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L’histoire de Césarine … et de son pont

   Cet article n’aurait pu être complet sans l’aide précieuse du personnel du service des archives de la ville de Lens. Un grand merci à toute l’équipe.

   Tous ceux qui s’intéressent aujourd’hui à l’histoire de Lens savent que le pont Césarine doit son nom à la tenancière d’un estaminet qui se trouvait aux environs de cet emplacement avant la première guerre mondiale.

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   Mais qui était donc cette fameuse Césarine ?

   La famille Hennebois, du nom de naissance de Césarine, est une vieille famille artésienne implantée depuis plusieurs siècles surtout à Montigny-en-Gohelle et à Lens.

   Vers 1840, le grand-père paternel de Césarine, Jean François, est cabaretier dans le faubourg de Douai (rue de Varsovie aujourd’hui). Il a deux fils : César, horloger et Armand, le père de Césarine qui est alors boulanger.

    Armand part en Belgique, à Antoing, une petite cité francophone de la province belge du Hainaut sur les rives de l’Escaut où il se forme au métier d’horloger. Il revient à Lens et installe son commerce dans la rue du Chapitre (emplacement actuel de l’Avenue Van Pelt). Son épouse, née Louise Couvreur, s’occupe de leurs 15 enfants. Césarine Sophie Hennebois est la seconde de la fratrie. Elle est née le 18 septembre 1843 à 23h30.

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  Son dernier frère, Jean Baptiste a à peine deux ans lorsque le 30 avril 1867, Césarine épouse Louis Flament, un mineur lensois dont le père Joseph est cultivateur dans le Petit Faubourg (que l’on pourrait situer aujourd’hui vers la rue Decrombecque). Les parents des époux se connaissent depuis longtemps : le père de Césarine a été cité comme témoin lors de la déclaration de naissance de Louis. Les jeunes mariés habitent dans la rue de la Gare. C’est là que l’on trouve les premières traces du métier de cabaretière de Césarine.

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    C’est chez ses parents qui entre temps ont déménagé vers la rue de Liévin (rue Romuald Pruvost de nos jours) qu’elle accouche le 22 juin 1868 d’une première fille Rose. Trois ans plus tard naîtra Marie Louise. En 1876, on retrouve la famille dans la rue de la Paix où Césarine et son époux tiennent un estaminet qui fait également pension.

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   Le 29 janvier 1885, Louis Flament décède. Césarine habite alors avec ses deux filles dans la rue de Bataille (aujourd’hui Avenue Alfred Maës), où elle tient le fameux estaminet qui forgera sa réputation. En 1889, Césarine épouse en secondes noces Jules Deleury, un chaudronnier. Cinq ans plus tard, le 8 mai 1890, sa fille Rose épouse à Lens Henri Gérard et le 8 avril 1893, sa seconde fille épouse Louis Duflot, ajusteur aux chemins de fer du Nord et fils de cultivateurs habitant Écaillon près de Douai.

  Fait courant à l’époque, les parents du marié et un oncle de Marie Louise cité comme témoin, ayant déclaré ne savoir ni lire ni écrire, n’ont pas paraphé l’acte de mariage.

  A l’époque, la configuration des artères n’est pas celle d’aujourd’hui. La route d’Arras est dans le prolongement de la rue Bollaert. Un pont qui ne s’appelait bien sûr pas encore Césarine mais « pont des Chemins de fer du nord » existe dans la rue de la Bataille depuis la mise en service de la ligne Lens-Hazebrouck par la compagnie ferroviaire en 1860.

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  C’est tout près de là que se trouvait l’estaminet de notre Césarine avant la première guerre mondiale.

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 La popularité de Césarine arrive un peu plus tard lorsqu’est mis en service le Tortillard Lens-Frévent. A partir du mois d’octobre 1895, chaque jour, des mineurs et d’autres clients viennent patienter dans son estaminet appelé « L’arrêt du tramway » en guettant le passage du petit train.

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 L’attente est parfois un peu longue car il faut dire que ce Tortillard ne respecte pas souvent ses horaires.

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   Césarine tiendra son commerce bien au delà le décès de son second mari survenu le 16 décembre 1904. Le 4 octobre 1914, les troupes allemandes envahissent Lens. Le Tortillard cesse de fonctionner le même jour. Césarine n’aura plus jamais l’occasion de le regarder passer.

   On peut imaginer que c’est à ce moment qu’elle part en exode comme de nombreux lensois. On la retrouve à Lillers où elle se réfugie.

   Le 21 mars 1915, des aviateurs allemands lancent des bombes sur Lillers; sept personnes civiles, dont trois femmes, sont tuées. Ce sera le dernier acte de guerre vu par Césarine. Elle décède quelques jours plus tard, le dimanche 28 mars à l’âge de 62 ans.

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   Dans son journal paru aux éditions Gauheria sous le titre « Dans la fournaise de Lens », le notaire Léon Tacquet rapporte à la journée du 24 septembre 1916 : « Une bombe est tombée hier, au pont du Chemin de Fer du Nord, en face de chez Drony, chez Césarine ». Savait-il qu’au moment où il écrit ces lignes Césarine n’était plus de ce monde ? Léon Tacquet connaissait Césarine pour avoir reçu et validé le contrat de mariage de sa fille Marie Louise en 1893.

   Le 21 octobre 1921, la ville de Lens concède à son gendre Louis Duflot, époux de Marie Louise, un espace dans le cimetière-est, route de Douai. Le corps de Césarine est rapatrié dans sa ville natale pour y être inhumé. Elle repose en compagnie de Louis Robert Duflot, son petit fils décédé à 17 ans quelques jours seulement après l’armistice, le 17 novembre 1918 à Bully-les-Mines où ses parents s’étaient réfugiés.

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   Dès 1919, la voie ferrée vers Hazebrouck est rétablie par le Cinquième Génie et le pont est reconstruit au dessus des ruines encore fumantes. Il est plus large que le précédent afin de pouvoir supporter une partie des voies du triage.

