejong : quelques maisons réservées au personnel identiques aux corons des cités minières. Victor Dejong était un résistant, employé à Finalens, qui fut  fusillé le 27 Mars 1943 à la Citadelle d’Arras.

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   La première spécialité de l’usine de Douvrin est la fabrication d’engrais ammoniaqués. Elle est alors la plus importante de France dans ce domaine et produit 80 tonnes par jour. Après des débuts difficiles sur le plan financier (en partie dus à la crise de 1929), la société Finalens réalise un bénéfice de 5,5 millions de Francs en 1935 et jusque 7 millions de 1937 à 1940.

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   En 1932, les ouvriers de l’usine voient passer de nombreux avions au dessus de leur tête. Il s’agit d’exercices de protection du site en cas d’attaque aérienne. Ces manœuvres sont organisées par un militaire célèbre … le maréchal Pétain !

   En 1946, l’usine de Douvrin entre dans le giron des Charbonnages de France après la nationalisation des compagnies minières. Mais la société financière de Lens continue d’exister et reste propriétaire des terrains.

   En 1959 est créé un atelier de fabrication d’acide sulfurique. L’usine, précurseur dans la fabrication des engrais azotés liquides, produit également de l’ammoniac et des engrais azotés solides (sulfate, nitrate et urée) jusqu’en 1965.

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   En 1967, le groupe CDF-Chimie (Société Chimique des charbonnages de France) est créé et rassemble, au niveau national, toutes les activités chimiques liées au charbon dans les bassins miniers. Il englobe alors l’usine de Douvrin que tout le monde continue d’appeler Finalens.

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   En 1969 est construite une unité d’acide phosphorique d’une capacité de 200 tonnes par jour ; une parcelle de 20ha est consacrée à l’épandage du phosphogypse sous le nom de champ de gypse, l’acide sulfurique résiduaire y étant aussi rejeté, de même que du fluorure de calcium sous forme de boues.

   L’usine de  Douvrin d’une superficie de 33 hectares est découpée alors en différentes zones :

- la première zone dans laquelle il y a encore des bâtiments, aujourd’hui cédés à d’autres entreprises avec des activités légères

- la deuxième zone, la plus grande, sur laquelle il y avait une bonne partie des activités des ateliers de production d’ammoniac

- une zone intermédiaire où il y avait des ateliers de production de sulfate et de nitrate,

- la zone des lagunes, sur laquelle il y avait les terres bleues,

- l’ensemble de la zone des dépôts de gypse (cela provenait de l’atelier d’acide phosphorique).

- le quai de déchargement de 220 mètres de longueur sur le canal d’Aire à la Bassée

   Le 30 juin 1970, la Société Immobilière Argenteuil le Parc (filiale du Groupe Industriel Marcel Dassault) rachète la société Finalens et l’usine de Douvrin est alors dirigée par Grande Paroisse en vertu d’un contrat de location-gérance.

   La baise de la production de houille et l’arrivée d’installations plus grandes donc plus rentables condamnent les usines comme celle de Douvrin qui arrête sa production en 1982. Les installations sont démontées, il ne reste sur place qu’un hangar, le portail d’entrée, deux bâtiments et la bascule.

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   L’entreprise Grande Paroisse, filiale d’Elf-Atochem, propriétaire de la friche de Douvrin suite à des restructurations dans la chimie française au cours des années 1980 a dû procéder à la dépollution complète des terrains selon un arrêté préfectoral du 17/10/1995 prescrivant la remise en état du site. Rétia, filiale de Total, a en charge la dépollution avant de revendre le terrain à un autre industriel.

   Actuellement, le site est divisé arbitrairement en deux zones : une zone dite cessible sur laquelle Grande Paroisse a un projet de valorisation du terrain et une zone dite non cessible sur lequel se trouve l’ancien dépôt des phosphogypses. Pollué chimiquement, le site produit en plus de la radioactivité. Les taux relevés ne sont certes pas très élevés mais l’autorité de sûreté nucléaire les fait surveiller.

