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Bernard Ghienne n’est plus

   La date du vendredi 30 septembre 2016 restera dans toutes les mémoires des amoureux de l’histoire de Lens et de la Gohelle. Ce jour là, celui qui est le plus passionné de tous, Bernard Ghienne, victime d’un accident cérébrale, nous quitte pour toujours à l’âge de 69 ans.

   L’un des créateurs de l’association Gauheria et de sa revue trimestrielle, Bernard Ghienne était féru d’archéologie. En 1984, il était également à l’origine de la création du CARL (Cercle archéologique de la région de Lens).

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En 1984, le fondateur de Gauheria offre à la municipalité une maquette de Lens au 13ème siècle

   Bernard a aussi laissé d’excellents souvenirs à ses anciens élèves du lycée Saint Paul de Lens et à ses amis adhérents de la CFDT dont il était l’un de représentants. Il a aussi été fait citoyen d’honneur de la ville de Lens.

   J’ai eu l’occasion de rencontrer plusieurs fois Bernard Ghienne. Dès notre première rencontre, nous sommes devenus amis, l’amour de l’histoire locale nous réunissait. Lui pour Gauheria, moi pour le blog, nous échangions régulièrement des informations, des documents ou le résultat de nos recherches sur le passé de Lens et de sa région.

  Concluons par le titre de la Voix du Nord du samedi 1er octobre : « Bernard Ghienne s’est éteint, laissant les passionnés d’histoire locale orphelins ».

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Hommage au Docteur Ernest Schaffner

   Le vendredi 23 septembre 1966, il y juste 50 ans décédait le Docteur Ernest Schaffner, député-maire de Lens mais surtout LE médecin des mineurs.

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   La vie du Docteur Schaffner est relatée sur une autre page du bloc que vous pouvez retrouver en suivent ce lien.

   Dimanche dernier, dans la cour du Centre Hospitalier de Lens avait lieu une cérémonie en hommage à cet homme qui marqua à jamais l’histoire de Lens et de la corporation minière.

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Les enfants du Docteur Schaffner et leurs conjoints.

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Le retour de Rosalie Tata et de Taraderuze

   La journée du samedi 10 septembre restera en mémoire dans les têtes des lensois. Ce jour là, ils étaient nombreux à assister à la résurrection et au baptême des géants lensois Taraderuze et Rosalie Tata.

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   Nés une première fois en 1956, disparus des fêtes de Lens à la fin des années 60 puis détruits dans l’incendie du garage communal dans lequel ils étaient remisés, nos deux géants, accompagnés d’un troisième, Ch’Guss Trefil ont longtemps manqués aux animations de la ville.

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  Il y a quelque temps, une association se créer avec pour but de recréer ces personnages et de relancer la tradition des fêtes de Lens dans le style des années 50/60. Claude Gillot et son fidèle lieutenant Arnaud Desmaretz se lancent dans l’aventure. Tout ne fut pas facile mais avec abnégation, ils trouvent les moyens financiers nécessaires à la réalisation de leur projet.

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  Aidés par quelques amis, ils font reconstruire Taraderuze et Rosalie Tata par Dorian Demarcq, l’artisan créateur de géants. Les finances ne permettent pas la reconstruction de Ch’Guss Tréfil dans un premier temps mais ce n’est que partie remise.

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   Bien sur, le retour des géants de Lens ne peut s’accompagner que d’une grande fête qui était prévue dimanche 11 septembre. Plus de 100 géants venus de toute la région, une trentaine d’harmonies, de nombreux groupes et associations devaient y participer. Malheureusement l’actualité tragique du moment et les exigences parfois surprenantes mais surtout très onéreuses de la sous-préfecture de Lens ont obligé l’association à reporter la fête.

  Cependant, Taraderuze et Rosalie de nouveau vivants, il fallait les baptiser. C’est ce qui est fait le samedi 10 septembre 2016 à l’occasion de la journée des associations.

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  M. Sylvain Robert, maire de Lens, a dirigé la cérémonie. C’est Bernard Schaffner, l’un des fils de l’ancien député-maire de Lens, qui a accepté d’être le parrain de Taraderuze ; madame Lysiane Gillot sa marraine.