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   Quand ce pont a-t-il pris le nom de Césarine ? On ne le sait pas. Dans certains documents, il est nommé « pont de la Bataille » comme le nom de la rue dans laquelle il se trouvait avant la guerre. Mais pour les lensois, il est et sera toujours le « Pont Césarine ». La première fois que l’on trouve ce nom dans les délibérations du conseil municipal de Lens date du 3 décembre 1920 lorsqu’est évoqué la mise en service d’un éclairage sous le pont.

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   Au début des années 1920, un spectaculaire accident attire de nombreux curieux. Un déraillement provoque la chute d’une locomotive sur la route alors que son tender, arraché par l’accident, reste en suspension accroché au pont. L’histoire ne nous dit pas s’il y a eu des victimes.

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   Quelques années plus tard, un pont en béton est construit par les Mines de Lens près du pont Césarine. Il permet de relier par des voies ferrées les fosses 1 et 9 au triage de la gare de Lens.

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   Il sera détruit en juillet 1992 après la fin de l’exploitation charbonnière pour laisser place au pont tel que nous le connaissons aujourd’hui.

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   Jusque dans les années 60/70, l’emplacement de l’estaminet de Césarine abritera pendant de longues années un café que les habitants préféreront toujours appeler le café du pont Césarine. Aujourd’hui, les locaux sont occupés par une agence immobilière.

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   Sur le mur de soutien du pont du côté du jardin public que l’on appelle aujourd’hui le square Chochoy, une plaque rappelle que c’est ici, au pont Césarine que le 11 avril 1942, trois mineurs résistants ont attaqué un poste de garde allemand et tué une sentinelle.

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 Bientôt ouvrira à quelques centaines de mètres du pont Césarine un autre ouvrage, le pont Tasette qui offrira une alternative à la circulation routière. Mais jamais il ne pourra faire oublier aux lensois l’extraordinaire histoire de ….

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Il y a 100 ans à Lens, le 11 janvier 1917

(D’après le journal de Léon Tacquet « Dans la fournaise de Lens » paru dans le dossier de Gauheria n°7 en 2004).

   Revenons à Lens il y a 100 ans aujourd’hui, le 11 janvier 1917.

   Depuis 2 ans et 3 mois, Lens est occupé par les troupes allemandes. L’année 1917 sera-t-elle celle de la libération ? Les lensois en doutent : depuis 3 ans, la situation est figée. Malgré quelques offensives, les troupes allemandes ne se replient pas.

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   La population souffre des restrictions. Hier, le comité américain a remis des vivres aux habitants : 125 grammes de beurre (qui ressemble plus à de la graisse), 1 œuf pour 4 personnes, du pain de seigle et de froment. Les lensois fabriquent leur « pâté de guerre » : une mixture de riz, d’oignons, de thym et de saindoux !

   Chaque jour voit s’abattre sur la ville ces instruments de mort. La semaine dernière, 17 obus sont tombés dans le cimetière. Les monuments sont éventrés, les croix arrachées, des cercueils surnagent dans les caveaux inondés.

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   Le canal tout proche est obstrué de débris et encombré de carcasses de péniches abandonnées en toute hâte par les mariniers.

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  Lens est une ville fermée interdite aux étrangers, une ville de garnison. Les allemands ont reçu la semaine dernière des renforts venus de l’arrière. Pour les loger, ils ont réquisitionné des chambres chez l’habitant.

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  Le temps est gris, il fait froid, la température est tombée jusque moins 14°. Il ne se passe pas un jour sans qu’on entende le canon. Pourtant, en ce 11 janvier 1917, la ville semble calme, trop calme …. Pas un obus, pas un tir d’artillerie depuis deux jours. Vers 5 heures du soir, alors que la nuit tombe, des soldats allemands se regroupent et semblent vouloir se rendre sur le front.

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   Tout à coup, une avalanche d’obus ! Il en tombe en cascade jusque minuit. Les lensois sont terrés chez eux, ou dans ce qu’il reste du « chez eux », sans électricité, sans chauffage. Le peu de charbon qui restait dans les caves a été réquisitionné par les allemands, cette cave : le meilleur refuge.

  C’est le bombardement le plus puissant depuis le début de la guerre. Il tombera plus de 100 obus sur la ville. Par miracle, il n’y aura pas de victimes civiles. Chez les militaires allemands, on ne sait pas ! Les occupants ne communiquent jamais ce genre d’information.

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  Les troupes anglaises tirent de Calonne. Ils utilisent des obus à balles, des « shrapnel », qui en explosant envoient une multitude de projectiles sur l’objectif. De Loos, arrivent des obus énormes dont un seul peut écraser une maison entière. Il en tombe principalement entre le boulevard des Ecoles (boulevard Basly) et la mairie. Les grandes écoles ne sont plus que ruines.

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  Les obus atteignent l’église Saint Léger déjà bien mal en point et font s’écrouler un peu plus les pierres des murs. Rue du Wetz, il ne reste plus une maison debout. Rue de la Fonderie, il ne reste rien non plus du château Spriet.

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   Pas très loin, la gare n’est plus qu’un squelette de pierre et de bois.

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  Rue Diderot, les maisons voisines de celle d’Elie Reumaux ont reçu des « shrapnel » qui ont traversé les habitations du grenier au sous-sol, brisant tout sur leur passage. A l’hospice, cinq gros obus sont tombés sur les chambres quelques instants seulement après que les religieuses n’aient eu le temps de descendre les malades dans les caves. La moitié de l’hôpital est détruite. Un autre obus est tombé sur l’école privée de la rue de l’hospice éventrant toute le bâtiment et le réduisant à un tas de ruines.

