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LENS TOI, le guide des étudiants de l’IUT de Lens

   A partir de ce week-end, vous rencontrerez dans les rues de Lens les étudiants de l’IUT. Ils vous proposeront pour la modique somme de 2 Euros, le guide 2016 de l’Artois.

   Les bénéfices de cette vente serviront à financer leurs projets universitaires.

   Merci de leur réserver le meilleurs accueil.

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Les Grands Bureaux des Mines de Lens

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           Le 11 février 1852, la Société des Mines de Lens est créée. Bien que son premier puits ne produise pas encore (les premières remontées de houille auront lieu en décembre 1853 à la fosse Sainte Elisabeth), les résultats des sondages sont encourageants et laissent envisager une rapide prospérité.

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            Pour héberger sa direction et ses services administratifs, la compagnie minière achète un relais de poste situé à l’emplacement actuel du square Chochoy au carrefour Bollaert.

            A la fin du siècle, la Société est l’une des plus riches entreprises de France. Elle possède maintenant de nombreux terrains autour de la fosse 1 dans ce qu’on appelait auparavant le bois de Lens. Edouard Bollaert est alors désigné agent général de la compagnie.

            L’ancien relais de poste devient rapidement trop exigu. Un nouvel édifice est construit dans le faubourg Saint Laurent entre la Route de La Bassée et le Grand Chemin d’Arras à Lille pour installer les bureaux centraux. L’édifice, couvert de briques rouges, est d’un seul niveau au toit mansardé, d’une architecture symétrique par rapport au grand porche d’entrée. Derrière le bâtiment se trouve une petite cour.

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            Afin d’y loger son agent général, la compagnie fait l’acquisition d’une maison voisine de ses locaux près de  laquelle passent chaque jour les ouvriers qui travaillent dans les ateliers situés derrière ces immeubles (où se trouve aujourd’hui la Chambre de Commerce).

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            En 1906, alors que près de là onze cents mineurs meurent dans des conditions affreuses dans les mines de la compagnie de Courrières, la Société des Mines de Lens qui a acheté celle de Douvrin, continue de se développer et d’enrichir ses actionnaires. Elle a maintenant créé son réseau de chemin de fer, possède son propre quai de chargement sur le canal de la Deule à Vendin-le-Vieil, quelques usines, exploite alors quinze puits et gère plus de huit mille employés et ouvriers.

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            Elle a besoin de plus d’espace pour ses locaux de direction et ses services administratifs. Les Grands Bureaux sont donc agrandis dès 1907. Le corps du bâtiment initial, dont le porche d’entrée est élargi, est conservé. L’ardoise a remplacé la tuile sur la toiture.  Il est ajouté deux étages au bâtiment initial afin que l’architecture soit identique aux deux nouvelles structures construites sur sa droite, à l’emplacement du logement de l’Agent Général qui est à ce moment Elie Reumaux. Les nouvelles constructions, devant lesquelles a été posée une grille, sont légèrement en retrait des anciennes. Les motifs et les tours de fenêtres sont peints en blanc afin de donner plus de relief à l’immeuble.

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            La construction est imposante. La compagnie minière veut démontrer sa présence et sa puissance au moment où elle doit lutter sur le plan social avec des élus socialistes lensois comme Emile Basly, le maire, également syndicaliste et ancien mineur de fond.

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            Lors de la première guerre mondiale, la ville de Lens, occupée par les troupes allemandes dès octobre 1914, est l’objet de nombreux bombardements de la part des alliés. En janvier 1916, un obus tombe dans la salle des archives met le feu à l’édifice qui est totalement détruit.

            Léon Tacquet dans son journal ‘Dans la fournaise de Lens’ (édité dans le dossier de Gauheria n°7)  écrit à la date du 6 janvier 1916 : « Ce sont les Grands Bureaux qui ont brûlé totalement. Il n’en existe plus que quelques murs branlants ! C’est encore une épouvantable catastrophe pour la compagnie ».

            Des majestueux Grands Bureaux, il ne reste que des ruines lorsque la ville est libérée le 4 octobre 1918.

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            A la fin de la guerre, Ernest Cuvelette qui a remplacé Elie Reumaux, s’attache à reconstruire les mines de Lens. Dans un premier temps, les services administratifs, la direction et les ateliers sont installés dans des baraquements en bois qui avaient servi de quartier général aux troupes alliées après la libération de la ville.

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            Mais ils deviennent vite trop exigus face à la rapidité de la reconstruction : les dirigeants et les services administratifs sont délocalisés à Meurchin dans les locaux qui furent ceux de la compagnie rachetée par celle de Lens.

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            Pour Ernest Cuvelette et ses administrateurs, il faut rebâtir des bureaux de direction à Lens : l’ouverture de cet édifice marquera la fin de la reconstruction des Mines de Lens. Le quartier Sainte Elisabeth est redessiné. Une rue est percée pour rejoindre l’angle des routes de Béthune et de La Bassée à l’avenue du Quatre-Septembre, elle portera le nom d’avenue Elie Reumaux.

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            Les voies ferrées sont rétablies et des ponts remplacent les passages à niveau. Les ateliers et un dépôt de locomotives sont reconstruits de l’autre côté de la rue Bollaert, derrière la nouvelle gare Sainte Elisabeth. A l’emplacement des anciens bureaux centraux sont édifiées des habitations pour les directeurs et ingénieurs dans un secteur que les mineurs nommeront « la vallée des rois ».

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            Pour les nouveaux Grands Bureaux, Cuvelette choisit un emplacement particulier : la butte de la côte Saint Laurent.  De tous les endroits de Lens, on voit les Grands Bureaux; c’est toujours l’idée de démontrer la puissance de la compagnie minière et son influence sur la ville qui motive cet emplacement.

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            Le chantier commence en juillet 1928. C’est l’Entreprise de Génie Civil et Travaux Publics de Lens qui en est chargée. L’architecte Lillois Louis-Marie Cordonnier (à qui on doit aussi, entre autre, la reconstruction des églises  Saint Edouard (cité 12) et Sainte Barbe (cité 4) a établi les plans. Il est secondé par son fils Louis-Stanislas qui est certainement plutôt chargé de l’aménagement intérieur du bâtiment.

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            Les travaux nécessitent jusqu’à deux cents ouvriers qui se relayent d’août à décembre 1928. Le bâtiment est édifié bloc par bloc à la main par des hommes montés sur d’énormes échafaudages car aucune grue n’est utilisée.

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            Dès le mois de septembre 1929, les premiers services intègrent les Grands Bureaux mais les travaux ne sont totalement terminés qu’en 1930. La crise de 1929 étant passé par là, les finances de la compagnie des mines de Lens ne permettent pas d’organiser une inauguration officielle.

            L’architecture de ce bâtiment de 8700 mètres carrés est très originale. La façade de près de 82 mètres est tout à fait représentative du style local de l’époque : ses trois pignons s’élèvent à 35 mètres. Les murs, qui ont nécessité 23 cubes de béton sont recouverts de briques de parement fabriqués à la briqueterie de la compagnie à Douvrin.  De style régionaliste, on peut voir des détails de type art-déco comme les petites lucarnes de la toiture, les campaniles, les fenêtres ‘windows’ ou les formes géométriques dans un bâtiment aux lignes très flamandes.