   Pour Rosalie Tata, son parrain était Alain Oudre qui a fait le déplacement de Toulouse pour participer à la fête. Il est l’arrière-arrière petit-fils de Rosalie Abrassart, la dame qui servit de modèle à la géante lensoise. La marraine de Rosalie était Jessy Desmaretz, une passionnée des Géants du Nord.

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  Après la ‘cérémonie officielle’ mais non moins décontractée, Monsieur Robert a remis aux parrains et marraines le certificat de baptême de nos géants.

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   Et comme d’habitude à Lens, tous finit toujours en musique ! Le talentueux troubadour s’appelle Benoît Bourgeois, il interprète une de ses compositions réalisée spécialement « Elle est belle, Rosalie » et est accompagné d’un groupe d’enfants habillés en galibot pour les garçons et en cafut pour les filles.

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  Taraderuze et Rosalie Tata en profite pour effectuer leurs tous premiers pas de danse depuis leur retour.

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  La fête se termine par un show du groupe des Alizés de Lens, de jeunes demoiselles aux couleurs Sang et Or habituées à accompagner Ch’Meneu dans ses déplacements.

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  On ne sait où Rosalie Tata et ses deux hommes Ch’Meneu et Taraderuze ont passé la nuit, mais dès le lendemain matin, ils étaient frais et dispos pour se présenter aux lensois sur la place Jean Jaurès.

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   Avant de reprendre la place qui était la leur dans les années 60 : devant les portes de l’Hôtel de Ville.

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  Pas de carnaval des géants donc pour cette fois ci mais comme un vrai lensois ne renonce jamais, celle-ci aura lieu plus tard …. Et n’en sera que plus belle !

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Sur les traces de Raphaël Lardeur

   Le 23 mars dernier, le lensois normand reçoit un message de Madame Suzanne Grano commençant ainsi : « Je vous écris de Brisbane en Australie. Notre aïeul parisien Raphaël Lardeur (1890-1967) a réalisé le vitrage escalier Art Déco de l’actuel Centre Jouhaux en 1930 ou 1945 ».

   Raphaël Lardeur est né le 19 décembre 1890 à Neuville-sur-Escaut et décédé à Paris le 17 avril 1967. Brancardier en Serbie lors de la première guerre mondiale, il s’installe à Paris en 1921 et fonde son atelier de peintre-verrier. Créateur de vitraux, de mosaïques, de mobilier liturgique, on trouve ses œuvres aujourd’hui sur plus de 200 sites en France et particulièrement en Picardie.

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   La question de ma correspondante consistait surtout à savoir pourquoi Raphaël Lardeur aurait créé deux œuvres, l’une en 1930, l’autre en 1945 pour le même bâtiment.

   En 1930, Alfred Maës, maire de Lens mais aussi président de la Caisse de Secours des ouvriers et employés des mines de Lens décide de regrouper en un seul établissement tous les composants pour offrir aux mineurs et à leur famille une médecine gratuite de qualité.

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   Le site comprenant plusieurs bâtiments  construits entre la rue Eugène Bar et le Boulevard Basly, est inauguré le 16 février 1931.

  En montant le grand escalier face à l’entrée située rue Eugène Bar, on aperçoit un magnifique vitrail incurvé donnant sur la cour représentant un mineur et sa famille.

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   Le 11 août 1944, Lens est bombardé, beaucoup de bâtiments et d’habitations sont détruits. Le vitrail de Raphaël Lardeur vole en éclats.

   En 1945, le gouvernement nationalise les mines de charbon. On peut penser que ce sont les toutes nouvelles HBNPC (Houillères du Bassin du Nord et du Pas de Calais) qui ont demandé à Raphaël Lardeur de composer un nouveau vitrail.Réalisé sur le même thème que le premier, il est mis en place en 1946.

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  Voilà donc pour la réponse que l’on peut raisonnablement apporter à la question de notre correspondante devenue depuis une amie.