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   La maison d’Ernest Cuvelette, rue de Douai (rue de Varsovie aujourd’hui) a également reçu un obus qui a laissé devant la porte un trou de 4,50 m de diamètre et de 3,5 mètres de profondeur. Les maisons voisines n’ont plus ni portes, ni fenêtres, ni toiture … Les rues du Chapitre (avenue Van Pelt) et Froissard sont jonchées de pierres, de bois, de débris provenant de ce qu’étaient encore hier des maisons. Le lendemain matin, des cris attirent les hommes qui déblaient : ils proviennent d’une dame réfugiée dans une cave qu’il faut extraire des décombres.

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  Les lensois nettoient, ramassent, réparent ce qui peut encore l’être, sauvent l’indispensable mais personne ne se plaint. Malgré leurs malheurs, ils applaudissent aux effets des bombardements, même s’ils en sont les victimes. Pour eux, ces obus qu’ils prennent sur la tête, qui détruisent leurs maisons, qui tuent leurs enfants sont signes d’une offensive donc d’un espoir prochain de libération.

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   Le lendemain, un communiqué anglais annoncera : « les positions allemandes ont été bombardées avec efficacité au nord-ouest de Lens ».

   A 5 heures, il n’y a plus âme qui vive dans les rues, le couvre-feu oblige les lensois à de nouveau se terrer pour la nuit. On apprend que les habitants de Liévin vont être évacués. Qu’en sera-t-il des lensois ?

  Il faudra encore subir les affres de la guerre pendant 3 mois avant que la ville de Lens ne soit à son tour vidée de ses habitants.

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Allez, on y retourne à Grossouvre ?

   Pour beaucoup de lensois, les colonies de vacances de Grossouvre créées par le Docteur Schaffner en 1949 sont restées ancrées dans les mémoires tant ils y ont passé d’excellents moments. Pour les enfants des corons que nous étions, 3 semaines dans ce ‘village Berrichon, entre Nevers et Bourges et pas loin de Vierzon’ (comme disait la chanson qui servait d’hymne à la colo) étaient synonymes de joies, d’air pur mais aussi de vie en société. Dès 6 ans, on mangeait ensemble, on jouait ensemble, on se lavait ensemble, on dormait ensemble, on nageait ensemble, on chantait ensemble … On apprenait à respecter l’autre.

   Voici quelques photos envoyées par les lecteurs du blog. Toutes n’y sont pas …. Il faudra pour voir l’ensemble attendre l’organisation d’une exposition sur la colonie à Lens. Espérons que ce soit pour bientôt.

   Merci à tous ceux qui m’ont fait parvenir ces documents, notamment MM. Jean Pierre Lemaire, ancien directeur, Maurice Devos, Roland Duhoux, Yves Pot, Wladyslas Motyl, Fabrice Mrugala et Mmes Anne Petit et Martine Meunier.

  Si vous aussi possédez des photos ou documents sur cette colonie de la ville de Lens, vous pouvez me contacter à cette adresse : lensois.normand@sfr.fr

  Volontairement, je n’accompagne pas ces images de commentaires. Elles ne sont pas non plus classées par date. A vous de retrouver l’année et peut-être vous remémorer quelques visages.

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1962Colons 1Colons 7Fabrice Mrugala1956-07 - Danielle Derwey (croix bleue) à Grossouvreyves pot

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Les orgues de l’église Saint Léger

   A la fin du 19ème siècle, la maison des frères Eugène et Édouard Stoltz de Paris construisit un orgue pour l’élise Saint Léger. La maison des frères Stoltz possédait une réputation internationale et a livré des orgues en Espagne, au Royaume-Uni et même à Cuba, au Pérou ou en Syrie. Après le décès d’Édouard en 1897, son frère a continué l’activité de la maison jusqu’en 1910.

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   L’orgue se trouvait dans la tribune au dessus du porche de l’entrée de l’église. Le buffet qui l’abritait était de style Louis XV. Il comportait à de part et d’autre deux parties rondes supportées par des consoles sculptées et surmontées d’un ange haut de 1,25 m. La partie centrale était terminée par une coupole surmontée d’un ange de 2m de haut, sonnant de la trompette.

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   Comme toute l’église, l’orgue ne fut plus que ruines à la fin de la Première Guerre Mondiale.

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  A la fin du conflit, il fallu d’abord savoir si l’église serait reconstruite. Une bonne partie des élus du conseil municipal y étaient opposés. Le 17 juin 1921, le pouvoir de persuasion d’Emile Basly (pourtant très anticlérical) fait que le Conseil Municipal vote à une très faible majorité une résolution permettant de lancer le dossier.

   Le 24 mai 1926, Eugène Julien, l’évêque d’Arras procédait à l’inauguration de la nouvelle église Saint Léger. En avril 1930, l’église inaugure son nouvel orgue à transmission pneumatique. Il a été construit par le facteur d’orgue Eloy Coupleux de Lille et financé par les fonds reçus pour les dommages de guerre.

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   Au lendemain de la Grande Guerre, l’usine des frères Coupleux produit à Tourcoing des orgues à tuyaux destinés aux paroisses reconstruisant leurs églises. De l’association d’Eloy Coupleux avec Armand Givelet naîtra le premier orgue électronique de l’histoire.

   Mais l’orgue de l’église de Lens à transmission pneumatique n’est pas d’excellente qualité. Il donna très vite des signes de fatigue et dut être remplacé après la seconde guerre mondiale.

  Le nouvel orgue installé en 1948 par la manufacture des Grandes Orgues Ruche-Guironnet de Lyon fut reconstruit totalement mais en récupérant les tuyaux de bois provenant du précédent. Bien que la console fût impressionnante avec ses 56 registres (ensemble des jeux que choisit l’organiste en fonction du morceau qu’il veut interpréter), l’instrument ne comportait que peu de jeux réels pour les basses et des tuyaux de façade restaient muets. Au début des années 1980, la transmission électropneumatique tomba en panne et l’instrument ne put émettre le moindre son.