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            Les constructions en forme de rectangle entourent deux cours fermées.

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            L’administration centrale, des salles de réception, la comptabilité, les bureaux des ingénieurs du fond et du jour, les services de paye, les géomètres et une imprimerie sont installés dans ce véritable château.

            Face au carrefour des routes de La Bassée et de Béthune (qui deviendra bien sûr, le carrefour des Grands Bureaux), des gardes en uniforme impeccable installés dans leur guérite près des grilles filtrent les entrées. Hors de question de pénétrer dans le parc en voiture, ce privilège n’est accordé qu’aux dirigeants et ingénieurs de la compagnie.

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            Deux autres entrées donnent accès à la propriété. A l’ouest, la maison du gardien, la route de La Bassée est utilisée par les visiteurs ou les salariés convoqués. Côté est, rue du Pôle Nord (rue Souvraz aujourd’hui), une autre entrée est réservée aux véhicules de direction. Une maison sert de logement de fonction pour le chauffeur du directeur.

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            Lorsqu’un visiteur est autorisé par le garde à pénétrer dans cette immense propriété, il est d’abord frappé par le style de la bâtisse et l’impeccable jardin à la française parfaitement entretenu. Il se dirige vers l’entrée par une allée pavée qui contourne le jardin.

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            Une fois franchie la grande porte en fer forgé, il a l’impression de pénétrer dans un hall de cathédrale. Là, un huissier cérémonieux et impassible le contrôle et le dirige. Il se sent tout petit en proportion de la hauteur des plafonds du hall. Un immense et large escalier permet d’accéder aux étages.

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            Au rez-de-chaussée, de chaque côté de l’entrée principale il découvre deux salles totalement symétriques à demi enterrées. Dans l’une d’elles étaient prévus un musée et une bibliothèque qui ne virent jamais le jour. Ces salles servent à organiser des bals, des banquets ou d’autres festivités. Dans ces pièces sont célébrées les victoires du Racing Club de Lens, fêtés les mineurs médaillés le jour de la Saint Barbe, récompensés les retraités par la dotation d’une lampe de mineur, réunis les enfants des corons venus passer le concours des bourses des Mines.  Après la seconde guerre, la ville de Lens n’ayant plus de salle des fêtes municipales, loue à plusieurs reprises ces pièces pour ses propres manifestations.

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            Des bureaux occupent tout le premier étage. Longs, larges et hauts couloirs au parquet lustré, portes et soubassements en chêne sculptés parfaitement cirés, pièces spacieuses éclairées par une suite de vastes fenêtres, plafond à caissons, luminaires originaux de style art-déco.

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            Ce premier étage, où travaillent une centaine d’employés, héberge les ingénieurs du fond et de jour, les dessinateurs, les géomètres des bureaux d’études, soit une bonne centaine de cadres et d’agents de maîtrise.

            Au second se trouve l’immense bureau du directeur digne d’un hall de gare. C’est là que notre visiteur a rendez-vous. Un appariteur l’invite à patienter et lui propose de s’asseoir sur la banquette de velours rouge de la salle d’attente.

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            Quelques minutes plus tard, c’est par une double porte matelassée de cuir cloutée de cuivre qu’il pénètre dans une immense pièce aux magnifiques boiseries de chêne.

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            Notre visiteur aura t-il le loisir d’admirer les caches radiateurs en fer forgé, les armoires en chêne sculptées sur place, les motifs gravés dans les parements de bois comme cette lampe de mineur ?

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            Ces armoires, banquettes, boiseries intégrées dans le décor sont conçues par les ateliers de Louis Majorelle dont la marque figure toujours sur le mobilier.

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            Juste à côté du bureau du directeur se trouve la salle du conseil d’administration. C’est là que les décisions importantes pour le fonctionnement de la compagnie et pour la vie des mineurs se prennent. Un peu plus loin un lieu de détente avec fumoir et bar.

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            Enfin la très grande salle à manger. La table installée dans la longueur permet au directeur d’admirer la peinture de Raymond Tellier qui représente une cokerie en pleine activité. Au plafond, on admire le grand lustre d’un mètre soixante entièrement fait de fils de verre.

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            Tout est grand, tout est impressionnant pour qui pénètre pour la première fois.  »C’est une véritable cathédrale » entend-on. D’ailleurs, les vitraux qui se trouvent sur la façade arrière ne rappellent-ils pas ceux des grandes basiliques du moyen âge ?

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            Peut-on imaginer l’état de stress dans lequel devait se trouver le simple mineur à qui quelques reproches devaient être faits lorsqu’il était convoqué par ‘son ingénieur’ aux Grands Bureaux ? Si la peur l’oblige à se rendre aux toilettes, il pourra néanmoins admirer les murs couverts de mosaïques dans le plus pur style art-déco.

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            De la fenêtre de leurs bureaux, le directeur et ses adjoints peuvent admirer le magnifique parc. Ce jardin ‘à la française’ de plus de trois hectares a été conçu par le paysagiste parisien Achille Duchêne. Ardent défenseur du jardin régulier d’inspiration Renaissance ou Classique, il dessina plus de six mille jardins dans le monde entier.

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             Ils devaient être nombreux les jardiniers pour tailler régulièrement les arbres et arbustes plantés dans ces parterres tracés en forme de carré ou de losange aux allées rectilignes. Pour Duchêne, paysagiste de la haute société, tout le parc ne doit être que nature et forme géométrique : aucune statue, aucune fontaine ne vient l’agrémenter.

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            Cet espace appartient à la compagnie et à elle seule. Notre visiteur n’aura pas le loisir de s’y promener pour se détendre. Afin d’affirmer sa propriété, la Société des Mines de Lens entoure sa propriété de murs de briques de plus de deux mètres, d’une haie de troènes et de grands arbres afin qu’il ne soit pas visible de la route.

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            Au fond du parc, on peut encore voir les marches qui menaient au quai du chemin de fer privé : les directeurs utilisaient le train des mines pour se rendre sur les sites industriels et miniers de la ligne Lens–Violaines. Ce quai fut nommé ‘Quai de l’Impératrice’ en hommage à l’Impératrice Eugénie, épouse de Napoléon III.

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            Aujourd’hui, le parc est géré par la ville de Lens qui en a fait un jardin public séparé du bâtiment par une grille et accessible par une porte ouverte avenue Elie Reumaux. C’est un lieu de promenade et de détente également pour les étudiants de la faculté.

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            Près de la grille d’entrée du parc, la statue du Mineur nous accueille. Elle a été installée là afin que l’on n’oublie pas ceux qui descendaient à leur risque et péril dans les entrailles de la terre. Statue en bronze de Fernec Nagy, elle représente le mineur, torse nu, la lampe à la main, la barrette sur la tête et le pic sur l’épaule, prêt à descendre au fond.