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   La reconversion du site ‘ex-Finalens’ n’est pas aisée. Seules deux entreprises y sont jusqu’alors installées.

-       Campo-Club, uns société de loisirs sportifs sur le site de l’ancienne cantine du personnel elle-même transformée en terrains de badminton et  clubhouse

-       La société NIBS France spécialisée dans la fabrication de pièces techniques à base de matières plastiques

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   Un projet de zone artisanale est envisagé sur une partie du site, une trentaine d’hectares pourraient y être consacrée, l’autre partie toujours pas dépolluée serait transformée en un espace paysagé.

Remerciements à la ville de Douvrin, à l’association APPHIM et à mon frère Bernard, ancien salarié de Finalens.

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1918-1928 : la reconstruction des mines de Lens

   L’occupation par les allemands du nord de la France a privé le pays de la moitié de sa production charbonnière. Les compagnies des régions occupées depuis le début du mois d’octobre 1918 voient aussitôt l’exploitation arrêtée.

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   Dès les premiers jours d’occupation, l’ennemi entreprend de détruire les moyens d’extraction sous des prétextes d’ordre militaire. L’armée s’empare des matériaux et des machines et incendie les installations au sol. Dès le début de 1915, les troupes françaises et anglaises tentent de déloger les allemands de Lens, leurs obus abiment sérieusement les puits.

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   En septembre 1915, les troupes alliées reprennent Loos et libère la fosse 15 des mines de Lens. Devant la menace de devoir se retirer plus, les allemands décident d’anéantir totalement les moyens de production. En octobre et novembre 1915, ils dynamitent tous les cuvelages des fosses de Lens et de Liévin. Les explosions se situant au niveau dans la partie calcaire au dessus des veines de houille, ont pour conséquence d’inonder totalement les galeries.

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   C’est vers la fin de l’occupation que les destructions sont les plus importantes.  Après avoir jeté dans le puits tout ce qu’ils ne pouvaient emporter, les soldats allemands déposent méthodiquement dans toutes les fosses des charges d’explosifs détruisant ainsi toutes les machines, les chaudières, les chevalets.

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   Dès l’été 1917, les compagnies du Nord et du Pas-de-Calais se regroupent pour étudier les mesures à prendre pour la reconstruction. La direction de ce groupement est confiée à Ernest Cuvelette, le directeur des mines de Lens. Avant même la fin du conflit, des pompes de dénoyage et des treuils électriques ont été commandés par Elie Reumaux, en exil en Belgique.

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   A la libération, on constate que tous les puits des mines de Lens et de Liévin sont totalement inondés et les installations de surface irrécupérables. Vient alors le temps de la reconstruction. Elle s’effectue avec une rapidité surprenante, au vu de l’ampleur des destructions.

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   Les compagnies de Lens et de Liévin entreprennent la construction de centrales de production électrique. Dans un premier temps, les deux compagnies se fournissent en électricité auprès de la centrale de Béthune où des groupes supplémentaires ont été mis en place et par la construction d’une centrale à Dourges avant de pouvoir réutiliser la centrale de Vendin-le-Viel.

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   L’année 1919 est consacrée au déblaiement des ruines, à la reconstruction du réseau ferroviaire, au dégagement des routes et à l’aménagement d’abris et de logements provisoires pour les ouvriers employés à la reconstruction.

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   Débute ensuite le dénoyage. Les compagnies ont créé la Société Civile de Dénoyage des Houillères du Pas-de-Calais. On estime à 100 millions de mètres cube le volume d’eau à enlever : des rivières sont élargies, des aqueducs provisoires sont montés.

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   Les cuvelages percés ne permettent pas de se contenter d’aspirer l’eau des galeries, elles se rempliraient aussitôt. Il est donc entrepris de forer autour du cuvelage des sondages verticaux et d’y faire couler du ciment très liquide. En durcissant, ce ciment entourera ainsi le cuvelage d’une gaine protectrice. Dans certains puits, ce ne sont pas moins de 1000 tonnes de ciment qui sont coulées.