  Le 23 octobre 1970, la ville de Lens fait l’acquisition des ces locaux auprès de Charbonnage de France, nomme l’ensemble ‘le Centre Léon Jouhaux’, y transfère certains services municipaux et y logent des associations.

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  En 2010, la ville de Lens cède les locaux à Pas-de-Calais Habitat. Lors de la rénovation du site, les vitraux sont enlevés et remplacés par une protection provisoire.

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   Ils sont emmenés afin d’être restaurés par « Vitraux d’Art Atelier Claude Barre » de Cottenchy (80) dirigé depuis 2013 par Monsieur Stéphane BRISSY, maître-verrier, qui y travaille avec trois collaborateurs dont son épouse.

  Et c’est là que, le 12 septembre, nous avons retrouvé Madame Suzanne Grano et sa sœur Julie. Ces dames effectuent chaque année depuis 2012 un voyage de plusieurs semaines en France sur les traces de leur ‘cousin français’ comme elles l’appellent, afin de compléter un travail de mémoire sur ses œuvres et celles de son fils Gérard, également artiste maître-verrier et sculpteur.

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  Monsieur et Madame Brissy nous ont obligeamment fait visiter leur atelier et nous ont expliqué les techniques de la fabrication et de la restauration des vitraux. Nous avons vu Kevin occupé occupé au masticage d’une partie du vitrail de Lens pour lequel, du fait de sa forme incurvée, il a fallu créer un support spécial.

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   Puis, c’est Cécile que nous avons rencontré. Passionnée par le métier qu’elle effectue depuis plus de 30 ans, elle était occupée à la restauration d’un vitrail ancien, dessertissant les pièces de verre de l’ancien plomb abîmé pour les réinsérer dans un profilé de plomb neuf.

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  Nous avons ainsi pu admirer des fragments de l’œuvre de Raphaël Lardeur restaurés et découvrir la partie comprenant la signature de l’artiste.

KODAK Digital Still CameraKODAK Digital Still Camera   Dans quelques temps, à la fin de la rénovation, le vitrail sera reposé à son emplacement d’origine, dans la cour du centre Jouhaux. Ce sera ainsi une partie du patrimoine lensois qui retrouvera sa place.

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Le waide de Lens

   Lens, capitale du charbon ? Oui mais ce ne fut pas la première richesse de la commune.

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  Au début du 14ème siècle, Lens est sous l’influence d’une Châtellenie (un territoire tenu, exploité et protégé autour d’un château à motte gouverné par l’aristocratie locale refusant l’autorité du roi de France). Elle appartint alors à la maison de Lens jusqu’en 1312 quand elle passa par mariage à celle des Récourt.

   En 1392, en pleine guerre de 100 ans, des moulins sont construits à Lens, des moulins à ‘waide’.

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   ‘Waide’ est un mot du vieux patois picard tiré du nom allemand ‘Waid’ qui signifie pastel. Le waide (appelé aussi guède ou pastel des teinturiers) désigne à la fois une plante herbacée bisannuelle originaire d’Asie qui poussait en abondance dans la plaine d’Artois et en Picardie et le colorant que l’on en tirait. Dans la plaine de la Gohelle autour de Lens, on trouvait le waide dans les nombreux marais entourant la ville. Obtenu après broyage et fermentation des feuilles, le waide fut pendant des siècles la seule teinture naturelle bleue à pouvoir être produite. Les trois couleurs de base étaient alors le rouge, le blanc et le noir. Le bleu était utilisé mais il ne devint une couleur à la mode qu’à partir du 12ème siècle.

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  Si la Picardie (principalement l’Amiénois et le Santerre) était un espace important de production de waide, les fabricants de Lens avaient une grande réputation et le commerce du waide fut pendant plusieurs siècles une source de revenu intéressante. Les artisans lensois allaient même jusqu’à fournir des riches flamands comme ceux de Bruges. Les ventes s’effectuaient sur le ‘franc marché’ sous une halle d’où étaient expédiées les marchandises vers les villes voisines par le canal de la Souchez (creusé au 13ème siècle) ou en charrette. Outre le waide, on y vendait draps, toiles, cuirs, mercerie, grains, viande et épicerie.