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   En 1984, « l’association pour le développement, la promotion et la rénovation de l’orgue de Lens » fut crée pour acheter un nouvel instrument. Elle comptait 150 membres et organisait des concerts, des expos, des excursions afin de trouver des fonds. M. Christian Daubresse, adjoint à la Culture à la mairie de Lens, accepta d’aider l’association à hauteur de 150 000 francs à condition de pouvoir utiliser également l’orgue à l’occasion de concerts présentés par la municipalité. C’est le projet de Michel Garnier, facteur d’orgue à Lumbres qui fut accepté après une étude approfondie qui a tenu compte de l’acoustique de l’église. La position dans la tribune ne donnant pas satisfaction, le nouvel orgue fut installé dans le chœur.

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  Pourtant, lorsqu’on lève le nez vers la tribune, on y aperçoit des tuyaux qui laissent croire qu’il y a un second orgue dans l’église. En réalité, les tuyaux de la tribune sont faux et uniquement décoratifs.

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   Après 18 mois de travaux et d’installation, le dimanche 23 octobre 1988, l’orgue est inauguré à l’occasion d’un concert d’André Isoir.

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   D’autres concerts prestigieux suivirent jusqu’à ce que, petit à petit, faute d’entretien, la santé de l’orgue décline : fuites d’air, impossibilité d’utiliser certains jeux, soucis mécaniques comme les pédales qui restent coincées, bruits divers masquant parfois la musique…

  En 2015, l’attention attirée par « l’association Renaissance de l’Orgue de l’église Saint Léger de Lens » présidée pat M. Sébastien Noël, la municipalité, avec l’aide du Département du Pas-de-Calais, finance une partie des 102 679 euros nécessaires à la remise en état de l’instrument et fait appel à la Fondation du Patrimoine afin de lancer une campagne de soutien. La ville conclu un marché avec Quentin Requier, facteur d’orgue à Longuenesse près de Saint-Omer, pour effectuer des travaux de remise en état.

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   Le démontage de l’orgue débute le 1er octobre 2015 et un an jour pour jour plus tard, le nouvel instrument est inauguré lors d’un concert assuré par Olivier Latry, organiste à Notre-Dame de Paris originaire de Boulogne-sur-Mer avec un programme spécialement conçu pour exploiter les ressources exceptionnelles de ce patrimoine lensois.

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   Outre son utilisation religieuse, l’orgue sera utilisé dans le cadre de la saison culturelle de la ville. Des concerts sont déjà programmés pour la fin de cette année. L’orgue sera également utilisé à des fins pédagogiques pour les enfants de l’école de musique municipale.

 

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La véritable origine du nom de Taradéruze

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   J’avais lu dans un article de presse des années 70 que le nom de Taradéruze donné au géant de Lens provenait d’une histoire selon laquelle, sa tante Sophie Bouboute l’aurait ainsi prévenu lorsqu’il lui a fait part de son intention de prendre épouse : « Si té fais cha, tchiot, t’aras des ruzes » (Si tu fais ça, mon petit, tu auras des malheurs).

  Un autre article parlait d’un roman introuvable de nos jours faisant état d’un mineur qui voulait appeler son fils Taradéruze car il avait lui-même eu des malheurs dans sa vie et qu’il voulait ainsi prévenir son fils des risques à venir.

  Hé bien, ce roman introuvable, je l’ai entre les mains grâce à mon ami Richard Pisula, un lensois ‘pur souche’ lui aussi exilé. Ce livre s’intitule ‘Pays Noir’, a été écrit par Jean Pierre Barrou aux éditions de la Lys de Vendin-le-Vieil en 1942. Il raconte la vie des mineurs et de leurs familles dans la première moitié du 20ème siècle dans la région lensoise.

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   L’un des personnages se nomme Isidore Pochet. Trente ans, fils et petit fils de mineur, Isidore, surnommé par tous « Zidore » est l’époux de Sophie Floquet, également fille de mineur. D’un surnom issu de ses grands parents, cette dame est appelée par tous dans le coron « Sophie Bouboute ». La voici donc notre Sophie Bouboute de la légende !!!

  Zidore aimait les bistouilles, les pintes et le canons de rouge. Sophie allait souvent le rechercher à l’estaminet pour le ramener en le tirant par l’oreille ! Cela n’empêcha pas Sophie de se retrouver enceinte.

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  Zidore, en annonçant la nouvelle aux copains du café ajouta « Je l’appellerai Taradéruze ». Devant l’étonnement de ses partenaires de boisson, il répondit : « Je n’d’ai eu, mi, des ruzes d’pis que j’sus au monte. I n’d’ara aussi. Autant que je l’prévienne tout d’suite ! » (J’en ai eu, moi, des problèmes depuis que je suis venu au monde. Il en aura aussi. Autant que je le prévienne tout de suite).

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  Sauf que Sophie Bouboute et sa mère Julie, la femme la plus haïe au monde par Zidore, en avaient décidé autrement et que pour elles le gamin ne pourrait porter que le prénom de son grand père maternel : Fernand.

   Quelques pages plus tard, l’enfant est né. Zidore se rend à la mairie en compagnie de son copain de chopine Marius non sans faire de nombreuses escales alcoolisées. A l’employé de mairie qui lui demande le prénom choisi, il répond sans hésiter « Taradéruze ». Le fonctionnaire, affirmant que ce prénom n’étant pas dans la liste des patronymes autorisés, demande à Zidore si son épouse n’en a pas choisi un autre. Zidore rétorque « Si, mais j’m’in rappelle pus ! ».

  C’est alors qu’intervient Marius qui propose d’appeler l’enfant comme lui. Ce fut donc « Marius Pochet » qui figura sur le registre des naissances.

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  Apprenant cela lors du retour de son époux bien éméché, Sophie Bouboute se mit dans une colère monstre. Ce fut finalement la belle-mère qui trouva la solution : puisqu’aucun des deux parents ne voulaient prénommer leur fils Marius, Sophie Bouboute l’appellera toujours Fernand et Zidore «Taradéruze».