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   Dans les galeries, des fissures permettent à l’eau de se déverser d’un puits à l’autre ne dépendant pas toujours de la même compagnie. Alors, les compagnies de Lens et de Liévin entreprennent de commencer le dénoyage simultanément. Pour cela 19 pompes sont utilisées, montées sur des chevalets en bois. Ces opérations débutent en novembre 1920.

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    Ces chevalets de bois permettront dès la fin du dénoyage de reprendre l’extraction avant la construction des chevalets définitifs.

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   Au printemps 1921, les travaux de dénoyage sont terminés et l’exploitation peut reprendre dans les galeries supérieures des puits.

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   Dès la libération, la société des mines de Lens entreprend la reconstruction des maisons dans les cités. Pour cela, elle ouvre sa propre briqueterie. Fin 1920, 1200 maisons sont sorties de terre et en 1925, 12 000 logements, les écoles, les églises, les dispensaires sont reconstruits.

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   Ernest Cuvelette a profité de ces circonstances pour moderniser l’appareil productif. Les  puits sont maintenant équipés d’un grand chevalement métallique particulier aux mines du Pas-de-Calais ou d’un autre type plus modeste construit dans un matériau d’avenir, le béton armé. La grande cheminée qui caractérisait les fosses du 19ème  siècle a disparu puisque  la machine d’extraction  ne fonctionne plus à la vapeur mais à l’électricité.

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   En 1925, bien que les dirigeants des compagnies prétendent que la loi adoptée le 23 avril 1919 concernant la journée de 8 heures et de la semaine de 48 heures ait considérablement fait baisser la production individuelle, le bassin minier a retrouvé son niveau de 1913. En 1928, la société des mines de Lens est la troisième capitalisation française derrière la Banque de France et Saint-Gobain. L’action qui valait 420 francs en 1913 et qui était tombée à 110 francs en 1915 en vaut 532 cette année là.

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11 siècles dans les mines de Lens !

D’après un article de Théo Carlier pour la revue Détective (10 novembre 1952)

   En 1952, Gustave Montaigne a 72 ans et vit à Haisnes avec son épouse Elisa. Après 52 ans passés à la mine, il coule une retraite paisible dans un coron de la fosse 6 des mines de Lens mais, toujours passionné par ce qui fut son métier, se rend encore parfois sur ses anciens lieux de travail.

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   Fils de mineur, petit-fils et arrière petit fils de mineurs, gendre de mineur, pères de mineurs : pendant 100 ans, une dizaine de membres de sa famille a travaillé à la mine. En totalisant le nombre d’années de chacun, on arrive au chiffre de 1075 ans !!

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   Le premier mineur de la famille est … lillois, le père Toursel. Forgeron de métier, il battait le fer dans une fabrique de toiles de la banlieue lilloise, c’est ce qu’on appelait à l’époque un ‘daubeur’.

   Sans emploie en 1852, il apprend qu’on cherche du personnel dans les mines et rejoint la compagnie lensoise. Surnommé ‘Toursel le daubeur’, il trouve un emploi de forgeron aux ateliers, près de la fosse 1. Il fabrique et répare les pics des mineurs.

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   Sa fille Henriette épouse un mineur de la fosse 1, Louis Montaigne. Ancien tourneur sur bois, il a remplacé les gouges par le pic de mineur.

   Louis Montaigne, premier du nom et Henriette eurent 5 enfants :

-           Louis fils embauché comme galibot en 1869 à la fosse 2 du Grand-Condé (il finira sa carrière comme porion à la fosse 11 en 1910).

-          Eugène, 40 ans au fond de la mine.

-          Henri, mineur pendant 42 ans

-          Emile qui, après 26 ans au fond démissionna pour s’engager dans la compagnie des sapeurs-pompiers de Lens

-          Maria, la dernière qui épousa Emile Baroux, mineur pendant 25 ans.