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            Durant la seconde guerre mondiale, les Grands Bureaux sont réquisitionnés par la Kommandantur qui construit des blockhaus près du bâtiment.

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            Les sous-sols sont transformés en cachots et on peut imaginer les atrocités qui ont pu s’y produire lors d’interrogatoires de mineurs résistants, notamment après la grande grève de 1941.

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            Peu avant la Libération, c’est aux Grands Bureaux que se réfugient des soldats allemands poursuivis par des FFI quelques jours avant l’entrée dans la ville des troupes alliées.

            Le 17 mai 1946, le Parlement vote la nationalisation des houillères et crée les ‘Houillères du Bassin du Nord et du Pas-de-Calais’ (HBNPC). Le directeur de la Société des Mines, Maxime Bucher est démis de ses fonctions et envoyé à l’école des Mines à Douai. Victorien Dauguet, communiste et ‘cégétiste’ est nommé Président du Conseil d’Administration des HBNPC. Jean Dumay puis Raymond Chaix seront les premiers directeurs-délégués du groupe de Lens qui deviendra vite groupe de Lens-Liévin et installent leur siège dans les Grands Bureaux.

            Quelle belle victoire pour les nouveaux dirigeants, dont beaucoup sont issus du syndicalisme minier, de se retrouver assis dans les fauteuils de ceux qui les ont opprimé pendant des dizaines d’années. Mais la victoire est éphémère car après les grèves de 1948 qui ont laissé de tristes souvenirs dans les corons, ils sont évincés pour une ‘reprise en main’ des HBNPC par le gouvernement.

            Les Grands Bureaux ne seront donc jamais la propriété des mineurs. Une défiance existe toujours envers ce lieu où il ne fait pas bon être convoqué. Les employés de ce siège sont toujours appelés dans les corons ‘les cols blancs’.

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            Même Cafougnette, le héros du poète mineur Jules Mousseron ira de sa petite moquerie ainsi résumée : Invité par un ami à visiter Paris, celui-ci lui demande de se décoiffer devant la tombe du soldat inconnu car, dit-il, « C’est là que repose un homme mort pour la France ». Plus tard, passant avec cet ami devant les Grands Bureaux de Lens, Cafougnette lui demande de se décoiffer à son tour. Devant la surprise du parisien, il ajoute : « C’est ici que se reposent trois cents personnes mortes de fatigue à force de me pas travailler ! ».

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            Au début des années quatre-vingt dix, Charbonnages de France, propriétaire des lieux, vit ses dernières années. Ses finances ne lui permettent pas de conserver cet énorme édifice et les impôts qui vont avec (sa dette, estimée à deux milliards et demi d’euros sera reprise par l’État en 2007). A Lens, plus aucun mineur ne descend au fond depuis le 31 janvier 1986. Le 21 décembre 1990, à Oignies, une page de l’histoire de la région s’est tournée avec la fermeture définitive du dernier puits des HBNPC.

            La démolition des Grands Bureaux, devenus inutiles, est envisagée par Charbonnages de France mais la municipalité de Lens et son maire, André Delelis veulent conserver ce site pour ce qu’il représente pour la population  minière et pour préserver cette œuvre architecturale.

            Mais que faire de cet immense édifice ? Un des premiers projets est de le transformer en hôpital. Une étude est même réalisée par un médecin parisien mais, devant le montant des travaux, l’idée est vite abandonnée.

            François Mitterrand lors de sa visite à Lens en 1983, annonce la fin de l’exploitation charbonnière mais promet d’apporter l’aide de l’Etat à la reconversion du bassin minier et notamment à la formation des jeunes.

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            André Delelis décide alors de transformer les bâtiments en Université et au début des années 90, l’Université d’Artois rachète l’édifice pour le franc symbolique : les Grands Bureaux deviendront la Faculté Jean Perrin qui abritera le siège du pôle scientifique de l’Université.

            L’Université ouvre ses portes à la rentrée d’octobre 1992.

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            Les travaux n’ont surtout concerné que la partie arrière de l’édifice afin de conserver sur sa façade l’architecture d’origine.

            A l’intérieur, on ressent toujours l’atmosphère qui devait régner dans cet immense château. On admire le savoir-faire des artisans de l’époque.

            Gilles, qui a eu l’occasion de travailler sur le chantier de reconstruction nous dit : « Au rachat des bâtiments par l’Université d’Artois, je me suis occupé de la remise en chauffe de cette édifice : remplacement des chaudières, remise en état des radiateurs en fonte, etc. J’ai découvert un bâtiment rempli de souvenirs : les parquets, les luminaires, les meubles réalisés sur place, miroirs, ou les faux placards ou derrière se cachaient des bureaux secrets, les sous sols. L’architecte responsable de cette rénovation (Mr Kupcik de Lens) a su garder le cachet de cette bâtisse. Ce chantier fait partie de mes meilleurs souvenirs: chaque jour nous découvrions des trésors issus du travail de nos anciens (menuisiers, plâtriers, chauffagistes, plombiers, maçons) et on comprend que les Mines à cette époque avaient de l’argent et les hommes du temps pour réaliser de belles choses« .

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            De nos jours, les anciens grands bureaux font l’objet d’un circuit touristique organisé par l’Office de Tourisme Lens-Liévin. On peut ainsi admirer ce qui reste de ce travail des artistes des années 1920 : les vitraux, le mobilier, les portes en chêne sculptées, les sols de parquets ou de carrelages, les luminaires de style art-déco et même les mosaïques des toilettes…

            Mais beaucoup de ces trésors ont disparu entre la fin des HBNPC et la reprise par la ville : tapisseries, tentures, peintures, mobilier …..

            Les jeunes qui ont la chance aujourd’hui d’étudier dans ce lieu mythique savent-ils qu’ici, au siècle dernier, se décidait le sort et même la vie de milliers de mineurs et de leur famille ?

            Ici, dans les …. Grands Bureaux.

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            A voir aussi sur les Grands Bureaux de Lens la brochure conçue par le Pays d’art et d’histoire de la Communauté d’Agglomération de Lens-Liévin.

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           Certaines photos de cet article m’ont été transmises par M. Bernard Bourdon, un ami rencontré lors d’une visite des Grands Bureaux de Lens il y a quelques années.

 

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1956, les fêtes de la renaissance de Lens

   1956 à Lens : 11 ans après la Libération, les derniers stigmates de la guerre sont effacés. Le maire de Lens, le Docteur Ernest Schaffner décide d’organiser les « fêtes de la Renaissance ». Elles seront jumelées avec le cinquantenaire du Racing Club de Lens et verront les baptêmes des deux géants lensois Taraderuse et Rosalie Tata.

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   Le samedi 3 juin 1956 à midi précise, les commerçants du centre-ville de Lens se retrouvent dans la salle Tabarin de la place Jean Jaurès afin de procéder au baptême de leur géante Rosalie Tata qui est en fait la représentation de Rosalie ABRASSART (1855-1932) qui,  pendant la première guerre, venait chaque jour de Bully-les-Mines pour vendre  ses biscuits sur Lens afin de subvenir aux besoins de sa famille. (Information reçue de M. Alain Oudre, arrière petit-fils de madame Abrassart).