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  Le commerce du waide était règlementé : un teinturier ne pouvait en vendre plus de quatre barils par semaine. Vers 1550, les règles sont : ‘’chacune balle pesant 200 livres ou environ, estimé le 100 pesant, 7 livres 10 sous’’.

  Au 16ème siècle, Lens était désignée ville étape. Ce privilège imposait à tous les marchands et négociants étrangers à y séjourner avec en compensation la possibilité de vendre leurs marchandises sur le marché une heure avant l’ouverture officielle. C’est ainsi que l’indigo fut importé en provenance des colonies d’Amérique puis d’Inde où sa culture à grande échelle le rendait très compétitif. Il supplanta le waide et sonna le glas des teinturiers lensois. Vers 1612, les autorités lensoises demandèrent en vain l’interdiction de l’indigo. Celui-ci prit de l’extension et les moulins  à waide de Lens furent petit à petit abandonnés.

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La construction de l’église du Millenium

  Article réalisé avec l’aide de Jean Claude Kasprowicz d’après le livre ‘Eglise du Millenium’ du père Jan Domanski.

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   Lors de la première guerre mondiale, l’église St Léger est totalement détruite. Sitôt la libération, Félix Bollaert, alors administrateur de la Société des Mines de Lens fait construire derrière les ruines de l’église un baraquement de bois qui devient le premier lieu de culte d’après guerre.

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   Dès 1919, c’est sur un terrain appartenant à la Société des Mines de Lens, face à la fosse 1 sur la route de Béthune, qu’est construite une chapelle. Elle est destinée à accueillir les offices de la paroisse Saint Léger. Cette chapelle porte alors le nom de ‘Chapelle St Edouard’ (du nom d’Edouard Bollaert, le père de Félix).

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  La chapelle Saint Edouard est inaugurée en 1921 par le Chanoine Henneguet, archiprêtre de Lens accompagné de Félix Bollaert et d’Elie Reumaux, le directeur des Mines de Lens.

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   Dès 1920, de nombreux mineurs arrivent de Pologne avec leur famille pour travailler dans les mines. Après la reconstruction de l’église Saint Leger inaugurée le 24 mai 1926, la chapelle devient le lieu de culte de la paroisse Sainte Elisabeth et est principalement dédiée à la communauté polonaise.

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   Abimée lors de la seconde guerre mondiale, la chapelle est remise en état par la communauté polonaise lensoise.

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   Dès le début des années 50, le père Przybysz estime que la chapelle devient de plus en plus vétuste et même dangereuse pour les paroissiens.

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  Le père Przybysz fait construite une salle afin d’y organiser des activités culturelles et le catéchisme. La salle, bâtie en 1952 selon les plans de l’architecte lensois M. Révillon, pourrait aussi servir de lieu de culte en attendant une éventuelle nouvelle église.

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   C’est au cours d’une session du Comité National du Millénaire de la naissance du catholicisme en Pologne qu’est décidée la construction d’une église à Lens. Un accord intervient avec les HBNPC qui acceptent de vendre le site à la condition « de chauffer exclusivement au charbon ou au coke tous les bâtiments qui seraient érigés sur ce terrain ».

   En 1963, un comité de soutien pour la construction de l’église est créé et présidé par Michal Kwiatkowski père, le fondateur du journal Narodowiec, le journal de la communauté polonaise imprimé à Lens, rue Emile Zola depuis 1920. A sa mort le 21 mai 1966, c’est son fils qui prend la présidence de ce comité. Une collecte organisée parmi la communauté polonaise de Lens rapporte 3 millions de francs.

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   La mission catholique polonaise intervient auprès de l’évêque d’Arras afin d’obtenir l’autorisation de construire cette église mais rencontre certaines réticences à l’évêché. Pour certains, il est préférable de construire des églises françaises et non réservées à des communautés minoritaires ! Le projet de création d’une ZUP à Lens, (la future Grande Résidence) permet d’envisager l’implantation d’une église dans ce secteur ! C’est finalement l’évêque d’Arras Mr Huygues qui autorise la communauté polonaise à construire ‘son’ église. Il délègue son architecte Jacques Durand.