   Voici donc la véritable origine du nom de notre géant lensois. Certainement que l’un des membres du Comité du Centre-ville connaissait ce roman pour en 1956 proposer pour lui le nom devenu aujourd’hui célèbre de TARADERUZE.

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Les sapeurs-pompiers de Lens en 1985

   En 1985, le corps des Sapeurs-Pompiers de Lens parcoure la ville pour quelques exercices qui servent également de démonstrations à la population.

   Avant tout, une revue d’effectif dans la cour de la caserne de l’avenue Raoul Briquet.

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   Puis, avant le départ, une dernière inspection du matériel de secours.

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   Avant le départ en cortège dans les rues de Lens.

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   Arrivé sur la place Jean Jaurès, face à l’hôtel de ville, les véhicules sont présentés aux lensois.

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   De nouveaux engins équipent la caserne de Lens

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  Déploiement du matériel sous les yeux de lensois intéressés.

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   La grande échelle impressionne toujours les curieux

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  Une simulation de secours aux personnes blessées

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   Fin du premier exercice. On replie le matériel

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  Avant une nouvelle démonstration sur le boulevard Basly, aux magasin des Nouvelles Galeries.

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   Pour cette fois, un exercice incendie

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  Ces manœuvres seront suivies d’autres exercices au garage Lallain du carrefour Bollaert.

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   D’autres entraînements auront également lieu en cas d’accident sur les voies ferrées de la gare de Lens ….

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  … ou sur la rocade où sera simulé un accident de circulation avec incendie d’un des véhicules

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LENS au 13ème siècle

    Je dédie cet article à Bernard Ghienne, passionné par cette période de l’histoire de Lens et qui, avec la Cercle Archéologique de la Région Lensoise, avait confectionné une maquette de la ville à cette époque.

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   Nota : les chiffres entre parenthèses dans le texte correspondent aux lieux portant le même numéro sur la carte figurant à la fin de l’article.

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Un siècle d’histoire :

   En ce début de 13ème siècle, Lens, qui faisait partie du comté de Flandre depuis 877, appartient au roi de France. C’est en 1191 que Renaud de Dammartin, quatrième époux de Ida (ou Ide), comtesse de Boulogne et de Lens cède la terre de Lens au roi Philippe-Auguste. Lens appartient alors au comté d’Artois comme Arras, Bapaume, Béthune, Lillers, St Omer et Auxi.

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   En 1212, un traité est signé à Pont-à-Vendin entre le roi de France et Ferrand de Portugal, le comte de Flandre par lequel la Flandre cède St Omer et Aire-sur-la-Lys au futur Louis VIII, fils de Philippe-Auguste. Le châtelain Jean 1er de Lens, jusqu’alors vassal du comte d’Artois, se soumet au roi.

   Ferrand de Portugal et Renaud de Dammartin renient ce traité et une guerre éclate en 1213. Ferrand détruit une grande partie de l’Artois et s’attaque au château de Lens défendu par les troupes de Jean 1er mais ne peut s’en emparer. Le conflit prend fin en 1214 par la bataille de Bouvines et la victoire des armées françaises.

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   Quelques mois plutôt, Ferrand avait nommé Bauduin, le fils de Jean 1er qui avait combattu à ses côtés (donc contre son père), châtelain de Lens alors que le roi Philippe-Auguste avait confirmé Jean de Lens dans ses fonctions. Lens eut donc deux châtelains pendant cette courte période.

   En 1215, à la mort de Jean 1er, Bauduin se rapproche de Philippe-Auguste et confirme l’attachement de la châtellenie de Lens au roi. Il s’engage à payer au roi 200 livres si Ferrand lui déclare la guerre.

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   En 1224, Louis VIII, roi de France depuis un an et la mort de Philippe-Auguste, assure son épouse Blanche de Castille l’héritage en douaire des villes de Lens, Hesdin et Bapaume. A sa mort trois ans plus tard, il lègue l’Artois à son fils Robert qui deviendra donc Robert 1er, comte d’Artois.

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  En 1237, Louis IX, dit Saint Louis, confirme la possession de l’Artois à Robert 1er et remplaça le douaire de Blanche de Castille par d’autres biens.

  En 1250, Robert 1er est tué en croisade, son fils Robert II hérite du comté qu’il conservera jusqu’à sa mort en 1302 lors de la bataille de Courtrai alors qu’il se trouve à la tête de l’armée du roi Philippe le Bel.

La châtellenie :

   L’anarchie qui règne en France de puis les invasions normandes au 11ème siècle engendre la perte d’autorité des rois de France et la création de châtellenies, des territoires sur gérés depuis un château sur lesquels règnent les princes locaux. Ils ont sous leur dépendance des châtelains nommés et rémunérés. Lens est le centre d’une châtellenie qui s’étale de Marles à Brebières d’ouest en est et de Neuve Chapelle à Thélus du nord au sud.

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   Les châtelains de Lens sont les vassaux du comte de Flandre, Ferrand de Portugal. Ils appartiennent à la famille de la « Maison de Lens » et logent dans la tour, dernier vestige du château de la Motte construit au 11ème siècle (1), près de la porte de Pesquebœuf.

   A l’aube du 13ème siècle, le châtelain se nomme Eustache de Lens ; puis vinrent Bauduin III en 1206, Jean 1er en 1211, Bauduin IV en 1215, Jean II en 1238, Bauduin V en 1240, et Jean III à partir de 1264 jusqu’à la fin du siècle.

  Gardiens du château comtal, ils gèrent les comptes de la châtellenie, assument par délégation du comte les autorités militaires (Lens abrite une garnison de 27 hommes) et judiciaires, sont chargés de l’arrestation des délinquants, du gardiennage de la prison communale et de l’exécution des sentences. Ils sont aussi protecteurs et bienfaiteurs de la collégiale Notre-Dame de Lens et protègent les biens temporels des moines mineurs.