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   Dans la soirée du samedi, les Sapeurs-Pompiers de la ville de Lens, accompagnés de ceux du Groupe Lens-Liévin des mines ouvrent la route à une grande retraite aux flambeaux suivie d’un grand feu d’artifice sur la place du Cantin.

   Le dimanche matin, une course cycliste est organisée. Appelée le « Rallye des Cités », elle parcoure toutes les cités minières avant l’arrivée finale sur la place Jean Jaurès vers 11h00. Juste à temps pour que les coureurs puissent assister au baptême de Taraderuse.

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   Devant la mairie, l’animateur de radio Alex Ponchant anime la première partie du spectacle puis monsieur Ernest Schaffner reçoit officiellement Taraderuse en l’hôtel de ville. Après la cérémonie officielle du baptême, Maurice Carton, président du Supporter Club Lensois remet au géant l’insigne de l’association.

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   A 15h00, alors qu’au stade Bollaert débute un match de barrage de championnat entre les équipes de Lille et de Valenciennes, le grand défilé se met en marche dans les cités minières du 12, du 14 et du 4 avant de se regrouper rue Emile Zola.

   Les trottoirs du centre-ville sont noirs de monde lorsqu’à 16h30 démarre le cortège du carrefour Bollaert précédé d’une caravane publicitaire. Il empruntera les Boulevard Basly et toutes les grandes artères de la ville, passant par les places de la Gare et du Cantin avant de se regrouper sur la place de la République où il se disloquera le cortège vers 19h30.

   En tête du défilé prônent nos deux nouveaux lensois, Taraderuse et Rosalie Tata, accompagnés de leur ami valenciennois Binbin.

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   Dans le cortège défile aussi un autre géant de Lens. Il a été élaboré par les ouvriers des Cableries-Tréfileries Lensoises de la rue de Londres appelés plus communément les Laminoirs. Ce géant appelé d’abord Vulcain recevra rapidement le surnom de « Ch’Guss Tréfil ».

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   Ils sont suivis de nombreux chars tels les Volendammers, un groupe hollandais, les Diables de Renaix, les trappeurs de l’Alaska, la fanfare amoureuse d’Annay, l’union des colombophiles lensois, les accordéonistes des Cols Bleus d’Avion, les Gilles et Gais Lurons Quaregnonais en Belgique, l’Amicale Corporative  ou encore les Amis de la fosse 8.

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   Dans ce défilé, on fête aussi le cinquantenaire du RC Lens avec les chars du ‘Supporter Club Lensois’. Le bureau de l’association et les sections  de quartier ont chacun construit le leur.

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   Le dimanche soir, les jambes commencent à être un peu lourdes mais cela n’empêche pas les lensois d’assister au spectacle de nuit entièrement gratuit offert par le Comité d’Organisation des Fêtes de Lens. Présenté par Alex Ponchant et Jacques Mars de l’Opéra de Paris, on assiste à des numéros de de fantaisistes, d’équilibristes, à des ballets et à la surprenante ‘bombe humaine’ , l’homme obus lancé d’un canon !

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   Le spectacle se termine par un tour de chant de John William et sa célèbre chanson ‘Si toi aussi tu m’abandonnes’.

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   Dans son édition de la semaine suivante, ‘Notre Mine’, le journal des HBNPC félicite  » toutes les sociétés qui ont véritablement fait assaut d’imagination, d’humour et de fantaisie pour lui donner de bout en bout la cocasserie, la truculence allant de paire avec les bons géants Taraderuse, Rosalie Tata et Binbin ». Et d’ajouter : « Il est salutaire de vivre et de se détendre sans contrainte comme le font les enfants : la carnaval et ses traditions en sont un des moyens les plus efficaces ».

   En marge, le Racing Club de Lens a organisé une tombola avec deux voitures comme lots principaux. C’est au stade Bollaert que monsieur Léon Mercier, habitant rue Gambetta reçu les clés de la 403 Peugeot tandis que monsieur Paul Courtecuisse, un retraité de la cité Chouard recevait celles de la 2CV Citroën.

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Et n’oubliez pas d’inscrire dans vos agendas :

Le Carnaval des géants Lensois 2016

Le retour de Taraderuse et Rosalie Tata

Dimanche 11 septembre 2016,
A 11h00, place Jean Jaurès

Baptêmes des géants lensois, Taraderuse et Rosalie Tata

  à partir de 14h00
La parade des géants dans les rues de Lens

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A Lens, il y a 100 ans

   Il y a cent ans exactement, les lensois n’avaient certainement pas très envie de fêter la nouvelle année. Les bombardements incessants, les brimades des troupes allemandes, les difficultés de ravitaillement, les morts par dizaines ajoutés au temps glacial de ces premiers jours de janvier les obligeaient à vivre dans la peur, la faim et le froid.

   Alors, pour ne pas oublier ce qu’on vécu les lensois du début du 20ème siècle, voici une série de photographies de Lens aux alentours du 1er janvier 1916, il y a 100 ans …..

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Des troupes entières de prisonniers français sont emmenés vers l’arrière

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Le canal de Lens et les débris de péniches

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Les tranchées devant la fosse 11

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Les allemands installent une ‘grosse Bertha’ dans une usine

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Les habitations subissent les bombardements

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La rue de Lille

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La gare est inutilisable

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Des soldats allemands font constater les dégâts occasionnés par les bombardements français

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Les fanfares allemandes pavoisent dans les rues de Lens

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L’église Saint Léger

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Des soldats allemands dans les ruines d’une fosse

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L’église Saint Pierre de la cité 11

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Les carreaux de fosses sont abandonnés

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Ils seront finalement entièrement détruits

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La mairie en construction au début du conflit

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La rue Victor Hugo

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Des prisonniers français travaillent au déblaiement sous les ordres allemands

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La braderie de Lens de 1946

   1945, Lens est libéré. Il faudra des années pour effacer les stigmates de ce second cataclysme qui a touché les lensois 30 ans à peine après le premier.

   Mais pour l’heure, les esprits sont tournés vers la relance du pays et les mineurs sont au premier plan.

   Dès le 28 août 1944, le communiste Henri Martel les avait appelés depuis Londres à gagner la « bataille du charbon ». Le général De Gaule en visite à Lens a aussi insisté sur la nécessité de relancer la production.

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   Le communiste Auguste Lecœur remporte les élections municipales des 29 avril et 13 mai 1945. Il participe à un gouvernement d’union nationale dans lequel il est nommé secrétaire d’Etat à la production charbonnière.

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   Le mineur est désigné « premier ouvrier de France » mais dans les fosses, il est contrôlé, surveillé, épié par des militants de la CGT qui interdisent toute protestation : « Travailler d’abord, revendiquer ensuite ».

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   C’est dans ce contexte qu’a lieu la première grande braderie d’après guerre en juin 1946. Dans les rues de Lens, des chars décorés évoquant la grandeur de la France mais surtout la mine et les mineurs défilent tout en assurant la propagande de la politique du moment.