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   En juin 1965, la vétuste chapelle est rasée et les travaux commencent.

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   L’église est terminée en 1966, année du millénaire du baptême de Mieszko 1er, premier duc historique de Pologne qu’il a placé sous la protection de l’Église catholique afin d’écarter la suzeraineté allemande.

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   De plan rectangulaire, l’église qui peut accueillir 400 personnes, s’ouvre sur un vaste parvis qui l’isole de la route de Béthune. Sa structure est constituée de deux volumes triangulaires aux pointes opposées, superposés. L’un est élevé en brique pleine, l’autre en brique pleine et en verre. La charpente et l’ossature du bâtiment sont en métal. La couverture est en tôle d’acier galvanisé. Le revêtement intérieur des murs et de la couverture est en lame de bois.

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   C’est l’architecte artiste-verrier Andrej Kulesza qui conçu les vitraux « tout en triangles, tout en lumière » qui représentent d’un côté un chemin de croix et de l’autre l’histoire de la Pologne catholique.

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   La statue en marbre blanc du Christ située sur le mur derrière l’autel a été réalisée par  Waldemar Wesolowski et Wictor Pawlikowski à Neuville-Saint-Vaast dans la propriété du boulanger lensois Stefan Fogler.

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   Dans les fondations de l’église du Millenium a été déposée le 24 avril 1966 une pierre provenant des catacombes de Rome et bénie par le pape Paul VI.

   Selon Michal Kwiatkowski fils, « l’église du Millenium évoque une double relation : d’un côté, celle de la Polonia (l’ensemble des émigrés polonais) vivant en France avec sa patrie d’origine et, d’un autre, celle de la Pologne avec le monde chrétien ». Elle a également une valeur politique. La Pologne des années 60 est sous l’influence de l’URSS. L’église apparait comme un symbole de résistance au régime communiste. Dans un des vitraux, se trouve l’aigle royal portant une couronne alors que le gouvernement polonais a peu de temps auparavant retiré celle de son emblème.

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  L’église du Millenium, que beaucoup de lensois appellent encore « l’église polonaise », est consacrée par la cardinal Rubin le 16 avril 1967 et dédiée à Notre-Dame de Czestochowa, la Vierge Noire de Jasna Gora, en Silésie.

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  Suite au dossier présenté par Henri Dudzinski, consul de Pologne et Paul Pawlak, président de Millenium 2000, le ministère de la culture inscrit  le 27 janvier 2014 l’église du Millenium de Lens à la liste des Monuments Historiques.

 

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Qui fut Marcelle Devred ?

   Marcelle Devred serait une jeune lensoise qui aurait été envoyée en déportation en 1914 où elle aurait subit la cruauté de ses geôliers allemands et été amputée d’une jambe à l’âge de 14 ans.

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   Après la guerre, elle devient chanteuse et entame une tournée dans toute la France. Elle interprète des airs de cette partition : ‘’Tour de France d’une petite martyre de guerre’’ parue aux éditions Dommel dans lesquels elle raconte en musique ses quatre années de captivité.

   Mais  il y a toujours eu des doutes sur la véracité de ses propos. Nulle part ailleurs, dans les écrits, dans les souvenirs de l’époque on ne trouve trace de ce drame. Aucune femme ou jeune fille de Lens n’a été déportée dès 1914. Selon les nombreux écrits de l’époque, seulement 300 civils du nord de la France choisis parmi les notables (hommes et femmes) n’ont été déportés en Allemagne qu’en novembre 1916. Après un accord signé entre les gouvernements français et allemand, ces otages sont rapatriés en 1917 en zone occupée.

   De plus, selon la page de couverture de cette partition, notre Marcelle serait née le 2 septembre 1902 à Lens. Or, dans les actes d’état civils de Lens du début du siècle, on ne trouve nulle part le nom de Devred (J’ai consulté les archives du Pas de Calais de 1898 à 1904).

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   Donc l’histoire d’une jeune femme incarcérée de 1914 à 1918 en Allemagne, martyrisée, volontairement amputée semble très peu vraisemblable.