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   Louis, second du nom eut à son tour 3 enfants : Gustave donc né le 29 février 1880 ; Hélène, dont le mari, Marc Péronnet, ancien galibot également, a pris sa retraite comme ingénieur divisionnaire après 48 ans de service et Louis (3ème du nom), embauché comme galibot en 1893 et qui terminera ingénieur au service des plans en 1945.

   L’épouse du troisième Louis, Augustine Selliez, descend également d’une lignée de mineurs dont le grand-père, Charles-Henri travailla plus de 40 ans au fond de la mine de Douchy, près de Denain.

   En 1893, la famille de Gustave Montaigne habitait Vendin-le-Vieil. Gustave est embauché comme galibot à la fosse 7 située à Wingles. Tous les matins, après s’être levé à 4h30, il rejoint à pied le carreau où il prépare sa lampe et celle de son porion car Gustave est ‘galibot de porion’, une sorte de secrétaire de l’agent de maîtrise. A 6h00, ils descendent ensemble au fond. Là, le rôle de Gustave est de suivre pas à pas son chef et de noter sur un carnet toutes les observations du chef. A 14h00, c’est l’heure de la remonte mais Gustave ne quitte pas le carreau pour autant car il doit encore recopier sur un cahier propre tous ses écrits du fond.

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   A 14 ans et demi, Gustave ‘prend du galon’, il n’est plus galibot, trop vieux pour ça ! Il passe au chargement et roulage des berlines de charbon. Deux ans plus tard, il est bowetteur (mineur affecté au creusement d »une galerie) mais doit quitter Wingles pour travailler à la fosse 11 située à la limite entre Loos-en-Gohelle et Lens.

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   Suivant parallèlement des cours du soir, le gamin, repéré par ses chefs, est inscrit au concours d’entrée à l’école des mines de Douai. Il termine premier sur 80 candidats. A 21 ans, il sort second de l’école et comme il est passionné par le dessin, il veut être géomètre. Mais deux nouvelles années au fond sont d’abord nécessaires et ce n’est qu’à 25 ans qu’il rejoint le service des plans aux grands bureaux des Mines, rue Bollaert.

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   Détaché un moment à la Faculté de Lille pour y établir des relevés topographiques du bassin houiller, il gravit tous les échelons pour terminer sa carrière à 64 ans comme ingénieur en chef du service des plans des mines de Lens.

   Gustave Montaigne a eu deux fils : Léandre, comptable mais aux mines de Lens, bien sur et Marc qui est devenu chimiste dans une société privée travaillant pour … les mines de Lens.

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   La passion de Marc est la sculpture. Une de ses œuvres est bien connue des habituées de l’église Saint Wulgan de la cité du Grand-Condé à Lens. C’est en effet lui qui sculpta et offrit en 1935 la statue de Notre dame des Mines.

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    L’œuvre de Marc Montaigne est la reproduction à l’identique de la statue de Notre-Dame des Mines située sur le toit de la chapelle de l’ermitage Saint-Julien-des-Causses, près d’Alès.

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   Sur le socle de la statue de Marc Montaigne sont gravées des scènes de la mine à différentes époques. La statue de Notre Dame des Mines est toujours visible dans l’église de la cité 2 où elle pose auprès de Saint Wulgan.

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Mardi 1er mai 1906 à Lens

Aujourd’hui, il n’y a pas de défilé pour la fête du travail, tout est calme en ville et dans les corons. ″Lens est devenue la ville la plus sage de France″ dira un journaliste parisien. Il faut dire que les militaires sont partout comme en ville et dans les corons.

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Depuis le 10 mars et la catastrophe qui s’est produit dans les galeries de la Compagnie des Mines de Courrières, les mineurs sont en grève.

De nombreux troubles ont eu lieu ces jours derniers. On a frôlé l’insurrection lorsque les extrémistes menés par Benoit Broutchoux ont manifesté violemment en ville. Un militaire, le lieutenant Lacour a même été tué par une pierre lancé par un manifestant.