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   Cette frénésie à la production ne durera pas. Lecoeur sera battu aux élections municipales de 1947 par le Docteur Ernest Schaffner ; les ministres communistes seront chassés du gouvernement et entreront dans une opposition qui mènera jusqu’aux grandes grèves de 1948.

 

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1918-1928 : la reconstruction des mines de Lens

   L’occupation par les allemands du nord de la France a privé le pays de la moitié de sa production charbonnière. Les compagnies des régions occupées depuis le début du mois d’octobre 1918 voient aussitôt l’exploitation arrêtée.

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   Dès les premiers jours d’occupation, l’ennemi entreprend de détruire les moyens d’extraction sous des prétextes d’ordre militaire. L’armée s’empare des matériaux et des machines et incendie les installations au sol. Dès le début de 1915, les troupes françaises et anglaises tentent de déloger les allemands de Lens, leurs obus abiment sérieusement les puits.

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   En septembre 1915, les troupes alliées reprennent Loos et libère la fosse 15 des mines de Lens. Devant la menace de devoir se retirer plus, les allemands décident d’anéantir totalement les moyens de production. En octobre et novembre 1915, ils dynamitent tous les cuvelages des fosses de Lens et de Liévin. Les explosions se situant au niveau dans la partie calcaire au dessus des veines de houille, ont pour conséquence d’inonder totalement les galeries.

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   C’est vers la fin de l’occupation que les destructions sont les plus importantes.  Après avoir jeté dans le puits tout ce qu’ils ne pouvaient emporter, les soldats allemands déposent méthodiquement dans toutes les fosses des charges d’explosifs détruisant ainsi toutes les machines, les chaudières, les chevalets.

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   Dès l’été 1917, les compagnies du Nord et du Pas-de-Calais se regroupent pour étudier les mesures à prendre pour la reconstruction. La direction de ce groupement est confiée à Ernest Cuvelette, le directeur des mines de Lens. Avant même la fin du conflit, des pompes de dénoyage et des treuils électriques ont été commandés par Elie Reumaux, en exil en Belgique.

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   A la libération, on constate que tous les puits des mines de Lens et de Liévin sont totalement inondés et les installations de surface irrécupérables. Vient alors le temps de la reconstruction. Elle s’effectue avec une rapidité surprenante, au vu de l’ampleur des destructions.

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   Les compagnies de Lens et de Liévin entreprennent la construction de centrales de production électrique. Dans un premier temps, les deux compagnies se fournissent en électricité auprès de la centrale de Béthune où des groupes supplémentaires ont été mis en place et par la construction d’une centrale à Dourges avant de pouvoir réutiliser la centrale de Vendin-le-Viel.

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   L’année 1919 est consacrée au déblaiement des ruines, à la reconstruction du réseau ferroviaire, au dégagement des routes et à l’aménagement d’abris et de logements provisoires pour les ouvriers employés à la reconstruction.

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   Débute ensuite le dénoyage. Les compagnies ont créé la Société Civile de Dénoyage des Houillères du Pas-de-Calais. On estime à 100 millions de mètres cube le volume d’eau à enlever : des rivières sont élargies, des aqueducs provisoires sont montés.

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   Les cuvelages percés ne permettent pas de se contenter d’aspirer l’eau des galeries, elles se rempliraient aussitôt. Il est donc entrepris de forer autour du cuvelage des sondages verticaux et d’y faire couler du ciment très liquide. En durcissant, ce ciment entourera ainsi le cuvelage d’une gaine protectrice. Dans certains puits, ce ne sont pas moins de 1000 tonnes de ciment qui sont coulées.

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   Dans les galeries, des fissures permettent à l’eau de se déverser d’un puits à l’autre ne dépendant pas toujours de la même compagnie. Alors, les compagnies de Lens et de Liévin entreprennent de commencer le dénoyage simultanément. Pour cela 19 pompes sont utilisées, montées sur des chevalets en bois. Ces opérations débutent en novembre 1920.

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    Ces chevalets de bois permettront dès la fin du dénoyage de reprendre l’extraction avant la construction des chevalets définitifs.

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   Au printemps 1921, les travaux de dénoyage sont terminés et l’exploitation peut reprendre dans les galeries supérieures des puits.

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   Dès la libération, la société des mines de Lens entreprend la reconstruction des maisons dans les cités. Pour cela, elle ouvre sa propre briqueterie. Fin 1920, 1200 maisons sont sorties de terre et en 1925, 12 000 logements, les écoles, les églises, les dispensaires sont reconstruits.

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   Ernest Cuvelette a profité de ces circonstances pour moderniser l’appareil productif. Les  puits sont maintenant équipés d’un grand chevalement métallique particulier aux mines du Pas-de-Calais ou d’un autre type plus modeste construit dans un matériau d’avenir, le béton armé. La grande cheminée qui caractérisait les fosses du 19ème  siècle a disparu puisque  la machine d’extraction  ne fonctionne plus à la vapeur mais à l’électricité.

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   En 1925, bien que les dirigeants des compagnies prétendent que la loi adoptée le 23 avril 1919 concernant la journée de 8 heures et de la semaine de 48 heures ait considérablement fait baisser la production individuelle, le bassin minier a retrouvé son niveau de 1913. En 1928, la société des mines de Lens est la troisième capitalisation française derrière la Banque de France et Saint-Gobain. L’action qui valait 420 francs en 1913 et qui était tombée à 110 francs en 1915 en vaut 532 cette année là.

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L’assassin de la fosse 4

   Cette histoire aurait pu être tirée d’un film, d’une pièce de théâtre ou d’un roman mais elle est réelle. Alors, découvrons ensemble qui est « l’assassin de la fosse 4 » telle que la presse de l’époque nous l’a rapportée.

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    En 1905, Victor Roussel se fait embaucher à la fosse 4 des mines de Lens. Il reçoit un logement dans les corons de la place Saint-Alfred. Marié à Léonie Courtin, il a deux enfants : Isabelle, 5 ans et Marius, 4 ans. Le maigre salaire de mineur ne suffit pas à nourrir toute la famille. Le couple décide en juillet 1907 de louer une chambre sous les toits à Raphaël Vanhoutte, un jeune homme qui vient également de se faire embaucher à la fosse 4.

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   Raphaël Vanhoutte, un gars au casier judiciaire déjà chargé, ne tarde pas à devenir l’amant de la femme Roussel.

   Le 21 avril 1908 vers 4 heures du matin, un mineur se rendant à la fosse passe derrière un estaminet de la place Saint Alfred lorsque, dans le noir, il heurte un obstacle au sol. Il découvre qu’il s’agit du corps d’un homme, la tête ensanglantée et les pieds nus. Les godillots se trouvent à quelques mètres du cadavre. Notre mineur s’en va aussitôt quérir la maréchaussée.

   Les gendarmes arrivant sur les lieux envisagent d’abord une rixe entre mineurs sortant de l’estaminet comme il en arrive de temps en temps lorsque le genièvre ou la bière ont coulé à flot. Cependant des traces sur le sol les incitent à penser que l’homme n’est pas mort là mais a été traîné. Ils suivent la piste qui les mène tout droit devant la maison des Roussel, au n° 12 de la place Saint-Alfred.