   Cette partition est introuvable aujourd’hui. Je n’en ai trouvé que la couverture sur un site de ventes  en ligne.

   Étonnant pour un tel témoignage, non ?

   Alors récit véridique ou affabulation ? Le doute subsistera toujours.

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1956, les fêtes de la renaissance de Lens

   1956 à Lens : 11 ans après la Libération, les derniers stigmates de la guerre sont effacés. Le maire de Lens, le Docteur Ernest Schaffner décide d’organiser les « fêtes de la Renaissance ». Elles seront jumelées avec le cinquantenaire du Racing Club de Lens et verront les baptêmes des deux géants lensois Taraderuse et Rosalie Tata.

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   Le samedi 3 juin 1956 à midi précise, les commerçants du centre-ville de Lens se retrouvent dans la salle Tabarin de la place Jean Jaurès afin de procéder au baptême de leur géante Rosalie Tata qui est en fait la représentation de Rosalie ABRASSART (1855-1932) qui,  pendant la première guerre, venait chaque jour de Bully-les-Mines pour vendre  ses biscuits sur Lens afin de subvenir aux besoins de sa famille. (Information reçue de M. Alain Oudre, arrière petit-fils de madame Abrassart).

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   Dans la soirée du samedi, les Sapeurs-Pompiers de la ville de Lens, accompagnés de ceux du Groupe Lens-Liévin des mines ouvrent la route à une grande retraite aux flambeaux suivie d’un grand feu d’artifice sur la place du Cantin.

   Le dimanche matin, une course cycliste est organisée. Appelée le « Rallye des Cités », elle parcoure toutes les cités minières avant l’arrivée finale sur la place Jean Jaurès vers 11h00. Juste à temps pour que les coureurs puissent assister au baptême de Taraderuse.

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   Devant la mairie, l’animateur de radio Alex Ponchant anime la première partie du spectacle puis monsieur Ernest Schaffner reçoit officiellement Taraderuse en l’hôtel de ville. Après la cérémonie officielle du baptême, Maurice Carton, président du Supporter Club Lensois remet au géant l’insigne de l’association.

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   A 15h00, alors qu’au stade Bollaert débute un match de barrage de championnat entre les équipes de Lille et de Valenciennes, le grand défilé se met en marche dans les cités minières du 12, du 14 et du 4 avant de se regrouper rue Emile Zola.

   Les trottoirs du centre-ville sont noirs de monde lorsqu’à 16h30 démarre le cortège du carrefour Bollaert précédé d’une caravane publicitaire. Il empruntera les Boulevard Basly et toutes les grandes artères de la ville, passant par les places de la Gare et du Cantin avant de se regrouper sur la place de la République où il se disloquera le cortège vers 19h30.

   En tête du défilé prônent nos deux nouveaux lensois, Taraderuse et Rosalie Tata, accompagnés de leur ami valenciennois Binbin.

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   Dans le cortège défile aussi un autre géant de Lens. Il a été élaboré par les ouvriers des Cableries-Tréfileries Lensoises de la rue de Londres appelés plus communément les Laminoirs. Ce géant appelé d’abord Vulcain recevra rapidement le surnom de « Ch’Guss Tréfil ».

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   Ils sont suivis de nombreux chars tels les Volendammers, un groupe hollandais, les Diables de Renaix, les trappeurs de l’Alaska, la fanfare amoureuse d’Annay, l’union des colombophiles lensois, les accordéonistes des Cols Bleus d’Avion, les Gilles et Gais Lurons Quaregnonais en Belgique, l’Amicale Corporative  ou encore les Amis de la fosse 8.

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   Dans ce défilé, on fête aussi le cinquantenaire du RC Lens avec les chars du ‘Supporter Club Lensois’. Le bureau de l’association et les sections  de quartier ont chacun construit le leur.

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   Le dimanche soir, les jambes commencent à être un peu lourdes mais cela n’empêche pas les lensois d’assister au spectacle de nuit entièrement gratuit offert par le Comité d’Organisation des Fêtes de Lens. Présenté par Alex Ponchant et Jacques Mars de l’Opéra de Paris, on assiste à des numéros de de fantaisistes, d’équilibristes, à des ballets et à la surprenante ‘bombe humaine’ , l’homme obus lancé d’un canon !