1mai 02

Georges Clemenceau, le ministre de l’intérieur, a interdit toute manifestation pour le 1er mai Le préfet Dureault était à Lens hier où il a réglé avec le général Chamer, commandant des troupes, les derniers points concernant la journée du premier mai : aucun rassemblement, aucune manifestation, aucun cortège ne seront tolérés.

Mais le Jeune Syndicat de Broutchoux maintient son défilé.

1mai 03

Ils ne seront que quelques dizaines à se rassembler devant la maison du Peuple, rue de Paris mais vite dispersés par la troupe. Emile Basly, qui est à la fois le maire de Lens et le représentant du Vieux Syndicat plus modéré,  a appelé au calme et damandé aux mineurs de rester chez eux.

La foire de Liévin, prévue aujourd’hui, a aussi été annulée.

La grève s’essouffle depuis quelques jours. Les mineurs sont fatigués et leurs enfants ont faim. Les négociations sont toujours en cours mais dix-sept mille mineurs sont retournés au travail ce matin car le 1er mai n’est pas encore un jour férié, il ne le sera qu’en 1947. Lorsque les mineurs remontent du fond et sont raccompagnés chez eux par la troupe, quelques grévistes les attendent pour les huer mais il n’y a plus d’incident.

1mai 04

Le bruit coure que Basly aurait demandé publiquement la reprise aux conditions exigées par les compagnies. Pourtant, les revendications du début de la grève sont loin d’être satisfaites. En outre, Elie Reumaux, le directeur de la Société des Mines de Lens affirme qu’il sera procédé à des licenciements pour les responsables des grèves.

Dans une salle de la cité de la fosse 12, Casimir Beugnet fait le point devant cinq cents mineurs. Malgré les dernières déclarations de la direction, les ouvriers crient :  »Nous voulons travailler, assez de grève ! ». Pour la première fois, une assemblée décide de la reprise du travail à Lens. Elle sera suivie de beaucoup d’autres.

Un Premier Mai pas comme les autres à Lens ……………

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Les mines de Lens avant et après la première guerre

   Comme chacun sait, les puits de la société des mines de Lens furent totalement détruits lors de la première guerre mondiale. D’abord inondés par les Allemands dès leur arrivée en octobre 1914, ils durent subir les tirs d’obus et les premiers bombardements alliés par la suite. Avant leur retraite en 1917, les troupes allemandes entreprirent de n’en faire que des carcasses d’acier et de pierres.

   L’occasion aujourd’hui de revenir sur ce que furent les ‘fosses’ des mines de Lens avant et après la  Grande Guerre.

   L’exploitation de la fosse no 1 débuta en 1853, un an après la constitution de la société. Elle se trouvait alors à l’extérieur de la ville, dans le quartier Saint Laurent le long du Grand Chemin de Béthune à Lens. N’étant plus en service que pour les besoins du personnel et de l’aérage, elle a été fermée en 1971.

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   La fosse no 2 fut ouverte en 1858. Appelée aussi ‘le Grand Condé’, c’est le puits qui se trouvait le plus proche du centre ville. C’est pourquoi les habitants des corons qui l’entouraient furent surnommés par les autres mineurs ‘les fiers-culs’ ou ‘les bas de soie’. Le chevalet de la fosse 2 a été abattu en 1976.

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2 ap 2    La fosse 2 bis est plus récente puisqu’elle n’a été mis en service qu’en 1904. Elle disparut également du paysage lensois en 1976. Il y eut également une fosse 2ter sur le territoire de Loison-sous-Lens qui cessa d’être exploité en 1967.

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2bis ap   La fosse 3 des mines de Lens faillit se trouver à Eleu-dit-Lauwette. Son forage fut rapidement arrêté à la profondeur de 21 mètres suite à la découverte de vestiges archéologiques. Il ne fut jamais repris et à son emplacement a été construit après la première guerre le Centre de Secours des Mines.

   C’est donc au nord de Liévin en direction de Loos-en-Gohelle que l’on creusa la fosse 3 ‘Amé Tilloy‘ en 1860. Une vingtaine d’année plus tard lui fut adjointe la fosse 3bis dont le chevalet est toujours visible aujourd’hui. La fosse 3 restera à jamais le site de la dernière grande catastrophe minière de l’histoire du bassin du Nord-Pas-de-Calais le 27 décembre 1974.