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   Ils y découvrent Léonie en train de préparer le petit déjeuner des enfants et son locataire à peine habillé enfilant ses vêtements de mineur. Lorsqu’ils demandent à la femme où se trouve son mari, elle répond qu’il a quitté la maison la veille vers 5 heures du soir et qu’il n’est pas rentré depuis. Raphaël le confirme mais des témoins, attirés nombreux par le sordide spectacle, affirment qu’à 5 heures, Victor était au fond de la mine en train de gratter le charbon.

   Les gendarmes préviennent leur supérieur. Le lieutenant Coine arrive et inspecte les lieux : les sols de la cuisine et de la chambre des parents ont été lavés récemment mais quelques traces de sang sont restées. Montant dans la chambre de Vanhoutte, il soulève une couverture jetée à la hâte sur le lit et s’aperçoit que les draps sont en désordre et tachés de sang. Poussant un peu plus ses investigations, il descend à la cave et là, près du tas de charbon, il découvre une hache de mineur également souillée de sang.

  Les preuves sont formelles, Victor Roussel a été assassiné ici ! Le lieutenant arrête Vanhoutte et sa maîtresse ! Les deux amants sont emmenés au poste sous la protection des gendarmes car les mineurs tentent de molester Vanhoutte, lui jettent des pierres et hurlent ‘’A mort, l’assassin !’’. Les amants seront ensuite incarcérés à la prison de Béthune.

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   L’enquête établira les faits. Victor, en rentrant de la mine un peu plus tôt que prévu, découvre Vanhoutte et sa femme au lit. Aussitôt une violente dispute éclate à l’issue de laquelle Victor se couche dans sa chambre avec son fils tandis que l’épouse infidèle rejoint le lit des enfants avec sa fille. Vanhoutte se retire dans sa mansarde à l’étage.

   Vers minuit, Vanhoutte se lève, descend et rejoint sa maîtresse. Il lui demande comment elle envisage l’avenir. Celle-ci rétorque qu’il n’y a qu’une solution : tuer immédiatement le mari gênant mais, ajoute-t-elle, ‘’en faisant attention de ne pas blesser son fils couché à côté de lui‘’ !

   Vanhoutte prend sa hache de mineur et se dirige dans la chambre, palpe les deux têtes pour ne pas se tromper et assène un coup violent sur celle de Victor. Puis, il le tire dans la cuisine où il l’achève de plusieurs coups de hache sur le crane.

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   Pendant ce temps, la toute nouvelle veuve tire son garçon du lit et le recouche avec sa fille. Elle demande à l’assassin de se débarrasser du corps. Vanhoutte couvre la tête du mort avec un sac pour contenir le sang, l’habille tant bien que mal et le traîne jusque derrière un estaminet puis, s’apercevant que le mort est pieds nus, retourne chercher ses godillots.

   Léonie entreprend de laver les sols de sa cuisine et de la chambre. A son retour, Vanhoutte jette le sac qui a servi à couvrir la tête dans la fosse d’aisance, retire les draps tâchés du lit de Roussel et met les siens à la place. Puis le couple se recouche dans le lit où dormait il y a quelques minutes encore leur victime ! Ils sont à peine réveillés lorsque les gendarmes frappent à leur porte.

  Le ‘’amants terribles’’ sont jugés le 22 juillet devant le tribunal du Pas-de-Calais à Saint-Omer.

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   La veuve Roussel prétend qu’elle en est arrivée à cette extrémité à cause de la violence de son mari envers elle et les enfants. Vanhoutte n’a pas d’autres excuses à faire valoir que celle de s’être laissé entraîner par sa maîtresse.

   C’est le président Mourou qui prononce le verdict : Raphaël Vanhoutte est condamné à mort et Léonie à la réclusion à perpétuité.

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   Le 9 janvier 1909, à la prison de Béthune, quatre hommes de ‘la bande à Pollet’, des bandits d’Hazebrouck, sont guillotinés. Le même jour, alors qu’il entend les préparations pour leur exécution de sa cellule, Vanhoutte reçoit la visite du procureur de la République qui lui annonce que la veille, le président Fallière a signé sa grâce et a transformé sa peine en travaux forcés à perpétuité.

  Le 13 janvier, Vanhoutte quitte la prison de Béthune pour être transféré au bagne. Un journaliste du ‘Petit Parisien’ le rencontre en gare de Lens. Il écrira :

  J’ai pu voir, hier, en gare de Lens, le condamné à mort gracié, Vanhoutte, que des gendarmes transféraient de Béthune à Douai. L’assassin nous a paru considérablement déprimé. Sa constitution peu robuste a eu à souffrir du séjour de la prison. Les voyageurs qui avaient reconnu le brigand se pressaient autour de lui. Nous avons pu recueillir ses impressions : ‘’J’ai toujours espéré la clémence présidentielle. D’ailleurs, ne suis-je pas assez puni ainsi ? Me voilà déshonoré à tout jamais. J’ai fait le malheur des miens’’.

  A une personne qui lui demande si, le jour où il tua Roussel, il songea aux conséquences de son acte, Vanhoutte répond : ‘’Je n’y ai jamais pensé. Je me suis déjà bien souvent demandé depuis mon incarcération pourquoi j’avais tué Roussel alors qu’il m’était si facile de vivre en compagnie de son infidèle épouse. Dès que je serai au bagne, je m’inquiéterai d’elle et lui écrirai. Je m’attacherai à me bien faire considérer pour obtenir quelques faveurs’’.

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L’église du Millenium de Lens classée monument historique

    Le mardi 27 janvier 2015, l’église du Millenium de Lens est classée monument historique. L’occasion de revenir sur sa construction.

   En 1919 un baraquement en bois est construit route de Béthune sur un terrain en face de la  fosse n°1 des mines de Lens. Appelée d’abord chapelle St Edouard (pour remplacer l’église de la cité de la fosse 12 en ruine), cette construction sert aussi de lieu de culte jusqu’à la reconstruction de l’église Saint Léger.

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   A partir de 1923, la chapelle reçoit le nom de Sainte Élisabeth et est remise en état par la communauté polonaise. Les messes y sont célébrées en français et en polonais.

   Au début des es 60, le besoin d’une église purement polonaise à Lens se fait sentir. C’est le père Przybysz qui officiait dans la paroisse dans les années 40/50 qui est à l’initiative de la construction de l’église : la chapelle devenant de plus en plus vétuste et risquant à tout moment de s’écrouler.

   Le prêtre fait bâtir une salle près de la chapelle pour les activités culturelles des paroissiens, mais aussi avec l’idée qu’elle serve provisoirement de lieu de culte au cas où la construction d’une nouvelle église se concrétise.

   C’est alors que le comité national polonais du Millénaire décide de construire une église symbolisant le millénaire de la chrétienté polonaise. Lens, bastion de la polonité du bassin minier du nord de la France, est choisi. Les décisions du comité national sont accueillies avec enthousiasme. La communauté polonaise de Lens crée un comité de soutien pour la construction de l’église et chaque polonais du bassin minier et même du monde entier, dans la mesure de ses moyens participe à la réalisation de ce projet pharaonique. 150 millions d’anciens francs sont rassemblés pour financer le chantier.