   Le châtelain a autorité sur 12 vassaux qui sont les seigneurs de Souchies (Souchez), Hullucq (Hulluch), Chygyn (Sainghain), Roeult, Avions (Avion), Wendin (Vendin), Billy en Gohelle (Billy-Montigny), Aix (Aix-Noulette), la Cauchiette (Hameau de Amette près d’Auchel), Vielaine (Violaines) et Ledinghem. Formant la cour du châtelain, ils lui versent un impôt et s’engagent à prendre les armes pour le défendre.

   Le châtelain perçoit le tiers des amendes échevinales, possède un droit d’octroi sur les marchés et exerce la surveillance de la navigation sur la Souchez, la Glissoire et ‘’le fossé’’ (futur canal de Lens).

Le baillage de Lens :

   Dès son couronnement en 1180, Philippe-Auguste veut considérablement renforcer le pouvoir royal. Pour reprendre l’autorité sur les châtellenies, il crée les baillis. Le bailli est nommé par le roi ou son représentant, pas toujours issu de la noblesse, et va prendre peu à peu les attributions jusqu’alors dédiées au châtelain.

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   La féodalité est respectée par le roi, mais elle lui est alors parfaitement soumise et la justice royale fait de grands progrès. Les comtés renoncent en masse à leur indépendance et laissent au roi le contrôle de leur gestion financière.

   En 1224, la châtellenie de Lens disparaît et fait place au bailliage de Lens. Le bailli de Lens s’installe au château du Souverain où il dispose d’appartements et de jardins (2).

   Le territoire du baillage de Lens est plus large que ne l’était la châtellenie. C’est un des plus importants de l’Artois, le bailli de Lens règne sur ‘119 villages, hameaux et sences’.

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   Le châtelain de Lens n’est plus le représentant du comte, il n’a plus rien à voir avec le ressort administratif et ne gère plus que son patrimoine. Il conserve cependant le rôle d’officier militaire contrôlé par le bailli qui a la charge du ravitaillement et de la paye des troupes jusqu’aux environs de 1290 lorsque le roi crée les gardes du château (« garde dou castel de par le roy ») qui reprennent également les attributions militaires et de police du châtelain. Le garde du château de Lens nommé en 1297 par Philippe le Bel est Eustache de Neuville-Matringhem.

  On ne trouve la trace du premier bailli de Lens qu’en 1223. Il se nomme Hellin. L’histoire nous rapporte que son successeur Geoffroy de Nully doit réprimer une révolte de bourgeois pour avoir emprisonné l’un des leurs. Puis il y eut Adam de Milly en 1236, Pierre en 1237. On trouve ensuite les noms de Gautier de Mareuil, Huon de Saint-Omer, Jean Creton, Ernoul Caffet ou Achard de Villiers dont la signature figure sur un document délimitant les marais de Wingles !

   Les baillis sont donc aussi des officiers publics, chargés des fonctions administratives comme établir, modifier ou valider le cadastre. Ils président le tribunal comtal assistés de 14 feudataires mais ne sont pas juges. Leur rôle est de faire arrêter les coupables et de les traduire devant leurs juges. Ils doivent aussi des charger de faire exécuter la sentence, qu’elle soit pécuniaire ou corporelle. Ils sont également chargés de la perception des impôts royaux et des droits comtaux.

   En 1228, le bailli de Lens fait frapper un sceau représentant le château royal.

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  A noter également la présence à la fin du siècle d’une sorte de « police privée » créée par le comte d’Artois et indépendante du bailli. Elle est dirigée par le «capitaine de la ville de Lens» qui se nomme Thibaut de Willerval.

L’échevinage :

   En 1206, Louis VIII, roi de France émet une charte autorisant les maïeurs (maires) et échevins de Lens de nommer leurs successeurs tous les 14 mois. On peut donc penser que c’est à cette époque que Lens a été désignée « commune ».

   L’organisation et la gestion de la ville est alors confiée à un échevinage, sorte de conseil municipal officiellement indépendant des comtes d’Artois et des baillis.

   Les échevins, choisis dans le corps des bourgeois de la ville, désignent le maïeur parmi eux. Ils sont assistés d’un greffier et d’un argentier.

   Les échevins n’ont de pouvoir que sur le territoire de la commune où ils sont juges et administrateurs ; ils reçoivent les actes et contrats (vente de domaine, legs …) qui ne peuvent être considérés valides que s’ils sont signés par l’un des leurs. Ils peuvent négocier avec le roi le montant des impôts dus par la ville au royaume et ont aussi le droit de modifier les lois et coutumes de la commune dans le cadre d’une charte royale.

   Réunis 3 fois par semaine d’abord au château royal puis dans la Maison de ville (3), ils exercent la haute, moyenne et basse justice pour les crimes et délits émis dans le bourg selon des règles d’une charte royale. En 1209, cette charte précisait par exemple que « quiconque arrachera un membre à autrui se verra amputé du même membre ou condamné à une amende de 60 livres » encore que « celui qui blessera quelqu’un avec un poignard ou une matraque pourra se faire couper le poing si cela est la volonté des échevins ».

   Les échevins et le maïeur n’ont aucun pouvoir militaire. Cependant, en 1228, l’échevinage de Lens s’engage à défendre le roi Louis IX et sa mère Blanche de Castille, régente du royaume contre tous leurs ennemis.

La religion :

   A Lens, comme partout à cette époque, l’autorité religieuse a une grande influence sur la vie de la société. On ne sait si la ville a vécu des procès pour hérésie très nombreux à cette époque. Tué lors de la septième croisade en 1250, Robert 1er, comte d’Artois, avait vraisemblablement emmené avec lui quelques hommes de la garnison de Lens.

  En 1268, Louis XI écrit aux échevins d’Artois, donc à ceux de Lens, que ses troupes qui participent à la huitième croisade ont besoin de renforts. Il leur demande d’aider Robert II à constituer une garnison. Lens lui offre d’importants moyens financiers et humains.