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   Le spectacle se termine par un tour de chant de John William et sa célèbre chanson ‘Si toi aussi tu m’abandonnes’.

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   Dans son édition de la semaine suivante, ‘Notre Mine’, le journal des HBNPC félicite  » toutes les sociétés qui ont véritablement fait assaut d’imagination, d’humour et de fantaisie pour lui donner de bout en bout la cocasserie, la truculence allant de paire avec les bons géants Taraderuse, Rosalie Tata et Binbin ». Et d’ajouter : « Il est salutaire de vivre et de se détendre sans contrainte comme le font les enfants : la carnaval et ses traditions en sont un des moyens les plus efficaces ».

   En marge, le Racing Club de Lens a organisé une tombola avec deux voitures comme lots principaux. C’est au stade Bollaert que monsieur Léon Mercier, habitant rue Gambetta reçu les clés de la 403 Peugeot tandis que monsieur Paul Courtecuisse, un retraité de la cité Chouard recevait celles de la 2CV Citroën.

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Et n’oubliez pas d’inscrire dans vos agendas :

Le Carnaval des géants Lensois 2016

Le retour de Taraderuse et Rosalie Tata

Dimanche 11 septembre 2016,
A 11h00, place Jean Jaurès

Baptêmes des géants lensois, Taraderuse et Rosalie Tata

  à partir de 14h00
La parade des géants dans les rues de Lens

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A Lens, il y a 100 ans

   Il y a cent ans exactement, les lensois n’avaient certainement pas très envie de fêter la nouvelle année. Les bombardements incessants, les brimades des troupes allemandes, les difficultés de ravitaillement, les morts par dizaines ajoutés au temps glacial de ces premiers jours de janvier les obligeaient à vivre dans la peur, la faim et le froid.

   Alors, pour ne pas oublier ce qu’on vécu les lensois du début du 20ème siècle, voici une série de photographies de Lens aux alentours du 1er janvier 1916, il y a 100 ans …..

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Des troupes entières de prisonniers français sont emmenés vers l’arrière

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Le canal de Lens et les débris de péniches

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Les tranchées devant la fosse 11

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Les allemands installent une ‘grosse Bertha’ dans une usine

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Les habitations subissent les bombardements

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La rue de Lille

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La gare est inutilisable

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Des soldats allemands font constater les dégâts occasionnés par les bombardements français

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Les fanfares allemandes pavoisent dans les rues de Lens

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L’église Saint Léger

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Des soldats allemands dans les ruines d’une fosse

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L’église Saint Pierre de la cité 11

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Les carreaux de fosses sont abandonnés

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Ils seront finalement entièrement détruits

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La mairie en construction au début du conflit

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La rue Victor Hugo

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Des prisonniers français travaillent au déblaiement sous les ordres allemands

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1918-1928 : la reconstruction des mines de Lens

   L’occupation par les allemands du nord de la France a privé le pays de la moitié de sa production charbonnière. Les compagnies des régions occupées depuis le début du mois d’octobre 1918 voient aussitôt l’exploitation arrêtée.

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   Dès les premiers jours d’occupation, l’ennemi entreprend de détruire les moyens d’extraction sous des prétextes d’ordre militaire. L’armée s’empare des matériaux et des machines et incendie les installations au sol. Dès le début de 1915, les troupes françaises et anglaises tentent de déloger les allemands de Lens, leurs obus abiment sérieusement les puits.

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   En septembre 1915, les troupes alliées reprennent Loos et libère la fosse 15 des mines de Lens. Devant la menace de devoir se retirer plus, les allemands décident d’anéantir totalement les moyens de production. En octobre et novembre 1915, ils dynamitent tous les cuvelages des fosses de Lens et de Liévin. Les explosions se situant au niveau dans la partie calcaire au dessus des veines de houille, ont pour conséquence d’inonder totalement les galeries.