   Les pères Czajka et Lewicki ainsi que Messieurs Kwiatkowski père et fils, directeurs successifs du journal polonais Narodowiec (voir ici : http://lelensoisnormandtome3.unblog.fr/2014/05/08/narodowiec-le-journal-des-mineurs-polonais/ ) sont les principaux artisans de la construction.

   En 1965, la chapelle est rasée et l’année suivante (année du millénaire de la Pologne catholique), la première pierre de l’église est posée. Le dimanche 16 avril 1967, avec la consécration de l’église, c’est l’ensemble de la communauté polonaise de Lens mais aussi de tout le Bassin Mineir qui est à l’honneur.

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   L’histoire complète de la construction de l’église du Millenium est relatée par Henri Dudzinski dans le dernier numéro de la revue Gauheria que l’on peut se procurer sur le site de l’association : http://gauheria.canalblog.com/

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   Avec l’église du Millenium, la ville de Lens compte aujourd’hui quatre monuments historiques avec la gare, la maison syndicale et les grands bureaux des mines (aujourd’hui université Jean Perrin).

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Le jardin public de Lens

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    Aujourd’hui, lorsque les touches de votre clavier inscrivent sur la page d’accueil de Google les mots ‘jardin public de Lens’, les liens qui apparaissent vous envoient vers le parc de l’université Perrin, les anciens grands bureaux des mines.

    Or pour beaucoup de lensois, le jardin public, le vrai est celui qui se trouve entre le carrefour Bollaert et le Pont Césarine et que certains appellent maintenant ‘le square Chochoy’ alors qu’aucune décision officielle ne lui ait jamais donné ce nom.

    Le jardin public laisse pour beaucoup de lensois et de lensoises le souvenir du lieu où l’on flânait, rarement seul, souvent bien accompagné et où l’ont s’asseyait sur les bancs publics ‘en se fichant pas mal du regard oblique des passants honnêtes’.

    Voici l’histoire du jardin public de Lens.

Du relais de poste aux pépinières

   Dans la première moitié du 19ème siècle, à la croisée des chemins de Liévin à Lens et d’Arras à Lille, à l’ouest des remparts de la ville de Lens dans le quartier Saint Laurent se trouvait un relais de poste aux chevaux et une auberge installés dans une ancienne ferme entourée de champs.

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   Aussitôt sa constitution en 1852, la Société des Mines de Lens achète de nombreuses parcelles dans le secteur et devient propriétaire des bâtiments. Elle transforme les locaux et y installe ses bureaux centraux et un logement pour son directeur, Edouard Bollaert.

   A la fin du siècle, un plus grand édifice est construit quelques centaines de mètres plus au nord et les services centraux de la compagnie minière  y déménagent. L’ancien relais est abandonné.

   Après la première guerre mondiale, Arthur Choquet (1875-1951), ancien élève de l’École nationale d’horticulture de Versailles est nommé chef des jardins et plantations de la compagnie minière avec le grade d’ingénieur horticole. Afin de produire les arbres, arbustes et autres plantations nécessaires à l’ornement des cités, des gares, des parcs et des jardins, il  propose à Edouard Bollaert de créer une pépinière avec des grandes serres à l’emplacement de l’ancien relais où les effets de la guerre ont tout détruit. C’est à l’époque un site privé dont l’accès est interdit au public.

   Ces pépinières sont encore exploitées par la société des mines de Lens lorsque la seconde guerre mondiale éclate. Les murs qui entourent le site en rendent la vue impossible de l’extérieur.

Le Jardin de la Pépinière

   Lors de la nationalisation des compagnies de charbonnages en 1946, les HBNPC décident d’abandonner la pépinière. Un accord verbal est conclu entre les Houillères et la municipalité d’Auguste Lecœur. Celle-ci décide d’aménager le secteur quasiment détruit par les bombardements pour en faire un espace public de promenade et dénomme le lieu ‘Jardin de la Pépinière’. Voici ce qu’en dit le maire de Lens d’ l’époque : « Notre jardin public : Réalisation obtenue grâce à la volonté et aux démarches municipales, notre jardin public est vite devenu un lieu de promenade pour les lensois.  Ses parterres et ses allées fleuris font l’admiration des nombreux visiteurs.

     Ceux qui critiquaient notre initiative parce que paraît-il, les gens allaient tout démolir sont bien obligés de convenir que les lensois aiment leur jardin et même qu’ils le surveillent. Le bac à sable qui fait la joie des tous petits, le terrain de jeu avec ses balançoires, ses cordes à pas-de-géant qui font le bonheur des bambins sont également grandement appréciés par les mamans qui peuvent surveiller leurs petits loin de la poussière et des voitures de la rue.

     Et le coin des vieux n’est pas le moins fréquenté. Les jeux de boules installés par la municipalité ont de nombreux adeptes et les manilleurs y passent des après-midis agréables. C’est là une des réalisations dont nous pensons avoir le droit d’être fier ».

     Alors, allons faire un tour dans le jardin de la Pépinière en 1946 :

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     Cela n’empêche par Auguste Lecœur d’être battu aux élections municipales de 1947. En 1949, l’équipe de son successeur, le Docteur Ernest Schaffner adopte la proposition de ce dernier de louer le Jardin de la Pépinière aux HBNPC en vue de régulariser la situation juridique de ce terrain. Le bail est signé pour 18 ans pour un loyer d’un montant d’un franc par an.

    La municipalité déclare dans un bulletin de 1953 avoir encore amélioré  le jardin de la Pépinière en « ouvrant le jardin public sur la voie publique par l’exécution d’une clôture grillagée et d’une porte donnant sur la voie d’accès au stade Bollaert ». Elle ajoute : « Cette réalisation a amélioré l’aspect du carrefour et permet aux usagers de la voie nationale 25 à grande circulation d’admirer les parterres et plantations du jardin ». Elle précise que ces travaux ont été entièrement réalisés par les employés municipaux.

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Déménager ou modifier ?

   Au début des années 60, la circulation automobile au niveau du carrefour Bollaert oblige la municipalité à prendre des dispositions. Elle envisage l’ouverture d’une seconde voie en direction d’Arras et de Liévin et donc de revoir les plans du secteur. Elle adopte le projet d’Ernest Schaffner de déplacer le jardin public près du pont de Douai sur le site de l’ancienne piscine, détruite lors des bombardements de la seconde guerre mondiale.

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   Après le décès brutal du Docteur Schaffner en septembre 1966, André Delelis, le nouveau maire fait enterrer ce projet. Le jardin public restera au carrefour Bollaert. Pour élargir la chaussée, il est alors décidé de rogner sur le trottoir et de créer à la place une allée entre les arbres et le jardin lui-même.

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   Le bail avec les HBNPC étant arrivé à expiration, un nouveau est signé le 1er janvier 1967 pour une location annuelle renouvelable par tacite reconduction. Le jardin s’améliore par la création d’une petite fontaine.