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3 ap    La fosse  4 des mines de Lens a été creusée à partir de 1864 au sud de Lens en direction d’Arras. Elle portait comme particularité par rapport aux constructions antérieures d’avoir son système de descente enfermé dans un bâtiment. C’est dans ce puits que le 31 janvier 1986 des mineurs remontèrent pour la dernière fois sur le territoire de la ville de Lens.

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4 ap    La fosse 5 était sur la commune d’Avion. On pouvait voir dès 1876 son important bâtiment jugé à la pointe de la modernité à l’époque par Elie Reumaux. En 1898, la fosse 5 bis était ouverte à quelques mètres de là et servit toujours de fosse de service jusqu’en 1986. C’est en partie sur les friches ‘du 5’ que fut installé le parc de la Glissoire.

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5 ap   La fosse 6, située à Haisnes possédait la particularité d’être la seule à ne pas avoir été percée par la société des mines de Lens. Lors du début de son exploitation, en 1869, elle était l’unique fosse de la compagnie des mines de Douvrin rachetée en 1873 par celle de Lens.

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6 ap    Les fosses 7 et 7bis étaient jumelées comme des siamoises. Conçues en 1879 à Wingles, elles commencèrent à être exploitées 3 ans plus tard et ce jusqu’en 1960. Les deux beaux chevalets sont détruits en 1977.

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7 ap   Les fosses 8 et 8bis virent le jour en 1879 à Vendin-le-Vieil. Munies d’un seul chevalet avant la première guerre, elles eurent droit à deux différents lors de la reconstruction. Comme pour la fosse 3 à Liévin, l’un des chevalets était en acier, l’autre en béton pour l’aérage.  Dès 1958, on ne remontait plus de charbon de la fosse 8 dont les installations disparurent en 1974.

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8 ap     La fosse 9, bien que née en 1886 et détruite en 1983, est certainement aujourd’hui la plus célèbre sur le territoire de la ville de Lens. C’est en effet sur son carreau que l’on trouve aujourd’hui le Louvre-Lens.

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9 ap   Retour à Vendin-le-Vieil pour trouver la fosse 10. Cependant, il fallait avoir le nez fin pour la remarquer. En effet, elle se trouvait parmi les installations de la centrale électrique des mines de Lens. Elle fut la première à cesser son activité dès 1946 mais continua à servir de puits d’aérage jusqu’en 1958. Elle disparut lors de la destruction totale des installations de la centrale vers 1980.

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   La fosse 11 : son accès était sur Lens mais son carreau sur Loos-en-Gohelle. Exploitée dès 1894, elle eut l’honneur de recevoir la visite du président de la République Félix Faure en 1898 dont la descente dans les galeries fut largement rapportée par la presse de l’époque. Accompagnée du puits 19 depuis 1955, le carreau de la fosse 11, bien que fermé en 1986, est aujourd’hui l’une des vitrines du Bassin minier Nord-Pas de Calais inscrit depuis juin 2012 sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO.

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11 ap   Autre puits particulier : celui de la fosse 11bis. Creusé en 1907 à Liévin, il n’a jamais remonté une seule gaillette de charbon ! En effet, il a toujours servi pour l’aérage pour les fosses 11 (située à 875 mètres) et 3 (éloignée de plus de 1300 mètres).

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11 bis ap   La fosse 12 est aussi particulière : alors que le puits et les installations se trouvent sur le territoire de Loos-en-Gohelle, la cité minière qui en dépend avec ses corons, ses écoles, son église, son dispensaire sont dans le périmètre lensois. Exploitée à partir de 1er janvier 1894, son puits est remblayé en 1980 et le chevalet abattu un an plus tard.