  L’édifice chrétien le plus imposant de Lens est la Collégiale Notre-Dame (4) dont l’église fut construite au 11ème siècle. Elle est habitée par 12 chanoines réunis en un ‘chapitre’ et qui suivent les règles de Saint Augustin. Elle abrite 18 chapelains. Son église à tour carrée, dédiée à la vierge Marie, est impressionnante par ses dimensions, elle est surnommé la ‘basilique de Lens’. Elle se trouve à l’emplacement actuel du rond-point Van Pelt.

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  Le chapitre de la Collégiale est chargé d’éduquer les enfants de la commune dans une école située près de l’église ; elle gère les trois paroisses de Lens : Notre-Dame, Saint Léger et Saint Laurent. Il soutient financièrement les ‘femmes pauvres en mal d’enfant’, les ‘pauvres alités‘ ou les lépreux.

   Le doyen du chapitre est le prévôt de Lens. Pendant la semaine qui suit la Pentecôte, il est le maître de la ville et peut tenir des audiences à l’hôtel de ville. Pendant cette semaine, tout brigand peut entrer en ville sans être inquiété à condition qu’il n’ai pas commis de crime de sang.

   Au 12ème siècle, Philippe-Auguste confirme la donation à la collégiale de Lens de 15 sols pour l’achat de vin et de pain de messe et le châtelain Jean 1er ajoute une rente annuelle de 10 livres afin qu’un cierge soit allumé jour et nuit devant la statue de la Vierge.

   La Collégiale possède de nombreuses reliques religieuses dont les cendres de Saint Vulgan. Elles sont exposées aux fidèles une fois par an.

   L’église de la paroisse Saint Léger (5) se situe au même endroit que celle d’aujourd’hui. Elle a été construite au 11ème siècle par les comtes de Boulogne et de Lens.

   L’église de la paroisse Saint Laurent (6) se trouve sur le chemin de La Bassée (au niveau de l’actuelle université Jean Perrin) et est entourée d’un grand cimetière. C’est au 11ème siècle qu’elle fut rattachée au chapitre de la Collégiale.

   En 1219, près de l’hôpital de la Cauchie, est construit un monastère (7) à l’initiative de la comtesse de Flandre Jeanne de Constantinople. Il abrite des ‘frères mineurs’ (ou ‘frères menus’), une confrérie créée par Saint Pacifique selon les règles de Saint François d’Assise. Ces franciscains ne possèdent pas de biens, ils vivent de leur travail souvent agricole ou d’aumônes et prêchent dans les villes en errant de cité en cité. C’est en ces lieux que serait décédé Saint Pacifique vers 1250. Pendant les guerres du 17ème siècle, ce couvent se réfugiera à l’intérieur des remparts et prendra le nom de ‘Couvent des Recollets’.

  Lens possède aussi un béguinage (8) qui abrite une communauté de femmes âgées ou isolées, à la fois religieuses et laïques. Marguerite d’Alsace, comtesse de Flandre, soutient financièrement le béguinage de Lens.

Les hôpitaux :

  L’hôpital de la Cauchie (9), terme utilisé pour désigner une chaussée, qui semble être le plus ancien hôpital de Lens se trouve sur le chemin d’Arras à Lille, à l’emplacement de l’actuel carrefour Bollaert. Il lui est adjoint une chapelle dédiée à Sainte Elisabeth. C’est donc de cette chapelle que provient certainement le nom de la fosse 1 et de la cité créée bien plus tard par la Société des Mines de Lens.

   La maladrerie (10), établie pour les lépreux, les pestiférés et les incurables est construite au tout début du 12ème siècle à l’emplacement de l’actuel parc d’activités des Moulins (cité 4) appelé alors le ‘Val Gheri’. Son éloignement des remparts de la ville est justifié par les risques de contagion. Lui est jointe la chapelle Saint Jacques et un cimetière.

  L’administrateur de la maladrerie est l’échevinage et le chapitre de la Collégiale exerce sa tutelle en matière religieuse. Le mobilier, les vêtements, les soins, les frais d’obsèques sont à la charge de l’échevinage qui lui alloue pour les vivres une somme mensuelle de 16 sous pour les hommes et de 9 sous et 4 deniers pour les femmes.

   Enfin, l’hôpital du Bourg (11), auprès duquel est implanté un cimetière, se situe à l’intérieur des remparts (aux environs de la rue de l’Hospice). Il est construit au début du 13ème siècle et financé par des dons des princes, comtes, châtelains ou autres nobles de la région. En 1698, la maladrerie et l’hôpital de la Cauchie seront fermés et les soins regroupés dans l’hôpital du bourg qui deviendra plus tard l’hospice de Lens.

La vie à Lens :

   Au 13ème siècle, Lens est une ville fortifiée d’à peine 2000 habitants. Les fortifications de Lens ont été élevées au 11ème siècle. Elles comportent 22 tours et deux portes munies de vantaux et de herses : la porte d’Arras ou porte du Bourg (12) et la porte de Douai ou porte Peskebeuf, mot qui peut être traduit par ‘cabane de pierre’(13).

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   Il est interdit de construire sur les remparts. Seul, le moulin à vent de Bekeriel existe au nord du château (14). Un autre moulin, à eau celui-ci, se trouve à l’extérieur de la ville sur la Souchez (15).

   C’est au nord de Lens que s’effectuent les exécutions des jugements, là où se trouve le gibet (16).

  Le château du souverain (2) se trouve à l’emplacement de l’actuelle place de la République. Il possède des murs en grès, six tours à créneaux et un grand donjon. Il est équipé de deux portes avec ponts levis, l’une sur la ville, l’autre sur la campagne, vers le chemin d’Arras.

   Lens possède des cressonnières (kersonière) au nord des remparts (17) dont les bassins étaient alimentés en eau par quatre fontaines (18), des pêcheries (peskeries) dans le fossé à l’est de Lens (19) et des élevages d’anguilles dans des viviers créés entre la Souchez et la Glissoire (20).