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  En 1981, le jardin public devient officiellement une ‘’zone d’espace vert protégé’’ et le 29 juin, le Conseil Municipal approuve la proposition de rachat de cet espace de 16 500 m2 par la ville aux Houillères pour un franc symbolique.

  Trois ans plus tard, une salle est construite pour être mise à disposition des associations. Elle porte le nom de Bernard Chochoy, ancien maire de Lumbres et sénateur du Pas-de-Calais.

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  Il faut ensuite attendre près de 20 ans pour voir de nouvelles modifications importantes au jardin public. Il est complètement redessiné en juillet-août 1988. A cette occasion, les grilles qui l’entouraient sont enlevées et une grande fontaine au centre d’un arc de cercle installée. Le coût des travaux s’élève à 3 millions de francs (460.000 euros).

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   Derrière les terrains de tennis, une stèle rappelle que c’est dans ce lieu que le 11 août 1944, 18 employés (16 femmes et 2 hommes) de la Coopérative des Mines de Lens ont péri sous les bombardements ‘alliés’.

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L’impact du Louvre-Lens

   Avec l’ouverture du Louvre-Lens, un cheminement pour les piétons et les cyclistes est créé de la gare au musée. A cette occasion, le trottoir du jardin public est de nouveau élargi à quatre mètres. Une voie de déambulation destinée aux piétons y a été aménagée, une bande cyclable créée et l’éclairage public remplacé.

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   Dans cet espace vert, un lieu idéal pour faire une petite pause désaltérante sur le chemin du musée, une fontaine est installée en mai 2013.

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     En lien avec la CALL, la société Veolia Eau – Eaux de l’Artois a sollicité des artistes régionaux pour sa réalisation. La proposition de Raoul Csizmadia, artiste habitant à Avion, a été retenue. La fontaine, faite de bois et d’acier pour une meilleure intégration dans le contexte environnemental, mesure quatre mètres de haut et permet de distribuer en permanence de l’eau potable plate et gazeuse à une température de 10º.

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   Raoul Csizmadia nous parle de son œuvre : ‘’ La borne fontaine de Lens a été nommée « Perles de pluie’’. Elle représente une grande goutte d’eau et quatre bulles d’air qui évoquent l’eau plate et l’eau gazeuse. Véolia dans son appel d’offre voulait une sculpture qui met l’homme devant son avenir : protection de la nature et de l’environnement. L’eau et l’air ont bien convenu à leur désir. Une autre borne au jardin public de Liévin s’appelle ‘’Gouttes de rosée’’, symbolique de deux feuilles d’arbres et des gouttes de rosée dessus toujours dans le même esprit.

     C’est la communauté de commune qui a assisté Véolia et c’est ensemble qu’ils m’ont désigné car j’avais déjà sculpté les Pigeons de Liévin, une flamme de la résistance toujours à Liévin et une sculpture croisière à Arras (avenue Kennedy). J’ai aussi livré une sculpture pour les 21 mineurs tués en 1965 à Avion en inox miroir. Je fais travailler une quinzaine de personnes à des degrés divers (des informaticiens, chefs soudeur, manutentionnaires mais aussi les terrassiers, grutiers, électriciens, ingénieurs, camionneurs, spécialistes laser). L’industrie et l’art peuvent se compléter et chacun doit trouver son compte ‘’.

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   L’eau distribuée peut être collectée dans des flacons spécialement mis à disposition dont l’assemblage des différents éléments est réalisé dans un établissement à caractère social : l’ESAT Ernest Schaffner de Lens (Etablissement et Service d’Aide par le Travail).

Et ensuite ?

   Lors d’une réunion public en 2011, M. Guy Delcourt, alors maire de Lens, avait répondu à la question d’un riverain que le jardin public du carrefour Bollaert n’était pas menacé …. pour l’instant. Les modifications qui sont encore à venir dans ce secteur (dont le percement d’un second passage sous les voies de chemins de fer) confirmeront-elles cette affirmation ?

   Le jardin public restera-t-il non seulement un lieu de promenade mais aussi un espace où de nombreux lensois retrouvent parfois avec nostalgie leurs souvenirs d’antan ?

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   Remerciements pour leur collaboration à cet article : Aurélie David, responsable du service des archives de la ville de Lens, Maxime Pruvost et Raoul Csizmadia.

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Mardi 1er mai 1906 à Lens

Aujourd’hui, il n’y a pas de défilé pour la fête du travail, tout est calme en ville et dans les corons. ″Lens est devenue la ville la plus sage de France″ dira un journaliste parisien. Il faut dire que les militaires sont partout comme en ville et dans les corons.

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Depuis le 10 mars et la catastrophe qui s’est produit dans les galeries de la Compagnie des Mines de Courrières, les mineurs sont en grève.

De nombreux troubles ont eu lieu ces jours derniers. On a frôlé l’insurrection lorsque les extrémistes menés par Benoit Broutchoux ont manifesté violemment en ville. Un militaire, le lieutenant Lacour a même été tué par une pierre lancé par un manifestant.

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Georges Clemenceau, le ministre de l’intérieur, a interdit toute manifestation pour le 1er mai Le préfet Dureault était à Lens hier où il a réglé avec le général Chamer, commandant des troupes, les derniers points concernant la journée du premier mai : aucun rassemblement, aucune manifestation, aucun cortège ne seront tolérés.

Mais le Jeune Syndicat de Broutchoux maintient son défilé.

1mai 03

Ils ne seront que quelques dizaines à se rassembler devant la maison du Peuple, rue de Paris mais vite dispersés par la troupe. Emile Basly, qui est à la fois le maire de Lens et le représentant du Vieux Syndicat plus modéré,  a appelé au calme et damandé aux mineurs de rester chez eux.

La foire de Liévin, prévue aujourd’hui, a aussi été annulée.

La grève s’essouffle depuis quelques jours. Les mineurs sont fatigués et leurs enfants ont faim. Les négociations sont toujours en cours mais dix-sept mille mineurs sont retournés au travail ce matin car le 1er mai n’est pas encore un jour férié, il ne le sera qu’en 1947. Lorsque les mineurs remontent du fond et sont raccompagnés chez eux par la troupe, quelques grévistes les attendent pour les huer mais il n’y a plus d’incident.

1mai 04

Le bruit coure que Basly aurait demandé publiquement la reprise aux conditions exigées par les compagnies. Pourtant, les revendications du début de la grève sont loin d’être satisfaites. En outre, Elie Reumaux, le directeur de la Société des Mines de Lens affirme qu’il sera procédé à des licenciements pour les responsables des grèves.

Dans une salle de la cité de la fosse 12, Casimir Beugnet fait le point devant cinq cents mineurs. Malgré les dernières déclarations de la direction, les ouvriers crient :  »Nous voulons travailler, assez de grève ! ». Pour la première fois, une assemblée décide de la reprise du travail à Lens. Elle sera suivie de beaucoup d’autres.

Un Premier Mai pas comme les autres à Lens ……………

1mai 05

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