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12 ap    Le chevalet de la fosse 12bis était visible depuis le porche de l’église Saint Edouard. Situé route de Béthune, près du centre de formation des mines de Lens, il fut percé vers 1905 pour servir d’aérage à al fosse 12 jusqu’en 1976. Les installations furent détruites en 1984 pour laisser place à une zone industrielle.

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12bis ap   Le forage de la fosse 13 a débuté en 1906 à Hulluch. Elle porte le nom d’Elie Reumaux ancien agent général puis président du conseil d’administration de la compagnie minière lensoise. Devenue un puits de service pour la fosse 18, elle ferma en même temps que celle-ci en 1976 et le chevalet fut détruit en 1983.

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13 ap   Les installations de la fosse 13bis sont toujours visibles à Bénifontaine au chemin du Pont d’Avison. Elles ont été inscrites aux monuments historiques le 23 octobre 2009. Comme le 11bis, le 13bis n’a toujours servi qu’à l’aérage ; d’abord pour la fosse 13 puis pour la fosse 18 jusqu’en 1958. (Aucune photo de la fosse 13 bis en activité).

13bis   La fosse 14 est située sur la route de La Bassée au nord-ouest de Lens. Creusée à partir de 1906, la fosse 14 remonta ses premières gaillettes un an plus tard. Dès 1938, elle cessait d’être exploitée pour n’être utilisée qu’au service du personnel et ce, jusqu’ en 1967. C’est avec tristesse que d’anciens mineurs de la cité regardèrent le dynamitage du puits en 1974.

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14 ap   Le 14bis est aussi à Loos-en-Gohelle, visible de la route de La Bassée. Son forage débuta également en 1906 car elle servait à l’aérage de la fosse 14 jusqu’en 1962. A part son chevalet détruit comme la plupart, les installations sont toujours visibles aujourd’hui.

14bis av

14bis ap   Les fosses 15 et 15bis de Loos-en-Gohelle sont entrées dans l’histoire de la première guerre mondiale en mai 1915. Une invasion anglaise avait permis de reprendre le secteur dit ‘côte 70’ aux allemands mais l’avance fut repoussée quelques jours plus tard. Les anglais surnommaient la structure «Tower Bridge» en raison de sa ressemblance avec le célèbre pont de Londres. Ses deux chevalements jumeaux, hauts de 75 mètres, sont uniques dans le bassin minier. Le puits 15 est remblayé en 1962 mais le 15bis continua d’assurer l’entrée d’air pour le 12 puis pour le 19 jusqu’en 1972. Les installations furent détruites en 1976.

15 av

15 ap   La fosse 16, aussi sur Loos-en-Gohelle, n’était exploitée que depuis  2 ans lorsque la première guerre mondiale éclata. On lui donna le nom d’Albert Motte, l’un des présidents du conseil d’administration de la compagnie. Mise en servie en 1912, la fosse 16 cessa son activité en 1958. Le puits fut remblayé en 1961.

16 av

16 ap    Les deux autres fosses lensoises ont été construites par les HBNPC après la nationalisation de 1946.

   La fosse 18 – 18bis fut un grand siège de concentration dès son ouverture en 1954 à Hulluch. Elle était composée de deux puits dont, cas particulier dans la région, les molettes se trouvaient sur le même chevalet. La fosse no 18 – 18bis cessa d’extraire en 1976 et ses puits furent remblayés en 1978. Quelques bâtiments, le château d’eau et une reproduction du chevalet sont encore visibles aujourd’hui.

18 ap   Enfin, la fosse 19, siège de concentration, fut construite en 1954 et commenca à extraire en 1960. Elle ne possédait pas de chevalet mais une tour en béton haute de 66 mètres. Elle fut la dernière des mines de Lens à fermer le 31 janvier 1986. Le lavoir et le triage ont été détruits mais la majorité des installations furent conservée et rénovée pour en faire aujourd’hui l’un des sites majeurs du bassin minier.

19 ap   Il semble que la fosse 17 des mines de Lens n’ait jamais existé. Est-ce que, parmi les abonnées à ce blog, quelqu’un pourrait nous en donner l’explication ?

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