   Quatre écluses situées sur ces rivières et sur le fossé à l’est de la ville permettent de réguler le débit de l’eau (21). Un quai de chargement de bateaux existe à la jonction du fossé et des douves.

  Au sud de la ville, un emplacement, ‘les jardinas’’, est réservés aux archers (22). Le nom de l’actuelle rue des Jardins provient de cette époque.

  A l’intérieur des remparts, entre les habitations, on trouve quelques fermes où on élève volailles et bestiaux. Les marchands et artisans lensois se regroupent en associations appelées corporations qui dispose d’un statut organisant la profession et distingue trois catégories de membres : les maîtres, les compagnons et les apprentis. Parmi les artisans lensois, on trouve des cordeliers, des tanneurs, des brasseurs, des menuisiers etc.

   Il existe un ‘markiet as vakes’ (marché aux vaches) situé au nord du château et deux autres : le marché aux victuailles appelé ‘markiet au compenage’ sur la petite place entre l’église Saint Léger et l’hôtel de ville, et le ‘markiet a bos’ (bois) dans les environs de la Collégiale. Lens possède également un marché couvert, la halle échevinale. On y trouve en vente plusieurs jours par semaine draps, toiles, chaussures, grains, viande, poisson ou épicerie. Sur décision royale de Louis XI, aucun marchand ne peut, sous peine d’amende, vendre ou négocier sa marchandise à moins de deux lieues de la ville s’il ne l’a pas exposée auparavant pendant au moins trois jours sous la halle.

  Lens possède plusieurs ‘hostelleries’ : Celle de la Cauchie (près de l’hôpital du même nom) et deux autres à l’intérieur des remparts.

   Entre les remparts et l’église Saint Laurent s’est formé un petit hameau appelé ‘la Vizerie’ comprenant quelques habitations et quelques fermes.

  En 1226, est fondé une association ‘La confrérie des jeunes hommes à marier de Lens’ dirigée par un prévôt. Les jeunes lensois peuvent s’y inscrire moyennant une cotisation annuelle et s’engagent à verser une taxe dans la quinzaine suivant leur mariage.

   Déjà au 13ème siècle, l’impôt des lensois est payable en 3 fois : à la Saint Rémy (1er octobre), à Noël et à Pâques. Ils sont taxés sur leur habitation, sur ce qu’ils consomment et sur ce qu’ils vendent. A l’époque de la châtellenie, les alliés du comte d’Artois sont moins imposés que les partisans du roi. Les étals des marchés sont aussi imposés : une maille (un demi-denier, la maille était la plus petite valeur représentée matériellement) par emplacement.

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   L’histoire de Lens est loin d’être terminée ! En 1303, Lens fut de nouveau théâtre de sanglantes batailles ; l’armée flamande s’empare de la ville, la pille et l’incendie. Mais là, nous sommes déjà au 14ème siècle, ce sera donc pour un autre chapitre ……….

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Une saison en images

   Le RC Lens devient en 1934 le club de la Société des Mines de Lens qui le lance dans l’aventure du football professionnel. En cette saison 1935-1936, Le Racing dispute pour la seconde année le championnat de France de deuxième division dans le tout nouveau stade des Mines qui ne s’appelle pas encore stade Bollaert.

equipe

   Le RCL termine cette saison à la quatrième place.

classement

   Le meilleur buteur de l’équipe a pour nom Viktor Specht avec 26 réalisations. Dans l’effectif, on trouve d’autres noms qui resteront dans l’histoire du club tels Marek, Dembicki, Nowicki, Albert Hus ou encore un certain Ladislas Schmidt plus connu sous le nom de Siklo.

contrat Siklo

   L’année suivante, le club accèdera pour la première fois de son histoire au championnat de France de première division.

   Le président du club est alors Louis Brossard, un ingénieur de la compagnie minière et Raymond François, au club depuis 1926, devient cette saison là entraîneur-joueur.

brossard

   Lors de cet exercice 1935-1936, un dessinateur humoristique illustre chaque rencontre en y ajoutant quelques légendes.

   Cette personne signe ses dessins ‘Dan Ros 35’. Je n’ai pas pu identifier cet inconnu ni quelle était l’utilisation de ces croquis.

   Il y a quelques années, un ami m’a offert des copies de ces dessins. Il est temps aujourd’hui de vous les faire découvrir.

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Bernard Ghienne n’est plus

   La date du vendredi 30 septembre 2016 restera dans toutes les mémoires des amoureux de l’histoire de Lens et de la Gohelle. Ce jour là, celui qui est le plus passionné de tous, Bernard Ghienne, victime d’un accident cérébrale, nous quitte pour toujours à l’âge de 69 ans.

   L’un des créateurs de l’association Gauheria et de sa revue trimestrielle, Bernard Ghienne était féru d’archéologie. En 1984, il était également à l’origine de la création du CARL (Cercle archéologique de la région de Lens).

Bernard_ghienne_1984 2

En 1984, le fondateur de Gauheria offre à la municipalité une maquette de Lens au 13ème siècle

   Bernard a aussi laissé d’excellents souvenirs à ses anciens élèves du lycée Saint Paul de Lens et à ses amis adhérents de la CFDT dont il était l’un de représentants. Il a aussi été fait citoyen d’honneur de la ville de Lens.

   J’ai eu l’occasion de rencontrer plusieurs fois Bernard Ghienne. Dès notre première rencontre, nous sommes devenus amis, l’amour de l’histoire locale nous réunissait. Lui pour Gauheria, moi pour le blog, nous échangions régulièrement des informations, des documents ou le résultat de nos recherches sur le passé de Lens et de sa région.

  Concluons par le titre de la Voix du Nord du samedi 1er octobre : « Bernard Ghienne s’est éteint, laissant les passionnés d’histoire locale orphelins ».

ghiennebernard

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