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   C’est vers la fin de l’occupation que les destructions sont les plus importantes.  Après avoir jeté dans le puits tout ce qu’ils ne pouvaient emporter, les soldats allemands déposent méthodiquement dans toutes les fosses des charges d’explosifs détruisant ainsi toutes les machines, les chaudières, les chevalets.

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   Dès l’été 1917, les compagnies du Nord et du Pas-de-Calais se regroupent pour étudier les mesures à prendre pour la reconstruction. La direction de ce groupement est confiée à Ernest Cuvelette, le directeur des mines de Lens. Avant même la fin du conflit, des pompes de dénoyage et des treuils électriques ont été commandés par Elie Reumaux, en exil en Belgique.

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   A la libération, on constate que tous les puits des mines de Lens et de Liévin sont totalement inondés et les installations de surface irrécupérables. Vient alors le temps de la reconstruction. Elle s’effectue avec une rapidité surprenante, au vu de l’ampleur des destructions.

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   Les compagnies de Lens et de Liévin entreprennent la construction de centrales de production électrique. Dans un premier temps, les deux compagnies se fournissent en électricité auprès de la centrale de Béthune où des groupes supplémentaires ont été mis en place et par la construction d’une centrale à Dourges avant de pouvoir réutiliser la centrale de Vendin-le-Viel.

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   L’année 1919 est consacrée au déblaiement des ruines, à la reconstruction du réseau ferroviaire, au dégagement des routes et à l’aménagement d’abris et de logements provisoires pour les ouvriers employés à la reconstruction.

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   Débute ensuite le dénoyage. Les compagnies ont créé la Société Civile de Dénoyage des Houillères du Pas-de-Calais. On estime à 100 millions de mètres cube le volume d’eau à enlever : des rivières sont élargies, des aqueducs provisoires sont montés.

R009

   Les cuvelages percés ne permettent pas de se contenter d’aspirer l’eau des galeries, elles se rempliraient aussitôt. Il est donc entrepris de forer autour du cuvelage des sondages verticaux et d’y faire couler du ciment très liquide. En durcissant, ce ciment entourera ainsi le cuvelage d’une gaine protectrice. Dans certains puits, ce ne sont pas moins de 1000 tonnes de ciment qui sont coulées.

R010

   Dans les galeries, des fissures permettent à l’eau de se déverser d’un puits à l’autre ne dépendant pas toujours de la même compagnie. Alors, les compagnies de Lens et de Liévin entreprennent de commencer le dénoyage simultanément. Pour cela 19 pompes sont utilisées, montées sur des chevalets en bois. Ces opérations débutent en novembre 1920.

R013

    Ces chevalets de bois permettront dès la fin du dénoyage de reprendre l’extraction avant la construction des chevalets définitifs.

R012

   Au printemps 1921, les travaux de dénoyage sont terminés et l’exploitation peut reprendre dans les galeries supérieures des puits.

R011

   Dès la libération, la société des mines de Lens entreprend la reconstruction des maisons dans les cités. Pour cela, elle ouvre sa propre briqueterie. Fin 1920, 1200 maisons sont sorties de terre et en 1925, 12 000 logements, les écoles, les églises, les dispensaires sont reconstruits.

R014

   Ernest Cuvelette a profité de ces circonstances pour moderniser l’appareil productif. Les  puits sont maintenant équipés d’un grand chevalement métallique particulier aux mines du Pas-de-Calais ou d’un autre type plus modeste construit dans un matériau d’avenir, le béton armé. La grande cheminée qui caractérisait les fosses du 19ème  siècle a disparu puisque  la machine d’extraction  ne fonctionne plus à la vapeur mais à l’électricité.

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   En 1925, bien que les dirigeants des compagnies prétendent que la loi adoptée le 23 avril 1919 concernant la journée de 8 heures et de la semaine de 48 heures ait considérablement fait baisser la production individuelle, le bassin minier a retrouvé son niveau de 1913. En 1928, la société des mines de Lens est la troisième capitalisation française derrière la Banque de France et Saint-Gobain. L’action qui valait 420 francs en 1913 et qui était tombée à 110 francs en 1915 en vaut 532 cette année là.

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